Ce qu’il ne fallait pas manquer cette semaine

La planète médiatique américaine a abondamment traité la question du malaise d’Hillary Clinton cette semaine, se demandant si son état de santé actuel lui permettrait d’assumer la présidence.
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse La planète médiatique américaine a abondamment traité la question du malaise d’Hillary Clinton cette semaine, se demandant si son état de santé actuel lui permettrait d’assumer la présidence.

Contre-attaque de l’industrie du taxi contre Uber, débats vifs au Parti québécois, trêve en Syrie, abolition des frais accessoires au Québec, débats autour de la santé d’Hillary Clinton : voici ce qu’il ne fallait pas manquer cette semaine.


Photo: Pedro Ruiz Le Devoir


Furieuse de l’entente conclue entre Québec et Uber, l’industrie du taxi a contre-attaqué cette semaine. Réunis dimanche dernier en assemblée extraordinaire, où ils se sont montrés particulièrement excédés, les membres du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM) ont convenu d’entreprendre une action collective contre le gouvernement durant la semaine.

Une rencontre le lendemain avec le ministre des Transports, Laurent Lessard, n’a pas réglé les différends. Québec a maintenu que « l’entente a été conclue dans un cadre légal » alors que l’industrie, elle, a déploré le manque d’écoute du gouvernement. « Nous demandions la suspension de l’entente le temps de faire les études nécessaires, mais ça n’a pas été possible », a déclaré le porte-parole du RTAM, Benoit Jugand.

En réunion de concertation, mardi, l’industrie du taxi a convenu d’expédier mercredi une mise en demeure au gouvernement et de déposer, jeudi, une demande d’injonction provisoire contre le ministère des Transports et Uber Canada afin d’empêcher l’entrée en vigueur du projet-pilote. Étudiée vendredi, la demande a été prise en délibéré par le juge Michel Déziel, qui rendra sa décision mardi prochain.

Sur le terrain, le service d’Uber ne semble pas encore considéré comme légal puisque Contrôle routier Québec et le Bureau du taxi de Montréal, qui applique la loi sur l’île de Montréal, ont procédé à des saisies de véhicules durant la semaine. Le Devoir a tenté d’obtenir des explications de la part d’Uber, sans obtenir de réponse.

 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne
 

Houleux: c’est le ton qu’a eu le premier débat officiel entre les prétendants à la direction du Parti québécois (PQ), dimanche, à Sherbooke. La question de l’indépendance a généré des échanges si vigoureux, à un moment, que l’animateur a dû demander aux techniciens de couper les micros d’Alexandre Cloutier et de Jean-François Lisée.

Comme lors du débat non officiel de la semaine dernière, Alexandre Cloutier a été la cible de ses rivaux, qui lui ont reproché son « ambiguïté ». Jean-François Lisée a même prédit que le parti vivrait un « traumatisme » avec le plan d’accession à l’indépendance de son rival, qui donnerait le dernier mot sur le calendrier référendaire aux participants d’un conseil national au début de 2018, soit à six mois des prochaines élections générales.

Deux jours plus tard, mardi, les quatre candidats se sont réunis à Drummondville, où cette fois les échanges ont été vifs au sujet de la laïcité. Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée se sont encore une fois affrontés sur leurs positions mutuelles, au point où Martine Ouellet leur a reproché, le lendemain, de la mettre de côté.

Toujours dans le cadre de la course à la chefferie, Le Devoir poursuit ses grandes entrevues avec chacun des candidats. Nous avons rencontré cette semaine Jean-François Lisée, qui propose une « discussion » sur l’interdiction de la burqa et du niqab dans l’espace public. « Ce débat-là, affirme le candidat, il nous est imposé par la conjoncture, l’actualité locale et internationale. »

À relire: nos discussions avec Martine Ouellet, qui s’oppose à « l’attentisme, le défaitisme » de ses adversaires qui ont intériorisé, dit-elle, l’argumentaire fédéraliste, et avec Alexandre Cloutier, qui croit en une charte de la laïcité qui diviserait moins que la charte des valeurs.

Consultez notre graphique sur les appuis à chaque candidat

Consultez notre tableau comparatif des principaux engagements des candidats :

Alexandre Cloutier
Jean-François Lisée
Martine Ouellet
Paul St-Pierre Plamondon
 

 
 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne
 

C’était un sujet controversé sur lequel Québec a finalement tranché. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est passé de la parole aux actes en annonçant, mercredi, l’abolition des frais accessoires par voie de règlement. « C’est la résolution d’un irritant qui a été nombre de fois, nombre de fois mis sur la table », a répété le ministre en point de presse à l’issue du Conseil des ministres.

Ces actes médicaux ne feront pas l’objet d’une enveloppe budgétaire supplémentaire : ce sont les médecins qui absorberont la note à même leur rémunération globale de 7 milliards, a insisté le ministre. « Il n’y aura pas un sou supplémentaire compensatoire donné en rémunération des médecins pour l’absorption de ces frais. »

Au lendemain de l’annonce, les médecins spécialistes ont affirmé ne pas vouloir éponger les coûts des appareils onéreux et du personnel infirmier et technique pour les faire fonctionner. Sur cette question, le ministre Gaétan Barrette s’est toutefois montré intraitable.

