50e anniversaire de l’UQAM: des réalisations qui ont changé notre monde

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Maude Dumas collaboration spéciale

Pour célébrer son 50e anniversaire, l’Université du Québec à Montréal a eu une belle et grande idée : nous faire voyager dans le temps en sélectionnant 50 projets exceptionnels qui ont contribué à l’avancement de la société québécoise.

En 1969, près de 4 000 étudiants ont franchi les portes de l’UQAM. En 2019, ils sont près de 40 000 à la fréquenter. Au fil de ces 50 années, ces étudiants et leurs professeurs ont travaillé et travaillent toujours au développement de projets à grande portée dans des domaines aussi diversifiés que la biochimie, les sciences sociales, l’environnement et le design.

Ces projets, on en dénombre des centaines. Et c’est à Catherine Mounier, vice-rectrice à la recherche, à la création et à la diffusion, que l’UQAM a confié la sélection de 50 réalisations remarquables, qui ont eu un effet transformateur majeur sur notre société, et qui ont été présentées dans le cadre d’un parcours-exposition à l’agora du pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM, ainsi que sur un site Web. Tout un défi, qu’elle a relevé avec une équipe interdisciplinaire et avec la participation de toutes les facultés – arts, communication, science politique et droit, sciences, sciences de l’éducation, sciences humaines – ainsi que l’École des sciences de la gestion. « Nous avons bien sûr impliqué les professeurs émérites, certains qui sont là depuis longtemps, voire depuis les débuts, et qui ont fait de l’UQAM une véritable université de recherche, précise Catherine Mounier. Enfin, ce projet n’aurait pas été possible sans la collaboration de notre Service des partenariats et du soutien à l’innovation. »

Les critères de sélection Chaque projet retenu devait non seulement se démarquer par sa force innovante et son audace, en tenant compte du contexte historique, mais surtout par la portée de son impact sociétal, qu’il soit de nature économique, scientifique, environnementale, technologique ou culturelle. Un facteur qui se mesure non seulement à l’échelle québécoise, mais aussi hors frontières, car plusieurs projets ont rayonné à l’international.

L’innovation sociale, hier, aujourd’hui et demain « L’innovation sociale est, depuis les débuts, la mesure de notre succès, et de grands noms de l’intelligentsia québécoise ont travaillé dans ce sens avec nous, affirme la vice-rectrice. Nous faisons de la recherche, oui, mais en tenant compte de la finalité sur le terrain. On ne parle pas de viser absolument le prix Nobel. On parle de développer un concept de garderies qui a changé la vie des familles et des femmes québécoises, de projets de loi qui portent sur les libertés individuelles, de trousses d’outils qui aident les municipalités à replanter des arbres en milieu urbain. Cette approche est une constante, jusque dans les domaines de l’administration ou du marketing : nous sommes plus engagés dans le développement durable et plus orientés en entrepreneuriat social que d’autres écoles de gestion. C’est ce qui nous définit. »

Si la vocation première est toujours bien présente, les choses ont évolué depuis 1969. L’UQAM, qui était à ses débuts orientée vers les premier et deuxième cycles, est aujourd’hui une université de recherche à part entière. Et les nouveaux projets ne manquent pas, comme l’explique Catherine Mounier : « Avec le réseau de l’Université du Québec, nous sommes en train de développer une nouvelle façon de concevoir la prévention et la santé communautaire dans un objectif de complémentarité avec les facultés de médecine. Nous continuons également à nous développer en tant que pôle incontournable sur les questions environnementales et à nous démarquer par notre approche intersectorielle : cela nous permet, par exemple, d’aborder les conséquences des inondations non seulement du point de vue du changement climatique, mais aussi du point de vue des effets psychologiques sur les populations riveraines. Enfin, nous travaillons à l’implantation d’un grand réseau international de recherche-action avec des universités francophones. Notre objectif est de mettre en commun les savoirs universitaires et les savoirs de la société. »

Quelques projets incontournables parmi les 50 retenus par l’UQAM

À la défense des droits de la personne

Une clinique pour combattre l’injustice sociale

La Clinique internationale de défense des droits humains de l’UQAM (CIDDHU), fondée en 2005 par les professeurs Bernard Duhaime et Caroline Hilling, est devenue une véritable référence, ici comme à l’étranger. Première clinique de la francophonie consacrée à la promotion et à la protection des droits de la personne, elle a développé une expertise de pointe dans des dossiers aussi chauds que les droits des migrants, les droits des Autochtones, la lutte contre la torture, les droits des femmes et la protection contre la violence sexuelle. Elle s’implique également dans la défense des ressources naturelles, dont dépendent tellement de personnes vulnérables.

