Mines intelligentes : une véritable révolution technologique

C’est grâce à la technologie sans fil LTE que l’ingénieur Maxime Laflamme, à 3,2 km sous terre, peut discuter avec ses collègues à la surface.
Photo: C’est grâce à la technologie sans fil LTE que l’ingénieur Maxime Laflamme, à 3,2 km sous terre, peut discuter avec ses collègues à la surface.
Par Maude Dumas
Collaboration spéciale

Puces de géolocalisation, véhicules automatisés opérés à distance, réseau sans fil ultraperformant permettant aux mineurs qui travaillent dans les galeries de communiquer en direct avec la surface : les avancées technologiques révolutionnent le secteur minier du Québec – et le phénomène ne fait que s’accélérer.

L’époque où les mineurs remontaient à la surface le visage noirci de suie, épuisés par des conditions de travail éprouvantes, est révolue depuis longtemps. Chaleur insupportable, présence de poussières et ventilation déficiente – sans compter le risque élevé d’accidents graves – sont chose du passé. Depuis la fin des années 1920, époque où l’exploitation minière a pris son essor au Québec, la demande en minerais et métaux n’a cessé de croître, et l’industrie minière s’est modernisée en conséquence. Résultat : des gains appréciables en matière de sécurité, de productivité et de protection de l’environnement. Aperçu.
 

Des réunions Teams à 3,2 km sous terre« Tout comme l’arrivée des téléphones intelligents a changé notre vie en facilitant les communications avec notre entourage, les nouvelles technologies simplifient grandement les opérations minières, affirme Maxime Laflamme, assistant surintendant des opérations minières au complexe aurifère LaRonde de Mines Agnico Eagle, en Abitibi-Témiscamingue. Le réseau LTE, qui est la technologie de communication sans fil de l’heure, a eu un impact majeur : parce que tous nos travailleurs sont équipés d’un portable, nous pouvons veiller sur leur sécurité à distance et organiser des vidéoconférences Teams ou des chats sans avoir à descendre sous terre, ce qui nous fait gagner du temps. » Beaucoup de temps, puisqu’il faut compter jusqu’à une heure pour atteindre les galeries ultimes de la mine la plus profonde des Amériques, à 3,2 km sous la surface de la terre. D’abord en empruntant l’ascenseur du puits Penna, qui plonge à 2,2 km de profondeur (un record dans l’hémisphère occidental), puis un second ascenseur, qui descend à 2,8 km, avant de parcourir à bord d’un Jeep plusieurs kilomètres de galeries aménagées.
En quelques années à peine, les nouvelles avancées technologiques ont complètement transformé le travail des ingénieurs miniers, comme l’explique Maxime Laflamme.
Ingénieur minier comme son père qui lui a transmis la passion du métier, Maxime Laflamme reconnaît que les récentes avancées en télécommunications et en automatisation révolutionnent sa profession à une vitesse impressionnante. « J’ai 31 ans, je suis un Abitibien pure laine, même si je suis né à Québec, et je travaille dans les mines depuis que je suis étudiant. Mes emplois d’été se passaient sous terre et, parce que j’ai choisi de faire mes stages sur le terrain, j’ai eu la chance de toucher à plusieurs secteurs du domaine minier. C’est ce qui m’a permis d’être témoin de nombreux changements en un très court laps de temps, comme l’arrivée de l’Internet sous terre et l’automatisation des équipements mobiles. »
Une avancée technologique 100 % québécoise Le réseau LTE (acronyme de Long-Term Evolution) est une technologie de communication sans fil ultrarapide largement considérée comme la plus avancée au monde. Déployée sous terre à LaRonde en 2018 – une première mondiale dans le secteur minier –, cette solution de réseau privé a été développée par Ambra. Les ingénieurs de Mines Agnico Eagle ont travaillé de concert avec l’entreprise de Trois-Rivières pour adapter leur réseau à la réalité minière afin qu’il puisse être déployé à des profondeurs exceptionnelles. Un beau succès québécois !
La sécurité avant tout : l’équipement des travailleurs du complexe minier LaRonde est muni de puces qui permettent de les localiser sous terre.
Géolocalisation et rapidité d’intervention La technologie LTE joue un rôle crucial pour assurer la sécurité des travailleurs. Ainsi, à LaRonde, elle permettra de géolocaliser les équipements et les travailleurs sous terre en cas d’incident, ce qui assurera un déploiement précis des protocoles de prévention et d’intervention. « C’est un gain majeur en matière de sécurité, commente Maxime Laflamme. En raison de la profondeur de la mine LaRonde, nous devons constamment faire face au phénomène de sismicité à la suite des opérations de dynamitage. En fait, plusieurs secousses se produisent chaque jour, mais celles que l’on ressent vraiment sont beaucoup moins fréquentes. Notre système de surveillance dispose de plus de 100 capteurs, mais il est impossible de prévoir chacun de ces phénomènes naturels. Des protocoles sont en place pour assurer la sécurité de tous et, en cas d’incident, les télécommunications nous permettront de retirer rapidement des zones touchées les travailleurs. »

À la mine LaRonde, comme dans toutes les mines du Québec, la gestion des risques fait partie intégrante du quotidien et la prévention est une priorité absolue. Qu’il s’agisse d’évènements sismiques, d’incendie ou de chute de roches, rien n’est laissé au hasard.

