L’IA à l’Université Laval: d’abord humaine et responsable

À l’Université Laval, on croit que les innovations de l’intelligence artificielle doivent servir le bien commun, assurer une croissance inclusive et participer au développement durable. Équipes de recherche, professeurs et étudiants se donnent comme défi supplémentaire de pousser plus loin les réflexions sur les effets de l’intelligence artificielle sur nos sociétés.

L’intelligence artificielle a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années. Les percées dans ce domaine ont également soulevé bien des questions éthiques et sociétales. Parmi les pistes de réflexion : leurs répercussions sur les individus et les sociétés. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’intelligence artificielle et du numérique (OBVIA) a été fondé en décembre 2018. « L’Observatoire, qui regroupe 180 chercheurs, 9 universités et 9 cégeps, interroge les innovations technologiques de façon critique dans le but de soulever des enjeux cruciaux. Nous voulons ainsi identifier des solutions plausibles à des problèmes éventuels », explique sa directrice Lyse Langlois. Cette dernière, professeure à la Faculté des sciences sociales et spécialiste de l’éthique appliquée, a récemment participé au Global Forum on Artificial Intelligence for Humanity de Paris où elle siégeait au comité organisateur composé des plus grands chercheurs de ce domaine. Parmi les sujets discutés, mentionnons la protection de la vie privée, la reconnaissance faciale et la discrimination dans la construction de systèmes algorithmiques.

Une approche interdisciplinaire Pour Lyse Langlois, l’éthique en matière d’IA est l’affaire de tous, pas seulement des chercheurs ou des philosophes. C’est pourquoi l’Observatoire se positionne en amont pour étudier les effets sociétaux de l’IA. Dans cette démarche, l’interdisciplinarité est absolument essentielle. « Avec l’Observatoire, nos experts en IA et en données vont engager un dialogue de haut niveau non seulement avec les spécialistes du droit, de la philosophie et des sciences sociales, à Québec, à Montréal et ailleurs, mais aussi avec les citoyens. C’est ce qui va guider nos réflexions », explique Christian Gagné, professeur titulaire à la Faculté des sciences et de génie et spécialiste en apprentissage machine. D’ailleurs, la participation de groupes de recherche provenant d’horizons variés et complémentaires (apprentissage machine, robotique, vision numérique, données géospatiales, données massives, etc.) fait de l’Université Laval un véritable écosystème naturellement transversal. Ce dernier est complété par plusieurs formations liées à l’IA dont la maîtrise en informatique-Intelligence artificielle et la maîtrise sur mesure en intelligence urbaine, dans lesquelles les stages en entreprise ou dans le milieu de pratique sont au cœur des programmes.

Des données du monde physique aux solutions concrètes L’IA développée sur le campus au cœur de la ville de Québec puise dans les données du monde physique (température, lumière, etc.), plutôt que dans les données du monde virtuel. De la création d’un capteur par les spécialistes en optique à la conception d’un algorithme par les experts en informatique jusqu’à l’utilisation dans le domaine de la santé pour poser un diagnostic de façon responsable et éthique, c’est toute une chaîne de valeur qui se met en place à l’Université Laval.

Les projets de recherche et de développement d’Alexandre Campeau-Lecours, professeur à la Faculté des sciences et de génie et membre du Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS), en sont un bon exemple. Les applications principales de ses travaux sont le développement d’assistances techniques pour les personnes vivant avec un handicap et les aînés (aides à l’alimentation, supports de bras et exosquelettes), l’ingénierie de la réadaptation et certaines applications industrielles. Grâce à des capteurs placés sur le fauteuil et le corps, Alexandre Campeau-Lecours reproduit les mouvements et analyse les impacts enregistrés lors d’un parcours. Il est ainsi en mesure d’ajuster la conception de ces fauteuils afin qu’ils soient plus confortables pour les personnes qui les utilisent.
Photo: Getty images Le développement d’assistances techniques pour les personnes vivant avec un handicap et les aînés est au cœur des travaux d’Alexandre Campeau-Lecours.

Cette chaîne de valeur implique plusieurs intervenants qui contribuent, par leurs différents champs d’expertise, à créer des solutions d’intelligence artificielle concrètes et appliquées. « Nous avons à l’Université Laval un vaste spectre d’expertises formant une chaîne de valeur, en plus d’une culture de collaboration permettant de mettre à profit différentes expertises, souligne Christian Gagné. Grâce à cela, nous abordons les problèmes dans leur globalité et proposons des solutions à la fois novatrices et pratiques. »

D’ailleurs, dans le contexte de l’augmentation de la quantité de données générées et exploitées dans tous les domaines du savoir ainsi que de la montée du numérique, l’Université s’est récemment dotée des infrastructures nécessaires pour traiter et exploiter des données massives avec un tout nouveau Centre de valorisation des données. Grâce à ce dernier, élément clé dans la chaîne de valeur, on pourra augmenter considérablement la capacité à gérer, à transporter et à traiter les données provenant des travaux de recherche et de diverses sphères d’activité.

En ce sens, l’Université Laval et Intact Corporation financière ont récemment mis sur pied deux chaires qui permettront de développer la recherche et l’enseignement dans les domaines de l’IA et de l’actuariat, soit la Chaire de recherche industrielle CRSNG - Intact Corporation financière sur l’apprentissage automatique en assurance de François Laviolette et la Chaire de leadership en enseignement (CLE) et en analyse de données massives pour l’actuariat - Intact de Marie-Pier Côté. Les recherches sur l’apprentissage automatique permettront entre autres des avancées dans le secteur de l’assurance, mais également dans de nombreux autres domaines, comme le diagnostic médical, à titre d’exemple.

Placer le citoyen au cœur de la révolution 4.0

Les révolutions précédentes touchaient principalement l’aspect physique, avec la mécanisation grâce aux machines à vapeur, l’électrification, le travail à la chaîne puis l’arrivée de l’informatique et des réseaux de communication. La quatrième révolution industrielle est en train d’automatiser des aspects cognitifs. Les conséquences risquent d’être nombreuses et significatives tant sur le travail que sur la vie quotidienne.

Parmi les principaux acteurs en IA à l’Université Laval, mentionnons François Laviolette, directeur fondateur du Centre de recherche en données massives pour qui la révolution 4.0 propulsée par l’IA offre un énorme potentiel. « Nous pouvons utiliser toute la force de notre capacité d’analyse pour favoriser des améliorations majeures dans différents domaines, qu’il s’agisse de la conduite automatique, de l’aéronautique ou de la médecine de précision, par exemple, pour donner le bon médicament au bon patient au bon moment. La compréhension et la validation des prévisions sont extrêmement importantes ; avec une technologie aussi performante, il faut protéger les citoyens de toute dérive potentielle. L’Observatoire, dirigé par Lyse Langlois, est un fer de lance pour s’en prémunir. »

Lyse Langlois, Christian Gagné et François Laviolette


Pour en savoir plus:
https://www.ulaval.ca/intelligence-artificielle

Animée d’une profonde culture de développement durable, l’Université Laval forme des générations étudiantes engagées et créatrices, des citoyens et citoyennes de premier plan, des scientifiques et des leaders en entrepreneuriat exerçant une influence marquée sur l’évolution des sociétés. Ouverte sur le monde, l’Université Laval vise l’excellence en enseignement et en recherche. Référence pour ses partenaires autant que source d’inspiration, elle rassemble les forces du changement – au cœur de l’effervescence universitaire de la ville de Québec.

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