Le programme d’enseignement, unique en son genre, est piloté par Mirja Trilsch, professeure au Département des sciences juridiques, et s’appuie sur une solide équipe d’avocats et de professeurs spécialisés. Ancré dans l’engagement étudiant, il mise sur la participation active de chacun à l’avancée de projets concrets, dont la réalisation s’effectue avec la collaboration d’organismes partenaires disséminés partout sur la planète.

Pendant leur formation, les étudiants du baccalauréat en relations internationales et droit international préparent des rapports et des mémoires, et présentent même des recours à des instances internationales. En parallèle, les étudiants développent de l’expérience clinique en direct avec des ONG et effectuent des stages, au Québec et à l’étranger, au cours desquels ils prêtent main-forte à des projets en accompagnant des intervenants sur le terrain. C’est ainsi que la CIDDHU appuie de nombreuses organisations qui défendent les droits de la personne, et qu’elle offre un soutien juridique gratuit aux victimes de violations.

Avec une approche alliant théorie et recherche-action, et une solide expertise en litiges et plaidoyers internationaux, la CIDDHU a formé à ce jour plus de 400 défenseurs des droits de la personne, qui travaillent sans relâche à bâtir un monde meilleur. Et son action ne s’arrête pas là, puisque la CIDDHU a participé à la création d’autres cliniques de droit international au Québec et ailleurs dans le monde.

Design urbain

Conception des bacs de recyclage de la Ville de Montréal

Dans un souci de préservation de l’environnement, la Ville de Montréal décide, au début des années 2010, d’augmenter le volume de collecte des matières recyclables sur son territoire. Pour ce faire, elle doit se munir d’un nouveau modèle de bac de recyclage résidentiel adapté à la réalité des immeubles de huit logements ou moins.

Le mandat est confié à une équipe de spécialistes regroupant les experts en environnement de la Ville de Montréal, la firme Instadesign et deux professeurs de l’École de design de l’UQAM, André Desrosiers et Koen de Winter, épaulés par les assistants de recherche Thien Nguyen et Stéphanie Vermeersch.

Le défi : concevoir, évaluer et mettre au point de nouveaux bacs à la fois ergonomiques, fonctionnels et parfaitement hermétiques, question d’empêcher les déchets de s’envoler, un problème souvent observé avec les premiers « bacs verts ». Le résultat de ce travail d’équipe : de nouveaux bacs de résine recyclée d’une capacité de 67 litres, faciles à manipuler dans les escaliers et parfaitement adaptés à la réalité de la vie en appartement. Autre particularité : ils tolèrent des températures de -60 °C et sont par conséquent adaptés aux rigueurs de l’hiver québécois. Dans l’esprit du développement durable, ces bacs ont des formes courbes qui en augmentent la résistance, et ils ont une durée de vie de sept ans.

Dès la première année, plus de 300 000 bacs au couvercle vert ont été distribués aux citoyens. On en compte aujourd’hui près de 500 000, et ils font désormais partie intégrante du paysage urbain montréalais.

Innovation environnementale

Un traitement-choc pour éradiquer les algues bleues

On trouve des algues bleues dans tous les lacs du Québec. Ces cyanobactéries ne causent normalement pas de problèmes, sauf lorsqu’elles prolifèrent de façon excessive. La surface de l’eau peut alors se couvrir d’efflorescences bleu-vert d’aspect rébarbatif, et les répercussions sur les écosystèmes aquatiques, la flore, la faune et la santé humaine peuvent être néfastes. Certaines cyanobactéries produisent des toxines pouvant causer des irritations cutanées et des allergies, et elles peuvent même s’attaquer au foie, au cerveau et au système nerveux. En raison de ces risques, la baignade est alors interdite.

