Métiers d’art: 30 ans au service des artisans du Québec

<p>Coffrets de bois par Denis Lavertu, ébéniste</p>

<p> </p>
Photo: Benoit Rousseau

Coffrets de bois par Denis Lavertu, ébéniste

 

Contenu partenaire

Joailliers, souffleurs de verre, maroquiniers, vitraillistes, etc., le Québec compte environ 2500 artisans installés d’un bout à l’autre de la province. Des professionnels qui, en plus de faire rayonner le savoir-faire d’ici, participent à la vie économique et culturelle de leur petit coin de pays.

Il suffit de quitter les autoroutes et de s’attarder quelques instants dans les villages partout dans la province pour se rendre compte à quel point l’artisanat demeure bien vivant au Québec. Certaines régions en ont même fait leur marque de fabrique, comme Kamouraska ou encore la municipalité de Saint-Élie-de-Caxton, en Mauricie, où des communautés d’artisans se sont formées. « Tout ça s’est fait assez naturellement, note Martin Thivierge, le directeur général du Conseil des métiers d’art du Québec (CMAQ). Les diplômés reviennent souvent chez eux après avoir suivi leur formation et il se forme des sortes de communautés de jeunes artisans qui font vivre la culture dans les régions et qui attirent les visiteurs. » Des visiteurs désireux d’acquérir des créations originales, conçues par l’artiste qui les vend et produites certes parfois en série, mais toujours à la main. « On développe des liens personnels avec les clients en 30 secondes, raconte l’ébéniste et designer Benoit St-Jean. On est comme des thérapeutes. »

« Ce sont vraiment des pièces uniques », ajoute sa compagne et partenaire de création, Caroline Roberge. Ensemble, ils ont créé l’œuf du réconfort, une pièce de bois lisse à la fois objet sensoriel, balle de stress et jouet de relaxation. « Une femme l’a pris dans ses mains et elle s’est mise à pleurer, raconte Caroline. Ça a fait sortir ses émotions. La relation entre le client et l’artisan, elle existe, elle est forte. »
 
Photo Benoit Rousseau Oeuvres en céramique par Nadine Desmarais, céramiste.
Label « Signé métiers d’art » « Ce label garantit que le produit a été fabriqué selon des normes et une qualité approuvées, précise M. Thivierge. Qu’il y a derrière un artiste professionnel qui a une formation solide et qui a développé au cours des années un savoir-faire et des qualités de concepteur et de producteur. » Ce qui crée des objets uniques qui ont leur propre histoire. Des objets assurément de qualité, dès lors qu’ils sont estampillés « Signé métiers d’art ». La mise en place de ce label est l’un des nombreux gestes posés par le Conseil des métiers d’art du Québec depuis sa création il y a trente ans. Cet organisme, né de la loi S-32.01 sur le statut de l’artiste promulguée en 1988 et mise en application l’année suivante, a pour objectif de défendre les intérêts des artisans d’ici, de promouvoir leur talent tant au Québec qu’au Canada et ailleurs dans le monde, tout en assurant au consommateur une production de qualité. « Les métiers d’art, ce sont toutes les techniques particulières de transformation de la matière, indique Martin Thivierge. Il peut s’agir de bois, de cuir, de textiles, de métaux, de silicates, etc. Il existe une soixantaine de métiers d’art au Québec. Traditionnellement, la province est reconnue pour sa joaillerie, sa céramique et son ébénisterie. »

Rayonnement à l’international Environ 2500 artisans œuvrent dans ces métiers, 1300 d’entre eux étant membres du CMAQ. Ils bénéficient d’un vaste programme de formation continue dans différents domaines allant de la création à la production, en passant par la diffusion, la mise en marché, les nouvelles technologies et la gestion d’entreprise.

Le Conseil organise également chaque année trois grands salons et joue par ailleurs les lobbyistes auprès des décideurs, toujours dans le but d’améliorer les conditions socio-économiques des artisans. Une tâche qui n’est pas toujours simple à accomplir tant le secteur souffre d’un manque de notoriété et de visibilité.

« Aujourd’hui, tout le monde peut se dire artisan, regrette M. Thivierge. C’est un problème parce que ça masque le talent de ceux qui le sont vraiment. Il y a des artisans d’ici qui rayonnent. À l’international même. » Il pense notamment à la céramiste Pascale Girardin, dont les créations sont vendues aux États-Unis et aux Émirats arabes, à Claudio Pino, qui crée des bagues pour le gratin d’Hollywood, au céramiste et designer Koen De Winter, exposé au MOMA à New York, ou encore à la joaillière émailleuse Aurélie Guillaume, toute jeune, mais dont la carrière est déjà établie en Asie, en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

« Malheureusement, aussi reconnus soient-ils, ces artistes ne font pas partie d’un star-système, poursuit-il. Pourtant, il est indéniable que les artisans contribuent localement à la vie économique, culturelle et sociale de leur région. Cela devrait être mieux valorisé. » Une position que le CMAQ compte bien continuer à défendre de toutes ses forces auprès de la classe politique, jusqu’à obtenir de véritables résultats.

LES MÉTIERS D’ART CHEZ NOUS


Le Québec compte 2500 artisans, dont 1300 sont membres du CMAQ.

Quelque 60 métiers d’art coexistent dans la province. La joaillerie, la céramique et l’ébénisterie sont les trois principaux.

En 2010, les métiers d’art ont contribué au PIB du Canada à hauteur de 2,8 milliards de dollars.

Au Québec, le chiffre d’affaires global des artisans professionnels est estimé à 300 millions de dollars.

1910 – L’école technique de Montréal ouvre ses portes.

1922 – L’école des beaux-arts de Montréal (EBAM) et l’École des beaux-arts de Québec (EBAQ) sont fondées. Deux ans plus tard, la section céramique ouvre ses portes à Montréal.

1965 – La construction du métro de Montréal suscite la création de nombreuses œuvres de métiers d’art.

1988 – La Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, des métiers d’art et de la littérature et sur leurs contrats avec les diffuseurs (S-32.01) est promulguée.

1989 – Le Conseil des métiers d’art du Québec (CMAQ) voit le jour. 2008 – Le Québec est l’invité d’honneur au Carrousel des métiers d’art et de création, à Paris.

2019 – Le CMAQ célèbre ses 30 ans de passion et d’innovation !


 

À propos
Sous le chapeau du Conseil des métiers d’art, on retrouve un service de formation continue et d’accompagnement, trois événements majeurs (le Rendez-vous maestria — patrimoine architecture, le Salon des métiers d’art du Québec à Montréal, et Plein Art, le salon des métiers d’art à Québec), ainsi que deux boutiques. Le CMAQ signe aussi de nombreux événements de reconnaissances tels que le prix Jean-Marie-Gauvreau, une des plus hautes distinctions en métiers d’art au Québec, ainsi que le prix François-Houdé, remis en collaboration avec la Ville de Montréal. Ce prix, fondé en 1996 afin de promouvoir l’excellence de la nouvelle création montréalaise en métiers d’art et de favoriser la diffusion d’œuvres des jeunes artisans, est jumelé à une exposition organisée en collaboration avec La Guilde.

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir en collaboration avec l’annonceur. L’équipe éditoriale du Devoir n’a joué aucun rôle dans la production de ce contenu.