Kebec Un regard actuel sur notre histoire

Avec ses épisodes punchés, ses thématiques pointues, une foule de propos étonnants et un véritable trésor d’archives visuelles, la docusérie Kebec relève le défi de rendre l’histoire du Québec aussi fascinante que divertissante. L’animatrice et journaliste Noémi Mercier nous donne un avant-goût de la deuxième saison, diffusée à Télé-Québec à compter du 5 avril (à la télé), et dont le premier épisode est déjà disponible gratuitement sur le Web.

Comment maximiser notre temps-écran – et celui de notre famille – en cette période de confinement entre quatre murs ? Une suggestion : se plonger dans une nouvelle docusérie qui saura nous informer tout en nous divertissant. C’est justement ce que propose Kebec, où l’on apprend qu’on cuisinait moufettes, porcs-épics et écureuils il n’y a pas si longtemps (c’est sœur Angèle qui le dit), que notre sens de l’humour ne date pas d’hier (70 journaux satiriques ont été publiés au Québec entre 1844 et 1900), que la brasserie Molson est la plus ancienne en Amérique du Nord et, parlant de bière, que Broue détient le record Guinness du plus grand nombre de représentations jouées par la même distribution. On découvre aussi, pêle-mêle, quelle émission de télé a été diffusée en premier au Québec, l’origine de notre accent et le tout premier sport que les femmes ont eu la « permission » de pratiquer (réponses à la fin du texte).  
« C’est une série pour tous, explique l’animatrice, journaliste et curieuse en chef Noémi Mercier. Plusieurs générations devraient la regarder ensemble, même à distance, parce qu’elle peut générer de fascinantes discussions ! Chaque épisode m’a donné envie d’appeler mes parents ou ma grand-mère, qui ont vécu des pans de notre histoire qui ne sont pas si lointains. Beaucoup de parents se préoccupent en ce moment du temps que passent les jeunes devant les écrans et des conséquences de la fermeture des écoles sur leur développement. Je prêche pour ma paroisse, mais ils devaient écouter Kebec : sans être didactique, la série est super nourrissante pour l’esprit ! »

Un aller-retour dans le temps Ce qui pique tout de suite notre curiosité dans la série, c’est le fait qu’elle ne suit pas cet ordre chronologique qui a contribué à ternir la réputation des cours d’histoire auprès de générations d’élèves. Comme l’explique l’animatrice, « Kebec fait des allers-retours dans le temps de façon très éclatée. D’un épisode à l’autre, on détecte des courants historiques récurrents, comme la vie des autochtones avant les contacts avec les Européens, l’arrivée des colons en Nouvelle-France, l’influence britannique, la révolution tranquille et, à travers tout ça, le fil conducteur de la religion catholique. La force de la série, c’est qu’elle peut revisiter ces grands moments en y ajoutant des personnages incroyables, des anecdotes croustillantes et des faits surprenants. C’est de cette façon qu’on fait revivre notre passé ».

Chaque épisode porte sur deux sujets marquants, par exemple la sexualité, l’humour, l’alcool ou la science, et chaque thème est amorcé en établissant un lien avec un phénomène socioculturel et une personnalité publique. Ainsi, l’épisode sur l’humour démarre avec Louis-José Houde, qui raconte comment les monologues d’Yvon Deschamps ont influencé sa carrière. Et puis on enchaîne avec des historiens allumés qui expliquent comment notre passé a influencé notre présent. « Ils sont brillants, passionnants et passionnés, poursuit Noémi Mercier, et ils nous racontent cette histoire qui est la nôtre – et qui est incroyable, étonnante et parfois amusante – comme si on était assis avec eux au coin du feu. Ils nous font découvrir des héros et des héroïnes qui ont été oubliés, mais qui ont marqué notre société. Ma curiosité et mon enthousiasme ne sont pas feints lorsque je fais les entrevues, même si je suis bien préparée. En fait, mes dossiers de recherche sont annotés de sourires et de points d’exclamation ! »


Une autre perspective sur l’histoire La série porte une attention particulière aux minorités et aux marginalisés, comme les autochtones, les immigrants et les homosexuels. « Nous montrons les deux faces de leur histoire, précise Noémi Mercier. Celle qui est racontée du point de vue canadien-français dans les livres d’histoire, et celle qui est racontée du point de vue des personnes concernées. Lorsque l’ethnologue Isabelle Picard, qui est Huronne Wendat, relate ce que les communautés autochtones ont vécu au temps des colons, on profite d’un autre éclairage sur le sujet. L’histoire du Québec n’appartient pas aux Blancs, et je suis bien placée pour le dire, moi qui suis à moitié Haïtienne et à moitié Canadienne française ! »