Approuvé par le Conseil des ministres, le règlement, que permet la loi 20, sera publié le 28 septembre. Son entrée en vigueur est prévue pour le début de janvier 2017.

 
Photo: Youssef Karwashan Agence France-Presse
 

Depuis lundi, les hostilités sont interrompues en Syrie, où une trêve amorcée par Moscou et Washington tente encore une fois de mettre un terme à ce conflit dévastateur qui a fait plus de 300 000 morts en cinq ans.

Le régime de Bachar al-Assad a gelé ses opérations militaires, tandis que dans les zones rebelles, le silence régnait en soirée, lundi. Comme lors de la trêve précédente, en février, le groupe État islamique et le front Fateh al-Cham (une branche d’al-Qaïda) en sont toujours exclus — bien que les zones où ils opèrent, elles, restent floues.

Dans un calme relatif, les familles syriennes ont ainsi pu célébrer lundi la fête musulmane de l’Aïd al-Adha. Le lendemain, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie saluait même une « baisse significative de la violence » dans le pays.

Mais de vifs combats opposant le régime aux rebelles près de Damas, vendredi, ont sévèrement ébranlé la trêve, qui tenait tant bien que mal depuis quatre jours. Une importante réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, qui devait se tenir vendredi soir à New York, a aussi été annulée à la dernière minute à la demande des deux parrains de la trêve, laissant en suspens l’issue des discussions.

Quant à l’aide humanitaire, elle se fait toujours attendre dans plusieurs villes, dont Alep, où les quelque 250 000 habitants manquent de tout. Faute de garanties de sécurité, des camions remplis de nourriture et de médicaments sont toujours bloqués dans une zone tampon entre les frontières turque et syrienne.

 
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse
 

Semaine difficile pour Hillary Clinton : sa campagne a connu un « coup de chaud » à la cérémonie commémorative du 11-Septembre, dimanche dernier à New York, lorsque la candidate démocrate a dû quitter prématurément l’événement en raison d’un vertige. Ce n’est qu’en fin de matinée, tout sourire, qu’elle est reparue devant les caméras.

Plus tard dans l’après-midi, après des heures de silence, on apprenait qu’Hillary Clinton souffrait d’une pneumonie, ce qui l’a forcée à annuler ses déplacements prévus les jours suivants. Le lendemain, déjà en meilleure forme, Hillary Clinton promettait la transparence sur sa santé par la divulgation de nouveaux documents médicaux. La candidate a pu redémarrer sa campagne jeudi, guérie de sa pneumonie et prête à affronter Donald Trump, après que son médecin l’eût déclarée « apte à servir comme présidente ».

La planète médiatique américaine a abondamment traité la question du malaise d’Hillary Clinton, se demandant si son état de santé actuel lui permettrait d’assumer la présidence. Cette question est rarement posée au Canada et la réponse est rarement satisfaisante. Nous avons survolé des approches distinctes.


Deux commémorations

Cette semaine, les États-Unis et le Québec ont commémoré deux événements tragiques : le 11-Septembre (2001) et la fusillade au collège Dawson (2006).

À New York, dans un climat tendu, des milliers de personnes se sont réunies à Ground Zero, là où les tours du World Trade Center, frappées par des avions kamikazes, se sont écroulées il y a maintenant 15 ans. Bien que la commémoration soit survenue en pleine campagne électorale, les deux candidats à la présidence ont convenu de faire trêve de partisanerie, dimanche.

Quel bilan faire de ces quinze années ? À l’insécurité qu’inscrit ce drame dans le quotidien occidental, on trouve cinq héritiers : le contrôle de l’immigration, un nouveau régime de lois, un ressac antiféministe, le contrôle de l’information et les théories fabulistes.

Au Québec, la tragédie du Collège Dawson, survenue il y a 10 ans, a eu l’effet d’un électrochoc pour les écoles, du primaire à l’université, qui ont renforcé leurs mesures de sécurité. Caméras de surveillance, portes verrouillées, exercices de confinement des élèves en cas d’intrusion d’un tireur fou : le souvenir de la fusillade du 13 septembre 2006, où Kimveer Gill a abattu l’étudiante Anastasia De Sousa et blessé 16 personnes avant de retourner son arme contre lui, a créé une onde de choc qui se fait encore sentir.

Dix ans plus tard, les recommandations du coroner Jacques Ramsay, qui a écrit en 2008 un rapport en se penchant sur divers aspects de l’événement, ont-elles été suivies ? En partie, révèle une analyse.

De nouveaux visages

Cette semaine, Le Devoir a accueilli une nouvelle équipe de collaborateurs, qui alimentera la circulation des idées et le débat public, suivant la tradition du journal.

Pierre Trudel, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal et chercheur associé au CEFRIO, s’est penché sur Facebook et la nudité.

Denis Ferland, ex-correspondant parlementaire à Radio-Canada, a commenté le débat chez les néodémocrates dans NPD : le retour aux sources.

Fabrice Vil, cofondateur et directeur général de Pour 3 points, a posé cette question : à qui le fardeau premier du progrès technologique ?

Élisabeth Vallet, directrice de la chaire Raoul-Dandurand, est quant à elle de retour dans nos pages pour commenter la politique américaine avec Santé, mensonges et présidentielle.