ESPACE LIBRE: Ancré dans le présent, tourné vers l’avenir

Contenu partenaire

Maude Dumas collaboration spéciale

L’institution théâtrale célèbre ses 40 ans de créativité avec des installations modernisées et une programmation exceptionnelle qui met de l’avant son engagement citoyen.

Le chemin parcouru En 1979, le Nouveau Théâtre Expérimental, Omnibus et Carbone 14 s’associent pour fonder Espace Libre dans une ancienne caserne de pompiers, au cœur du Centre-Sud de Montréal. Ce nouveau lieu de cohabitation, dédié à l’expérimentation et à la présentation d’œuvres inédites et provocantes, allait marquer à jamais la scène culturelle québécoise. En 1994, Carbone 14 part s’installer tout près, dans ce qui devient l’Usine C. Espace Libre choisit ce moment pour amorcer un grand virage en se lançant dans la diffusion : sa programmation originale, qui continue de se démarquer, s’enrichit en accueillant des artistes et des troupes qui ont, eux aussi, envie de bousculer les codes. Depuis ses tout débuts, Espace Libre fait ainsi émerger des voix essentielles de la dramaturgie québécoise en présentant des œuvres qui ont fait date. Et le théâtre continue sur sa lancée avec des productions récentes comme Table rase (saison 2015-2016) et Dans le champ amoureux (saison 2018-2019) de Catherine Chabot, ou encore Post Humains (saison 2018-2019) de Dominique Leclerc.

2020 : une grande année pour Espace libre À l’occasion de son 40e anniversaire, Espace Libre entame une nouvelle phase de son histoire. En effet, le théâtre s’est offert une parenthèse de plusieurs mois en 2019 pour moderniser ses installations en se dotant d’outils à la fine pointe de la technologie, notamment en ce qui a trait au son, à l’éclairage et aux projections vidéo. Les travaux sont terminés et, en ce début d’année, le théâtre s’apprête enfin à rouvrir ses portes. « L’expérimentation et l’innovation nécessitent des outils que nous sommes désormais en mesure de mettre à la disposition des créateurs, explique le directeur artistique Geoffrey Gaquère. Cette transformation nous permettra de continuer à attirer des artistes chevronnés et des artistes de la relève. »
 

Un théâtre d’art, de ville et d’inclusion « En ces temps de changements où la valeur refuge est le repli sur soi et la peur de l’autre, je suis convaincu que le théâtre, par le biais de l’excellence artistique, peut contribuer au vivre ensemble, explique Geoffrey Gaquère. Nous invitons sur la scène d’Espace Libre des artistes aux démarches humanistes, dont les œuvres éclairent notre présent. C’est pour cette raison que nous travaillons quotidiennement à proposer un lieu adapté et inclusif – sur les planches comme dans la salle – qui donne une place à toutes et à tous, notamment aux personnes racisées, à celles qui vivent en situation de handicap ou à celles qui sont issues des peuples autochtones ou de la communauté LGBTQ+. »

Photo: Gabrielle Desmarchais Christian Bégin et Gabriel Plante, dans Histoire populaire et sensationnelle, à l’affiche du 28 janvier au 8 février.

