IRICoR et Cancer de l’ovaire Canada : financer la recherche pour changer des vies

Avec le concours pancanadien LeadAction Cancer de l’ovaire, deux institutions – et leurs remarquables leaders – unissent leurs forces pour lutter contre cette maladie particulièrement difficile à dépister et à traiter. Leur approche scientifique, combinée à un engagement profondément humain, donne des résultats concrets qui visent à changer la destinée de milliers de femmes.

Chaque année, plus de 3 000 Canadiennes reçoivent un diagnostic de cancer de l’ovaire, qui est souvent dépisté tard – voire trop tard. Parmi celles-ci, 55 % en décéderont dans un horizon de cinq ans. Ce sont ces statistiques effarantes, dont on ne parle que très peu sur la place publique, qui ont poussé IRICoR (le centre d’excellence en commercialisation et recherche spécialisé en découverte de médicaments qui est basé à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’UdeM) à développer un partenariat de premier plan avec Cancer de l’ovaire Canada. L’objectif commun : faire avancer la recherche dans ce domaine pour augmenter le plus rapidement possible les chances de survie et la qualité de vie des femmes touchées par cette maladie.

Lancé en 2020, LeadAction Cancer de l’ovaire finance des projets de recherche innovants qui ont la capacité de propulser la découverte de nouveaux traitements, pour le plus grand bénéfice des patientes. En mars 2021, trois équipes de chercheurs du Québec, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique ont été sélectionnées pour la pertinence de leurs travaux (voir l’encadré). Ces équipes ont bénéficié d’un investissement total de 2,3 millions de dollars sur une période de deux ans, auquel contribuent à parts égales IRICoR et l’initiative OvCAN de Cancer de l’ovaire Canada, financée en grande partie par Santé Canada.

Les projets de recherche ont été évalués par un comité de révision indépendant composé non seulement de scientifiques et de professionnels du milieu des affaires, mais aussi de patientes directement impliquées dans le processus de sélection. L’objectif : que chaque décision tienne compte de leurs besoins et de leur point de vue. Cette approche unique est portée par les deux instigatrices du concours, la Dre Nadine Beauger, présidente et directrice générale d’IRICoR, et Elisabeth Baugh, directrice générale de Cancer de l’ovaire Canada. Nous nous sommes entretenus avec elles.



Elisabeth Baugh
Directrice générale et fondatrice, Cancer de l’ovaire Canada
Photo : Brittany Gawley

Le cancer de l’ovaire est le plus mortel des cancers féminins. Pour quelle raison ?

Ce cancer, cinquième en importance à toucher les femmes, est souvent dépisté alors qu’il s’est déjà propagé. À ce stade, ce n’est pas une maladie unique, c’est plutôt un ensemble de maladies différentes, qui ont des origines différentes et qui réagissent différemment aux traitements. De plus, les traitements n’évoluent pas aussi rapidement que dans le cas d’autres cancers. La bonne nouvelle, c’est que des recherches sont en cours grâce à notre initiative OvCAN, qui vise l’amélioration du pronostic des femmes ayant reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire, et à des partenariats comme celui que nous avons conclu avec IRICoR.

Pourquoi le concours LeadAction Cancer de l’ovaire s’appuie-t-il en grande partie sur l’engagement personnel des parties prenantes ?

Ce projet rassemble des personnes qui partagent les mêmes valeurs autour d’une cause importante. Ainsi, le financement accordé à l’initiative OvCAN de Cancer de l’ovaire Canada est le résultat d’années de revendications par des femmes et des familles. De plus, le comité de révision du concours était composé de plusieurs membres directement touchés par cette maladie, tant sur le plan professionnel que personnel. Ils ont généreusement donné de leur temps parce qu’ils connaissent et comprennent l’importance de notre démarche.

Qu’est-ce qui vous a amenée à fonder Cancer de l’ovaire Canada ?

J’ai entamé ce travail important il y a près de 25 ans, lorsque j’ai constaté que notre communauté avait des besoins énormes à combler. Les femmes atteintes du cancer de l’ovaire ne communiquaient pas entre elles, les ressources mises à leur disposition étaient limitées, et seulement trois chercheurs au pays s’intéressaient à cette maladie. Il a suffi de quelques années pour que notre communauté de chercheurs devienne l’une des plus engagées et des plus collaboratives au monde. Aujourd’hui, les femmes atteintes du cancer de l’ovaire peuvent compter sur un important réseau de soutien et contribuer activement à l’avancée des initiatives pour contrer cette maladie.

Quels gestes peuvent poser les particuliers, les entreprises et les institutions pour aider cette cause ?