À la lumière de ce voyage dans le temps, Noémi Mercier estime que notre société est moins homogène que ce dont on veut bien se souvenir. « L’expérience canadienne-française est teintée depuis longtemps par celle d’autres peuples. Nous avons fait face dans le passé à des afflux de réfugiés – comme les Irlandais – et nous avons accueilli tout plein d’arrivants de différentes cultures et différentes confessions qui ont changé notre tissu social. »

Des personnages féminins extraordinaires Il y en a tellement! Mais deux en particulier ont interpellé l’animatrice. « Dans les années 1960, Jeannine Mahès a parlé publiquement du fait qu’elle était lesbienne à l’émission Dossier de Bernard Derome, à Radio-Canada. À cette époque où on tentait de lever les tabous, l’homosexualité était non seulement marginalisée par la société, mais aussi condamnée par l’Église et passible de poursuites criminelles. Deux semaines après l’entrevue, elle a été poursuivie, emprisonnée et ensuite internée à l’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu. Pendant 15 ans ! L’épisode sur la marginalité explore comment on a traité les gens qui n’entraient pas dans le moule et comment notre société s’est transformée. C’est émouvant. »


Comme journaliste, Noémi Mercier a aussi été intéressée par l’histoire de Robertine Barry, une des premières femmes à exercer ce métier au Québec. « En 1891, elle a frappé à la porte du journal La Patrie, où elle a signé une chronique sur la condition féminine pendant des années. Elle fait partie de celles, nombreuses, qui ont défoncé des portes – il en reste beaucoup, mais c’est moins difficile qu’à l’époque où elles étaient verrouillées ! C’est inspirant, mais choquant. Choquant parce qu’on ne nous enseigne pas l’histoire de ces gens. On enseigne l’histoire politique et militaire, mais, si on regarde un peu à côté, on constate qu’il y a tout plein de femmes qui ont influencé les milieux littéraire, artistique, syndical et entrepreneurial. »

Imagerie tirée de la série Kebec

Le top 3 de Noémi Mercier 1 - La mort 
Cet épisode m’a jetée à terre. Alors que les rites funéraires d’aujourd’hui sont de plus en plus expéditifs, on portait autrefois le deuil pendant des mois, et même des années. On veillait le corps pendant des jours et ça finissait en véritables partys autour du cadavre. Un rituel courant était de photographier les morts et, très souvent, c’était la seule image que l’on avait d’eux. Pour les enfants, on faisait comme s’ils dormaient.


2 - Les tavernes
Ce qui m’a étonnée, c’est la ténacité des femmes qui ont tout fait pour avoir accès à ces lieux publics réservés aux hommes. On voit des images assez rock and roll ! On a souvent dit que la révolution féministe est la seule qui ait été pacifique, mais c’est faux. Les femmes se sont fait brasser, brutaliser et donner des coups de bâton par les policiers. Elles avaient du courage, elles n’avaient pas froid aux yeux. Ça m’émeut !
Photo: Télé-Québec Le chroniqueur André Martineau et l'animatrice Noémi Mercier.
3 - Les débuts de la télévision
Louise Deschâtelets raconte que son père a été le premier du quartier à acheter un téléviseur, qu’il a installé dans la cuisine de leur petit appartement. Comme ça se faisait à l’époque, les voisins étaient invités et ils s’installaient les uns derrière les autres dans le corridor pour regarder la télé. C’est incroyable comme cet objet, qui nous a rassemblés et déniaisés, a été un véritable moteur de changement social.

Questions-réponses :  La première émission diffusée au Québec ?
Une partie de baseball, en juillet 1952.

Les origines de l’accent québécois ?
Les premiers colons, qui arrivaient des provinces, parlaient un français régional différent de celui des Parisiens. Ceux qui se sont installés en Acadie, en Gaspésie et aux Îles de la Madeleine ont amené avec eux les expressions de l’ouest de la France, tandis que le parler de ceux qui se sont installés à Québec était plus proche de celui du roi. Ailleurs au Québec, ce sont des colons du nord et du centre de la France qui ont influencé notre parler. Ce qui explique nos archaïsmes ? Après la conquête britannique, la Nouvelle-France a coupé les liens avec la France, et notre français a par la suite évolué en vase clos.

Le premier sport que les femmes ont eu la « permission » de pratiquer ?
Le vélo, qui leur a aussi fourni un nouveau moyen de transport !

Pour regarder Kebec (saison 2)

Dès aujourd'hui : le premier épisode est déjà disponible en primeur gratuitement sur kebec.telequebec.tv.

Dès le 5 avril : diffusion à Télé-Québec, le dimanche à 21 h 30 ; l’intégrale sera disponible sur kebec.telequebec.tv.

À noter : l’intégrale de la première saison est disponible dès maintenant sur kebec.telequebec.tv.




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