Assises québécoises de l'économie circulaire : la transition écologique passe par la mobilisation

Présenté et organisé par RECYC-QUÉBEC, cet évènement convie chercheurs, entrepreneurs et visionnaires d’ici et d’ailleurs à un programme de conférences virtuelles. L’objectif : mettre en lumière les avancées, réalisations et innovations en économie circulaire, tout en identifiant les occasions à saisir pour propulser ce volet essentiel de la transition écologique.

Au Québec et à l’échelle planétaire, il est plus que temps de passer d’une économie linéaire – extraire, fabriquer, consommer, jeter – à une économie circulaire qui répond à l’urgence environnementale. Ce système de production, d’échange et de consommation optimise l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle d’un bien ou d’un produit. Recycler, réutiliser, réparer, convertir et remettre en état : c’est la voie à suivre pour assurer le bien-être des individus et des collectivités.

Que faites-vous les 26 et 27 mai en matinée ? Une suggestion pour bien utiliser votre temps : laissez tomber quelques réunions Zoom et branchez-vous en direct, avec vos collègues, sur les plénières et les sessions de la deuxième édition des Assises québécoises de l’économie circulaire. Cette formidable réflexion collective invite les participants non seulement à se familiariser avec les rouages de l’économie circulaire, mais aussi à découvrir des outils et des ressources dont ils peuvent disposer pour la mettre en pratique autant dans leur vie personnelle que dans leurs milieux de travail.

En ce qui a trait à la question environnementale, le Québec se démarque par son esprit entrepreneurial, son approche collaborative et son parti pris pour l’innovation. Le virage est déjà amorcé, mais il reste encore beaucoup à faire.

L’objectif principal des Assises québécoises de l’économie circulaire est justement de soutenir et de propulser cette transformation en mettant ses acteurs en lumière pour inspirer, créer des synergies et donner lieu à de nouvelles collaborations.

Pour réussir la transition vers l’économie circulaire, une chose est certaine : il faut unir nos efforts. Les Assises soutiennent cette approche collaborative en mettant de l’avant les initiatives, les mécanismes et les pratiques exemplaires des entreprises et organismes qui transforment différents secteurs d’activité, et ce, partout dans le monde. Parce que l’économie circulaire repose sur un ensemble de stratégies. Envie d’en savoir plus ? Nous nous sommes entretenus avec cinq conférenciers visionnaires qui changent notre monde, chacun à sa façon.

Jocelyn Blériot, directeur des affaires publique, Fondation Ellen McArthur
État des lieux mondial en économie circulaire Depuis 2010, cette fondation très influente joue un rôle d’accélérateur de l’économie circulaire auprès des grandes entreprises, des États et des centres de recherche universitaire. Passionné d’écologie et de voile, à l’instar de la championne de navigation Ellen MacArthur, avec laquelle il travaille sur l’île de Wight, à quelques brasses du littoral anglais, Jocelyn Blériot représente la Fondation auprès de la Plateforme européenne Efficacité énergétique.

Les pays qui se démarquent ne sont pas ceux qu’on attendait
Je participe à la conférence, à distance, malheureusement, pour parler des nouveaux développements sur la scène internationale de la législation en économie circulaire. Est-ce que ça va assez vite ? Ça ne va jamais assez vite ! Mais certains pays, qui n’étaient pas les usual suspects, ont fait beaucoup de progrès. La Chine, par exemple, avec son engagement de neutralité carbone en 2060, ainsi que plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe de l’Est. Quant au Québec, qui est toujours cité en exemple lorsqu’on parle de circularité en Amérique du Nord, il est considéré comme un pionnier. Cela dit, le Canada occupe une position particulière. En Europe, où il y a peu d’espace, peu de matériaux et zéro ressources énergétiques, l’économie circulaire est porteuse de sens. Pour les économies comme celles du Canada, qui sont riches en espace et en ressources – même si elles vont venir à manquer –, il faut trouver encore plus d’arguments que la nécessité économique.

Une stratégie globale de circularité s’impose
En ce moment, en Amérique du Nord et au Québec notamment, il est important de cesser de confondre l’économie circulaire avec du recyclage amélioré. C’est la pointe de l’iceberg. La circularité concerne aussi l’agriculture, la régénération des produits naturels, l’innovation, le design des matériaux… Il ne faut pas oublier le cycle biotique, et il faut redonner à l’économie circulaire toute sa dimension systémique.