C’est ce qui s’est produit en 2006 au lac Bromont, et les conséquences socioéconomiques ont été désastreuses pour cette région reconnue pour ses activités récréotouristiques. Il était impératif de découvrir la source du problème et de restaurer rapidement la santé du lac. Pour ce faire, l’OBNL Action conservation du bassin versant du lac Bromont a fait appel à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM.

C’était le coup d’envoi d’un programme de recherche mené sous la direction de la professeure émérite Dolores Planas, en collaboration avec Claire Vanier, du Service aux collectivités de l’UQAM, et une trentaine d’étudiants. Leurs études ont révélé que c’est l’accumulation de phosphore au fond du lac, dont les cyanobactéries se nourrissent, qui était à la source de la prolifération. La recommandation : un traitement non toxique au Phoslock, un produit composé d’argile et de lanthane (un métal), qui se fixe sur le phosphore pour l’emprisonner dans les sédiments. Résultat : les cyanobactéries ne peuvent plus s’en nourrir.

Cent soixante-quatorze tonnes de Phoslock et un an plus tard, la concentration de phosphore avait déjà diminué de 70 %, et ce, malgré un été chaud et pluvieux, propice aux proliférations. Depuis, l’interdit de baignade a été levé et les activités récréotouristiques ont repris.

Cette réussite spectaculaire de l’Institut des sciences de l’environnement a un excellent potentiel puisque les mêmes principes peuvent être mis en pratique pour enrayer la prolifération de cyanobactéries ailleurs au Québec et au Canada.

Création des CPE

La participation à une révolution économique, sociale et féministe

L’arrivée en force des femmes sur le marché du travail dans les années 1970 a soulevé un problème de taille : celui du manque criant de garderies fiables et abordables pouvant accueillir les enfants d’âge préscolaire. En 1978, pour appuyer des groupes de pression du mouvement féministe et du milieu syndical qui revendiquaient des services de garde universels et sans but lucratif, une équipe de recherche de l’UQAM a soumis le premier modèle d’un réseau de garderies financées à 80 % par l’État.

C’était la pierre d’assise d’un projet sociétal de longue haleine, auquel ont participé les professeures Ruth Rose et Francine Mayer, du Département des sciences économiques, ainsi que Diane Richard, une de leurs étudiantes à la maîtrise. Leur travail a contribué au dévoilement du réseau des CPE à 5 $ en 1997 par Pauline Marois, alors ministre de l’Éducation.

En permettant aux Québécoises de se tailler une place sur le marché du travail et de devenir financièrement autonomes, l’adoption de cette politique familiale novatrice a joué un rôle clé dans l’atteinte de l’égalité des sexes. Le taux d’emploi des mères de jeunes enfants a rapidement bondi, et la société québécoise a ainsi pu profiter de leur apport sur le marché du travail. Et n’oublions pas les tout-petits : les CPE, qui ne se limitent pas au rôle de simples services de garde, leur offrent depuis plus de 20 ans des services éducatifs de qualité dans un cadre sécuritaire et stimulant.

Le programme de garderies du Québec est un modèle en soi qui rayonne au pays et hors frontières : il est reconnu par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et par la Banque du Canada, ainsi que par le Fonds monétaire international.

Percées en recherche biomédicale

Les cellules cancéreuses dans la mire de l’UQAM

C’est un fait : un Canadien sur deux sera atteint de cancer au cours de sa vie, et au moins une personne dans l’entourage de chacun d’entre nous devra faire face à cette maladie. C’est pourquoi l’UQAM déploie tout un arsenal en recherche biomédicale, domaine dans lequel elle excelle, pour mener de front plusieurs projets porteurs en prévention, en amélioration des soins oncologiques existants et en développement de nouvelles thérapies.

Pour atteindre cet objectif, Angiochem et Katana Biopharma, deux sociétés de biotechnologie dérivées de l’UQAM, ont été mises sur pied au cours des dernières années. Sous la direction scientifique des professeurs Richard Béliveau et Borhane Annabi, du Département de chimie, et avec la collaboration de Michel Demeule et Alain Larocque, de la Chaire en prévention et traitement du cancer, ces entreprises conçoivent de nouveaux traitements de pointe ciblant directement les cellules cancéreuses.