Le camion de sauvetage Dräger, de la mine LaRonde. Seulement deux de ces véhicules sont en service au monde.
Simulation d’une intervention de sauvetage avec le camion Dräger.
Le Dräger MRV 9000 à la rescousse Plus on s’enfonce sous terre, plus les innovations technologiques jouent un rôle de premier plan dans les interventions en matière de sécurité. Depuis 2019, la mine LaRonde est équipée du Dräger, un des deux seuls véhicules de sauvetage minier du genre actuellement en service dans le monde. Ce camion robuste et étanche dispose d’une cabine pressurisée, dotée de réservoirs d’air propre, qui protège les sauveteurs. Il est équipé de caméras thermiques permettant de repérer rapidement les travailleurs pour les retirer sans attendre des niveaux plus profonds. « Avec nos 250 km de galeries actives, nous devons nous déplacer sur de bonnes distances pour aller chercher nos travailleurs. Nous opérons en fonction des contraintes et nous avons développé des protocoles de sécurité rigoureux en collaboration avec des équipes d’ingénieurs très solides », précise Maxime Laflamme. Cette expertise, jumelée à des technologies toujours plus performantes, est cruciale pour assurer des milieux de travail toujours plus sécuritaires aux employés du secteur minier.
La technologie LTE permet de refroidir les galeries souterraines depuis la surface ou directement sous terre.
La ventilation sur demande « Plus on se rapproche du noyau terrestre, plus il fait chaud : à plus de 3 km sous la surface, la roche atteint presque 40 degrés Celsius et on le ressent immédiatement, même si on ne travaille pas, explique l’ingénieur. C’est pourquoi la mine dispose de gigantesques systèmes de ventilation et de refroidissement pour offrir aux travailleurs une aération confortable. » Et c’est sans compter la chaleur dégagée par la machinerie. C’est ici que la technologie LTE pourra intervenir dans un futur proche : reliée à des capteurs de température, elle permettra de gérer de façon automatique la climatisation et la ventilation. En régulant ces opérations en fonction de besoins précis, on réalisera d’importantes économies d’énergie entraînant une réduction considérable des émissions de GES. Un bel exemple d’avancée technologique qui contribue non seulement au bien-être des travailleurs, mais aussi à la protection de l’environnement. Ce type de système est d’ailleurs utilisé dans d’autres installations minières, avec des résultats impressionnants.
Cet opérateur de chargeuse travaille à la surface pour contrôle la machinerie souterraine. Les avantages : un plus grand confort et une importante réduction des risques d’accidents.
Téléopérations et machinerie automatisée Depuis peu, la technologie LTE permet à des opérateurs d’effectuer des extractions de minerai en télécommandant depuis la surface des équipements miniers, comme des foreuses et des chargeuses navettes. Les avantages sont multiples : le travail est grandement facilité, les risques d’accident sont minimisés et les longs transits vers les profondeurs de la mine sont éliminés. De plus, la production peut se faire en continu sans que les mineurs aient à faire face à des surcharges de travail. Et ce n’est pas tout : un nombre grandissant de camions autonomes transportent le minerai de façon efficace en suivant des itinéraires prévisibles, ce qui permet de prévenir les collisions et d’optimiser la productivité.

Comment réagissent les travailleurs miniers face à cette avancée ? « Après avoir suivi une formation, ils constatent que le travail de téléopération s’apparente vraiment à ce qu’ils faisaient avant, répond Maxime Laflamme. Ils comprennent que notre objectif n’est pas d’éliminer des emplois – l’automatisation n’a entraîné aucune suppression de poste à LaRonde –, mais plutôt d’assurer leur sécurité, de protéger leur santé et d’augmenter ou de préserver la productivité de la mine. »
Photo: Hecla Québec Les véhicules automatisés fonctionnent 24 heures sur 24, un atout pour optimiser la productivité des mines.
La transformation du travail minier Fini, le travail au pic et à la pelle ! Les avancées technologiques ont entraîné une diversification des corps de métier et le phénomène n’est pas près de s’arrêter. « C’est un milieu fascinant, qui touche à de multiples domaines stimulants comme les TI, les télécommunications et l’environnement, affirme Maxime Laflamme. Même si on choisit un champ de spécialité, on peut toujours élargir ses horizons et relever de nouveaux défis. Impossible de s’ennuyer ! » Ce que l’ingénieur minier entrevoit pour les dix prochaines années : un nombre grandissant de postes liés aux nouvelles technologies pour gérer les systèmes d’exploitation, de communications, de télémétrie et de géolocalisation. « Avec plus d’employés travaillant à la surface pour analyser et contrôler ce qui se passe sous terre, le travail sera plus sécuritaire et moins exigeant physiquement », conclut-il.

Pour plus d’informations sur l’industrie minière : minesqc.com




Mission
Créatrice de richesses, l'industrie minière du Québec s'est dotée de processus rigoureux en matière de développement durable afin de mettre en valeur le potentiel minéral québécois dans le respect des gens et de l'environnement. À la base de tous les objets qui nous entourent, l'industrie minière est réellement la force intérieure du Québec.

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir en collaboration avec l’annonceur. L’équipe éditoriale du Devoir n’a joué aucun rôle dans la production de ce contenu.

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