L’effet pandémie peut surprendre
On croyait qu’avec la COVID, les enjeux environnementaux passeraient à l’arrière-plan. En Europe, bien au contraire, l’inquiétude face aux conséquences économiques de la crise s’est traduite par une volonté d’accélérer la transition vers l’économie circulaire. Le fait que les gouvernements aient libéré autant de crédits et de stimuli pour la relance leur a donné un pouvoir de prescription auprès des entreprises : « OK, on vous sort du ruisseau, mais on vous demande des engagements verts en échange. »

Philémon Gravel, directeur général et cofondateur, Entremise
Valoriser les bâtiments vacants Cette entreprise d’économie sociale et solidaire met en oeuvre de nombreux projets qui revitalisent des espaces vacants ou sous-utilisés pour bâtir un milieu urbain plus durable, plus inclusif et plus résilient. Un concept porteur qui est d’ailleurs amené à se développer en région. Pour le professionnel de l'architecture Philémon Gravel, cette démarche émergente, écologique et durable est essentielle à la préservation du patrimoine québécois.

Le bâtiment le plus écologique est celui que l’on ne construit pas
La problématique de la vacance immobilière peut se transformer en une incroyable occasion à saisir. On peut mettre à profit des bâtiments existants pour y développer des projets et mettre sur pied des programmes d’occupation expérimentaux. Maximiser leur utilisation par l’occupation transitoire, c’est la mission que notre organisation s’est donnée.

Des enjeux à relever L’occupation transitoire n’est pas une solution miracle. Sa mise en oeuvre doit s’appuyer sur des expertises en architecture, en patrimoine et en finance. Chaque projet est unique et doit prendre en compte les caractéristiques et le potentiel des espaces existants, tout comme le cadre légal, la règlementation, la sécurité, les besoins des acteurs du quartier et les objectifs du propriétaire. Il doit aussi inclure, lorsque cela est possible, le développement d’une vision et d’un modèle d’affaires pérennes.

L’exemple européen
Établies en Europe depuis vingt ans, les stratégies d’occupation transitoire sont de plus en plus intégrées dans les grands projets de réaffectation de bâtiments. Elles permettent d’une part l’expérimentation matérielle, avec le réemploi des matériaux de construction, et, d’autre part, l’émergence de nouveaux usages, de nouvelles cohabitations et l’établissement de nouvelles communautés. Considérés comme émergents au Québec, les projets d’occupation transitoire agiles ouvrent des milliers de pieds carrés actuellement sous-utilisés à nos organisations.

Jean-François Archambault, directeur général et fondateur, La Tablée des Chefs
Redistribuer les denrées pour contrer l'insécurité alimentaire Avec son programme de récupération alimentaire, La Tablée des chefs agit depuis bientôt vingt ans comme une courroie de transmission entre les donateurs de denrées et différents organismes communautaires, qui les distribuent par la suite aux personnes dans le besoin. Un circuit solidaire qui, pour Jean-François Archambault, a pris tout son sens dans le contexte de la pandémie.

Chaque maillon compte
C’est toute la chaîne qu’il faut impliquer, des producteurs jusqu’aux restaurateurs et chefs, afin que tous soient conscients de leur impact environnemental et social. D’autant plus qu’on sait que l’insécurité alimentaire a augmenté dramatiquement pendant la dernière année !

Une leçon de résilience
Lorsque la pandémie a fermé les hôtels et les restos, La Tablée des chefs s’est tournée vers d’autres sources. J’ai été surpris par la réponse extraordinaire des hôpitaux. Même en plein chaos causé par la COVID-19, nous avons récupéré des tonnes d’aliments ! J’ai aussi approché les fédérations agricoles. Tous ont dit oui et nous ont envoyé leurs surplus, conséquence de la crise en restauration : oeufs, lait, légumes, pommes de terre… Ça fait beaucoup de pâtés chinois ! Les Cuisines solidaires de La Tablée des chefs ont mis à contribution les ressources matérielles inutilisées des hôtels et des restos. Une cinquantaine de cuisines ont ainsi rallumé leurs fourneaux, et plus de 3,5 millions de portions cuisinées ont pu être distribuées en 2020.

Stéphan Morency, vice-président et chef de l’investissement, Fondaction
Investir dans les entreprises émergentes pour bâtir le futur Lancé en mars dernier, le Fonds économie circulaire de Fondaction, premier du genre au pays, est une initiative mobilisatrice qui vise l’accélération de la transition écologique dans les secteurs de l’agroalimentaire, du recyclage, de la valorisation des ressources et de l’écoconstruction. Ce fonds de 33 millions de dollars a été créé pour soutenir des entreprises émergentes qui innovent en économie circulaire.