Ainsi, Angiochem a développé des médicaments capables de franchir la barrière hématoencéphalique pour cibler et atteindre directement les lésions cancéreuses du cerveau. Il s’agit d’une avancée importante, les cancers cérébraux comptant parmi les plus difficiles à traiter.

Des essais cliniques de cette stratégie anticancer ont reçu l’aval de la Food and Drug Administration américaine et sont déployés dans une douzaine de centres hospitaliers de pointe aux États-Unis. Les résultats sont déjà prometteurs. Et ce n’est pas tout : l’approche ciblée développée par Angiochem pourra être déployée pour traiter d’autres maladies touchant le cerveau, comme l’Alzheimer et le Parkinson.

En parallèle, Katana Biopharma, acquise en 2019 par l’entreprise pharmaceutique montréalaise Theratechnologies, travaille à l’élaboration d’un autre type de médicaments ciblés, qui ont également la capacité d’atteindre de façon préférentielle les cellules cancéreuses en touchant un minimum de cellules saines. Le résultat : une réduction potentiellement importante des effets secondaires liés aux traitements du cancer. Des études cliniques sont prévues pour la fin de l’année 2020.

L’immunisation abordable pour 60 millions d’enfants

Création du premier vaccin semi-synthétique au monde

La bactérie pathogène Hæmophilus influenzæ de type B (Hib) cause des pneumonies et des méningites affectant principalement les enfants de moins de cinq ans. Jusqu’à 2004, de nombreux pays en développement – Cuba notamment – ne pouvaient se procurer de vaccin contre le Hib en raison des coûts élevés en recherche et en production. Résultat : un nombre important de décès qui auraient facilement pu être évités.

Alarmés par cette injustice flagrante, des chercheurs de l’UQAM ont travaillé en tandem avec leurs collègues de l’Université de La Havane pour développer une solution plus abordable. Le projet, codirigé par les professeurs René Roy et Vicente Verez Bencomo, respectivement du Québec et de Cuba, a mené à la création du tout premier vaccin semi-synthétique au monde, efficace à 99 % et, surtout, dix fois moins coûteux. De plus, lorsqu’il est injecté dans sa forme pentavalente – ou « cinq en un » –, ce vaccin offre une protection contre plusieurs infections majeures : non seulement le Hib, mais aussi le tétanos, la diphtérie, la coqueluche et l’hépatite B.

Le vaccin est offert dans 15 pays en développement et, depuis 2005, il a immunisé plus de 60 millions d’enfants. Grâce à son prix modique, il a fait diminuer l’incidence globale du Hib de 46 %. Et aujourd’hui, les cas de méningite et de pneumonie causés par cet agent pathogène ont été pratiquement éradiqués à Cuba.


50e anniversaire de l’UQAM: un parcours inspirant !

D’abord présentés sous la forme d’un parcours-exposition dans l’agora du pavillon Judith- Jasmin, ces 50 projets de recherche qui ont marqué non seulement l’histoire de l’UQAM, mais aussi celle du Québec, peuvent être consultés en ligne : parcoursimpact.uqam.ca.

On peut également jeter un coup d’oeil sur le très beau site consacré aux festivités du 50e anniversaire de l’UQAM pour suivre une fascinante ligne du temps qui va de l’opération ketchup-moutarde (1971) et du premier cours de féminisme (1972) à la construction du premier bâtiment vert (2005), en passant par les premiers pas en apprentissage machine (1980) et la fondation du centre gai et lesbien (1995). Pas étonnant que la thématique du 50e de l’UQAM soit l’audace ! 50ans.uqam.ca
Créée en 1969 avec la mission de démocratiser l’accès aux études supérieures, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) est une université publique dont le rayonnement est international. L’originalité et les caractéristiques propres de ses quelque 300 programmes, sa recherche de pointe ancrée dans les préoccupations sociales ainsi que ses innovations en création ont contribué à bâtir sa renommée.

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