Tout au long de la pandémie, Cancer de l’ovaire Canada a permis aux laboratoires des principaux établissements du pays de poursuivre leurs activités, même si notre budget n’a jamais été aussi serré. En tant qu’OSBL, nous dépendons des dons pour financer nos programmes et nos efforts constants de revendication. Les particuliers et les entreprises ont des rôles importants à jouer pour nous permettre de continuer à aider les femmes atteintes du cancer de l’ovaire à vivre pleinement leur vie, plus longtemps et en meilleure santé.



Nadine Beauger, Ph. D., MBA
Présidente et directrice générale d’IRICoR

Photo : Mirror Image Media

La course au vaccin pour la COVID-19 l’a démontré, les découvertes scientifiques doivent pouvoir s’appuyer sur une solide stratégie de mise en marché pour bénéficier rapidement aux patients. Quelles sont les actions entreprises par IRICoR à cet égard ?

Passer du laboratoire au patient demande en général une quinzaine d’années. Chez IRICoR, nous visons toujours à réduire cet échéancier en mitigeant le risque inhérent associé à la recherche fondamentale. Nous maximisons la portée de notre financement public en ajoutant de la valeur à des projets provenant du milieu académique pour éventuellement attirer des investissements privés. Au cœur de cette « solution IRICoR » : le rapprochement efficace et soutenu entre les équipes de recherche de haut calibre, les experts en découverte de médicaments, les infrastructures de pointe et les experts en maturation de la recherche – notamment en ce qui a trait à la propriété intellectuelle, à la gestion de projets et au développement des affaires.

Qu’est-ce qui a motivé IRICoR à appuyer le développement de la recherche pour le cancer de l’ovaire ?

Ce cancer est particulièrement meurtrier et la pandémie rend la situation encore plus alarmante : les oncologues estiment que 25 % des cancers ovariens ne sont pas diagnostiqués. De plus, on note une incidence accrue de maladies avancées lorsque de nouveaux diagnostics sont posés. Dans ce contexte, des organisations comme la nôtre et Cancer de l’ovaire Canada doivent poursuivre et intensifier leur mandat pour assurer le soutien de projets de recherche hautement novateurs menant le plus rapidement possible à des solutions thérapeutiques efficaces pour ce bassin croissant de patientes.

Enfin, nous avons identifié la grande valeur ajoutée de nous associer à une organisation qui met la patiente au cœur de ses préoccupations et de ses initiatives. Ce partenariat avec Cancer de l’ovaire Canada nous a permis d’avoir accès à des experts en recherche fondamentale et en recherche clinique, à des patientes-partenaires et à des experts en affaires réglementaires.

Expliquez comment votre contribution au projet LeadAction Cancer de l’ovaire repose sur la recherche scientifique comme sur l’engagement humain.

Tout comme moi, mon équipe, qui est composée en majorité de femmes, est particulièrement sensible à cette initiative axée sur le traitement d’un des cancers gynécologiques les plus meurtriers. Chaque jour, la perspective de travailler avec une équipe professionnelle et engagée ainsi qu’avec un réseau de chercheurs de haut calibre me dynamise et me donne espoir. Ensemble, nous contribuons à éventuellement améliorer le sort de patientes atteintes du cancer ovarien.

Les lauréats du concours LeadAction Cancer de l’ovaire

Les critères de sélection pour cette compétition réservée aux institutions académiques canadiennes, d’un océan à l’autre : l’excellence scientifique, une approche hautement innovante et un fort potentiel de commercialisation, pour le plus grand bénéfice des patientes.

L’équipe du Dr Claude Perreault, chercheur principal à l’Institut de recherche en immunologie et cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal, pour ses percées en immunothérapie avec le développement de vaccins thérapeutiques contre le cancer de l’ovaire. Ce projet présente une approche novatrice tant pour la production de ces vaccins que pour leur efficacité à stimuler le système immunitaire.

L’équipe du Dr Jean-Simon Diallo, chercheur principal au Centre for Innovative Cancer Research (CICR) de l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa, pour un nouveau traitement combinant un virus oncolytique et un anticorps conjugué à un médicament ciblant le facteur de croissance épidermique humain (HER2). Une avancée thérapeutique ciblée, et une avancée importante pour le traitement du cancer de l’ovaire.

L’équipe du Dr Julian J. Lum, chercheur principal au BC Cancer Research Institute, pour ses travaux sur les cellules CAR-T modifiées par gène métabolique pour le traitement du cancer de l’ovaire. Ce projet entraînera non seulement des bénéfices potentiels pour les patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire, mais il générera également un savoir-faire important pour l’avenir.
Pour en savoir plus :


iricor.ca/fr




ovairecanada.org


Mission
La mission d’IRICoR est de faciliter et d’accélérer la transformation des résultats de la recherche en innovation au bénéfice des patients. L’organisation se démarque par un accompagnement stratégique à toutes les étapes du développement de médicaments vers la commercialisation de solutions thérapeutiques novatrices. 

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir en collaboration avec l’annonceur. L’équipe éditoriale du Devoir n’a joué aucun rôle dans la production de ce contenu.

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