Université McGill : Le développement durable en tête

Dans l’ordre habituel, Mehrdad Mahoutian et Chris Stern, cofondateurs de CarbiCrete
Photo: Dans l’ordre habituel, Mehrdad Mahoutian et Chris Stern, cofondateurs de CarbiCrete
Les changements climatiques et la durabilité sont au cœur des grands enjeux planétaires. L’Université McGill a fait de la recherche de solutions environnementales une priorité.

« McGill compte près de 40 000 étudiants et plus de 1 700 professeurs, dont environ 200 sont impliqués dans des projets liés aux enjeux de développement durable. Si on compte les quelque 1 000 étudiants chercheurs aux études supérieures qui font équipe avec eux, cela constitue un centre d’expertise majeur dédié à la question environnementale », explique le professeur de génie chimique Sylvain Coulombe, qui est aussi vice-principal adjoint à l’innovation et aux partenariats de l’Université McGill. Ce véritable laboratoire d’idées travaille non seulement au développement de solutions durables pour faire face aux problèmes actuels, mais aussi au déploiement de nouvelles approches. Il réunit des chercheurs en sciences fondamentales qui étudient les écosystèmes et les changements climatiques, des ingénieurs qui développent des technologies propres, des économistes et des spécialistes en droit et en politiques publiques.

Sylvain Coulombe, vice-principal adjoint à l’innovation et aux partenariats de l’Université McGill.


Un incubateur d’innovation
La force de l’Université McGill réside dans son action collaborative, à l’intersection de différentes disciplines. Mais les bonnes idées, si innovantes soient-elles, ne suffisent pas : pour relever les défis majeurs qui nous interpellent à l’échelle mondiale, il est impératif d’accélérer leur transition vers des réalisations concrètes qui ont un impact tangible, tant du point de vue environnemental que social et économique. « McGill s’est dotée d’un Bureau de l’innovation et des partenariats (I+P) qui accompagne les chercheurs du concept de départ à la création d’une entreprise, en passant par la recherche de financement auprès des gouvernements et les partenariats avec le secteur privé », précise Sylvain Coulombe.

Nous sommes ce que nous mangeons. Et plus que jamais, nous savons que la provenance de notre nourriture a de l’importance. Née comme projet étudiant à l’Université McGill, l’École-O-Champ fait aujourd’hui découvrir aux jeunes le parcours des aliments, de la ferme à l’assiette, en partenariat avec des fermes de partout au Québec. Sur la photo : les cofondateurs Valérie Toupin-Dubé (B. Sc. 2016) et Mathieu Rouleau (B. Sc. 2016).


Des nanocristaux de cellulose durables
À titre d’exemple, mentionnons le parcours étonnant de la société Anomera, fondée au sein du Département de chimie de l’Université McGill. L’équipe dirigée par le professeur Mark Andrews a développé un procédé pour fabriquer, à partir de la cellulose extraite d’essences de bois du Québec, un nanomatériau 100 % durable qui se substitue notamment aux microbilles de plastique et de silice présentes dans la quasi-totalité des produits de beauté. « Ces microbilles se retrouvent partout sur la planète, dans les lacs, les rivières et les océans, en quantités effarantes ! », souligne le professeur Coulombe. Écologiques et biodégradables, les nanocristaux sont utilisés par de grandes entreprises comme Chanel. Ils trouvent aussi des applications dans de nombreuses industries, notamment en entrant dans la composition de produits pharmaceutiques, de pigments ou de ciment.

Les blocs de béton sans ciment CarbiCrete pourraient aider le secteur de la construction à réduire son empreinte écologique.


Du béton carbonégatif
De nombreux autres projets porteurs sont issus de partenariats entre des chercheurs de McGill et des entreprises locales, qui donnent lieu à de remarquables initiatives en développement durable. Un exemple : la récente inauguration de l’usine CarbiCrete à Drummondville – en partenariat avec Patio Drummond – où l’on produit du béton carbonégatif, plus durable et plus abordable que la version classique. Quand on sait que la production de ciment, matériau clé entrant dans la composition du béton, génère 5 % de la quantité totale de CO2 émise par l’humain à l’échelle mondiale, on comprend tout l’intérêt de développer des procédés et produits qui réduisent considérablement ses impacts sur l’environnement. « En termes de cycle de vie, les chercheurs pensent en amont, souligne Sylvain Coulombe. C’est ainsi qu’ils peuvent concevoir des produits plus écologiques, dont la durée peut être prolongée via la réutilisation directe, la mise à jour, le réusinage et, ultimement, le recyclage et la récupération des ressources. L’utilisation de l’énergie et des matériaux est donc optimisée. C’est tout le contraire de l’obsolescence programmée ! Il faut vraiment changer nos façons de faire à tous les niveaux et à très grande échelle. Oui, c’est un vaste chantier, mais les problèmes sont si importants et complexes qu’il faut les aborder sur plusieurs fronts. »

Si le Québec électrifiait ses transports, il pourrait réduire de 43% ses émissions de CO2. Des chercheurs de l’Université McGill ont conçu une technologie qui propulse des véhicules électriques de toute taille de façon plus efficace et économique que jamais. Sur la photo : Benoit Boulet, professeur de génie électrique et directeur, Laboratoire d’automatisation intelligente, Centre de recherche sur les machines intelligentes.


Pour en apprendre plus sur les initiatives de l’Université McGill, visionnez les capsules vidéos suivantes :

CarbiCrete
Électrification des parcs de camions
École-O-Champ


L’avenir dans la mire
L’Université McGill s’investit à fond dans les solutions environnementales, et elle aligne ses activités en fonction des 17 objectifs de développement durable de l’ONU. À l’échelle nationale et internationale, elle est partie prenante d’une proposition de création d’une zone d’innovation en technologies propres soumise au ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec. « Le projet implique quatre grandes universités, précise le professeur : McGill, Polytechnique Montréal, ÉTS et Concordia. L’objectif est de construire un écosystème performant avec les acteurs de la recherche universitaire, du milieu économique et des petites et grandes entreprises pour lier tous les maillons de la chaîne et positionner le Québec comme un leader mondial en technologies propres. » 
 

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