Démocratisation culturelle et mobilisation citoyenne Les racines d’Espace Libre sont solidement ancrées rue Fullum. Malgré l’embourgeoisement des dernières décennies, l’ancien Faubourg à m’lasse est encore et toujours un quartier sensible où les enjeux sociaux abondent, mais où prévalent humanité et esprit de solidarité. On y retrouve l’un des plus grands nombres d’organismes communautaires au pays et une quantité impressionnante d’artistes. « Avec les théâtres du quartier et le riche tissu communautaire, beaucoup d’activités culturelles prennent place sur un petit nombre de kilomètres carrés!», remarque Geoffrey Gaquère. Entré en poste en 2014, le directeur artistique a d’entrée de jeu voulu explorer cette relation entre la vocation d’Espace Libre et l’écosystème de son quartier, où une partie de la population est en retrait de la vie culturelle. Pour Geoffrey Gaquère, il est essentiel de tisser des liens entre les citoyens et les arts. « Nous avons donc entrepris une série d’actions de démocratisation de la culture auprès de la population du Centre-Sud. » Et comment! Espace Libre offre des tarifs réduits et des ateliers de théâtre gratuits à ses « voisins » et a mis sur pied une initiative remarquable: le Comité spectateur-trice. Chaque année, une vingtaine de personnes du quartier sont ainsi invitées à assister gratuitement à des spectacles, à rencontrer des artistes et des artisans, et à participer à des tables rondes qui les éclairent sur les œuvres. « Avant les représentations, nous mangeons ensemble et nous discutons des enjeux de la pièce, précise le directeur artistique. C’est de cette façon que nous voulons contribuer à développer le goût du théâtre. » Mais, comme le dit si bien le directeur artistique, c’est le spectacle annuel de quartier, où Espace Libre offre une plage de sa saison à des professionnels désirant travailler avec des citoyens, qui constitue la cerise sur le sundae de ces actions. La pièce Pôle Sud, documentaires scéniques d’Anaïs Barbeau-Lavalette et d’Émile Proulx-Cloutier, mettant en scène des résidents du quartier, est un exemple inoubliable, joué trois années de suite. Tout comme la participation, lors du 375e anniversaire de Montréal, de 20 « voisins » du quartier à la pièce Camillien Houde, « le p’tit gars de Sainte-Marie » d’Alexis Martin.
Photo: Gabrielle Desmarchais La chorégraphe Rhodnie Désir présentera Bow’t Trail Retrospek du 13 au 22 février.

La réouverture « Les derniers coups de pinceau sont à donner, mais nous sommes impatients d’ouvrir nos portes, conclut Geoffrey Gaquère. Les artistes de cette saison jouent avec la consigne qui règne à Espace Libre depuis sa fondation : s’approprier les lieux avec la plus grande des libertés. » Le public est invité à découvrir la variété de ces propositions qui, de la comédie à la danse en passant par la réalité virtuelle et la performance, célèbrent les 40 ans de créativité de cette institution.
Geoffrey Gaquère, directeur artistique d’Espace Libre

Une programmation à ne pas manquer

Le fil conducteur, qui est celui de l’histoire et de l’héritage, est en lien direct avec les 40 ans d’Espace Libre.

Histoire populaire et sensationnelle
Gabriel Plante et Félix-Antoine Boutin (Création dans la chambre) présentent une comédie grinçante sur l’étrange rapport qu’entretient le Québec avec son histoire.
Du 28 janvier au 8 février

Bow’t Trail Retrospek
Rhodnie Désir évoque, à travers le prisme de la danse documentaire, le souvenir des peuples déportés d’Afrique tout en soulignant leur apport à l’édification du Nouveau Monde.
Du 13 au 22 février

Genderf*cker
Créée et interprétée par Pascale Drevillon, mise en scène par Geoffrey Gaquère et produite avec le FTA, cette performance théâtrale explore les identités trans et queer en se questionnant sur la vie dans un monde non binaire.
Du 26 au 29 février

Trip
Sur les traces de la Beat generation et du rêve hippie, Mathieu Quesnel revendique le droit à la liberté de créer dans un monde conformiste.
Du 6 au 21 mars

Obaaberima
Le monologue engagé d’Evalyn Parry et Tawiah Ben M’Carthy (Buddies in Bad Times Theatre) interroge les normes sexuelles de notre société et nous éveille aux réalités de l’intersectionnalité.
Du 24 au 28 mars

Une conjuration
Alexis Martin et Daniel Brière (NTE), qui signent respectivement texte et mise en scène, interprètent André Masson et Georges Bataille élaborant un manifeste sur fond de fascisme.
Du 14 avril au 9 mai

La cartomancie du territoire
Kathia Rock, Marco Collin et Philippe Ducros (Les productions hôtel-motel) utilisent l’expérience vidéographique pour contempler l’immensité de notre territoire et aller à la rencontre des peuples autochtones.
Du 12 au 23 mai

Violette
Catherine Bourgeois (Joe Jack et John) invite le public à entrer, par le biais de la réalité virtuelle, dans l’imaginaire de femmes vivant en situation de handicap.
Du 13 mai au 7 juin



Espace Libre est un lieu de production et de diffusion théâtrales ouvert sur son quartier et sa ville, et à l’écoute de notre époque et des questions qu’elle provoque. Sa mission est de favoriser l’exploration et la représentation de l’ensemble de notre société, à travers des aventures scéniques où le plaisir s’accorde à la performance.  

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