Une priorité : la concertation
Les Assises québécoises de l’économie circulaire permettent le partage de solutions innovantes pour répondre aux enjeux prioritaires que sont la lutte contre les changements climatiques et les limites des ressources naturelles. Je souhaite que l’on augmente la concertation entre « ceux qui savent », soit la société civile, les experts et les scientifiques, « ceux qui décident », soit les politiques, et « ceux qui peuvent », soit les entrepreneurs et les financiers.

Diffuser le bon message pour que tout le monde comprenne les enjeux de l’économie circulaire
Le fait que l’économie circulaire soit souvent mal comprise ou confondue avec le « mieux recycler » pose un enjeu particulier. Il faut mieux définir le concept afin d’aller chercher davantage d’adhésion et de reconnaissance pour les entreprises qui la pratiquent, et éviter qu’une définition trop large ne vienne édulcorer l’essence même de ce qui se fait réellement.

Une stratégie de circularité particulièrement importante pour le Québec
La circularité en agroalimentaire fait en sorte que les rejets sont revalorisés et deviennent des intrants pour d’autres producteurs.

Un défi simple à relever
Simplifier les chaînes d’approvisionnement, tant du côté des entrepreneurs que des citoyens. Raccourcir la chaîne, c’est privilégier l’achat local, et c’est aussi bénéficier d’une meilleure gestion de risque.

Claude Maheux-Picard, directrice générale, Centre de Transfert Technologique en Écologie Industrielle (CTTÉI)
La symbiose industrielle comme moteur de l'économie circulaire À la tête d’un organisme spécialisé dans la mise en valeur des résidus industriels, l’ingénieure chimiste partage aussi son expertise sur la place publique en tant que chroniqueuse. Excellente vulgarisatrice, Claude Maheux-Picard est donc bien placée pour poser un regard global sur les symbioses au Québec, qui permettent de transformer les résidus d’une entreprise en ressources pour une autre.

La force du travail en réseau
L’objectif de mon intervention aux Assises sera de mettre en lumière les initiatives de symbiose industrielle déployées à l’échelle du Québec depuis plus de dix ans déjà, et de démontrer comment ce réseau a su être agile pendant la pandémie. Cela a permis à plusieurs entreprises de se réorganiser rapidement et de tirer leur épingle du jeu. C’est toute la force du travail en réseau qui a été démontrée !

La symbiose industrielle, un service de proximité
Le réseau de symbioses industrielles continue de prendre de l’ampleur au Québec. Pour les entreprises, c’est un service de proximité facile d’accès et peu coûteux, qui leur permet d’identifier rapidement les bonnes pratiques pour mieux gérer leurs résidus et générer des retombées économiques et environnementales bien tangibles. La soixantaine de conseillers qui animent ce réseau sont d’une efficacité redoutable ! Sans compter qu’ils travaillent de concert avec les autres experts de leur territoire pour avoir un impact encore plus percutant. Une communauté de pratique qui gagne à être connue et reconnue.

Les critères écologiques doivent faire partie intégrante des stratégies d’affaires
Intégrons dès maintenant des critères écologiques dans les appels d’offres. Exigeons des teneurs en contenu recyclé. Apprenons à mesurer toutes les externalités de nos prises de décision d’affaires.


Une vingtaine d’autres conférenciers seront présents aux Assises québécoises de l’économie circulaire. 

ASSISES QUÉBÉCOISES DE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE

C’est un rendez-vous !

Cet évènement incontournable, qui fait le point sur l’état de l’économie circulaire au Québec et ailleurs dans le monde, permet aux participants d’écouter des experts provenant des secteurs de la construction, de l’agroalimentaire, du textile et de la mobilité. Le programme prévoit aussi des sessions sur le déploiement de l’économie circulaire à l’échelle des territoires et sur le financement durable, ainsi que des conférences portant sur des stratégies de circularité, comme la réparation.

La conférence se déroule en mode virtuel les 26 et 27 mai en matinée. Ces deux demi-journées de plénières et d’échanges permettront aux participants non seulement de se familiariser avec les rouages de l’économie circulaire, mais aussi de découvrir les ressources et outils à leur portée pour pouvoir passer à l’action.

Pour information et inscription : https://assises.illuxi.com/


Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir en collaboration avec l’annonceur. L’équipe éditoriale du Devoir n’a joué aucun rôle dans la production de ce contenu.

Pour en savoir plus sur Recyc-Québec