La cuisine suisse, simple et conviviale

Le local de La Grolla se veut une évocation des chalets montagnards avec appliques de bois brut, déco rustique et tissus à carreaux. Et les lieux fleurent bon le fromage.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le local de La Grolla se veut une évocation des chalets montagnards avec appliques de bois brut, déco rustique et tissus à carreaux. Et les lieux fleurent bon le fromage.

Dans les régions alpines, la grolla est une coupe à boire associée à la convivialité. Sa facture toute simple, en bois, rappelle ses origines modestes. C’est aussi le nom d’un petit resto suisse qui, à défaut de se nicher en montagne, frappe le regard lorsqu’on parvient au sommet d’un bon dénivelé de Québec, la côte d’Abraham. Sa spécialité ? La fondue. Avec le curieux hiver que nous avons, cette promesse de cuisine réconfortante suffit à me décider. En route pour La Grolla.

Quand les terroirs se rencontrent

Le local se veut une évocation des chalets montagnards avec appliques de bois brut, décos rustiques et tissus à carreaux. Et les lieux fleurent bon le fromage. Pour commencer le repas, mon amoureux et moi dévions pourtant un peu de l’héritage helvète et partageons une fondue de Bacchus, dont le riche bouillon, parfumé au vin rouge et où mijotent des champignons sauvages, accueille en frémissant nos fines lanières de boeuf.

Pour faire bonne mesure, nous avons cru bon (et bien fait) de faire ajouter une petite assiette de crudités, ce qui nous permet de prolonger le plaisir avec, tour à tour, du brocoli, des champignons, de l’oignon ainsi que des poivrons rouges et verts. La caution santé, quoi.

Vous aurez bien sûr reconnu la fondue dite chinoise, dont le principe est ancien mais qu’on ne connaît au Québec que depuis le milieu du XXe siècle. Or, il ne sera pas dit que nous ne mangerons pas de fromage dans un resto suisse ! Faites-moi confiance.

On fond pour la fondue

Je me suis amusée à réaliser un petit vox-pop auprès de mes proches pour savoir ce qu’ils associent spontanément au terme « fondue ». Parmi les réponses, les mots « chaleur », « partage » et « convivialité » ressortaient du lot.

Si elle est indubitablement conviviale, la fondue est pourtant née d’une pratique d’économie domestique : pour valoriser leurs restes de fromage, les paysans les faisaient fondre pour y tremper des bouts du pain de la veille. Cette savoureuse idée s’est propagée dans de nombreuses régions, notamment en zone alpine. On en trouve aujourd’hui de nombreuses variantes en Suisse et dans le nord-est de la France.

Désireux de souscrire à la tradition suisse tout en ne dérogeant pas à ses principes locavores, mon homme a choisi… la fondue Charlevoisienne, faite d’un mélange de Hercule et de 1608 de la laiterie Charlevoix. Pendant près d’une heure, il y trempera croûton sur croûton dans un bonheur absolu.

Honneur aux appellations suisses

Pour ma part, j’ai troqué le caquelon pour le four traditionnel suisse : en effet, j’ai opté pour la formule raclette, une autre spécialité où une généreuse part de fromage — une A.O.C. suisse commodément nommée Raclette — est mise à griller… et à mesure que sa surface exposée au grill devient colorée et croustillante, on la prélève au couteau.

Le boeuf séché du canton des Grisons est un parfait accompagnement, avec les pommes de terre grelots (contenues dans un petit sac de jute tout mignon qui les garde chaudes), des marinades et bien sûr du pain.

La contrepartie liquide du repas, du début à la fin, est le bien nommé Château de Ripaille : ce vin blanc frais et aromatique est une A.O.C. de Savoie dont les notes chantantes et peu communes sont dues au chasselas, un cépage d’origine suisse. Le compagnon idéal pour tout ce fromage, tant suisse que québécois !

Auriez-vous encore faim, par hasard ? Moi pas, mais Dave se laisse tenter par les profiteroles. Avec leur coeur à la crème et leur coulis de vrai chocolat suisse, ils sont délicats mais fort consistants. Une chance qu’on a une « petite marche » à faire pour rentrer !

Les plus : Décor amusant et chaleureux, plats généreux et savoureux.
Les moins : Un peu cher, tout de même ; la musique lounge américaine à des années-lumière du terroir suisse ou québécois…

Coût pour deux, nourriture seulement, avant taxes : 100 $. Coût total pour deux (y compris alcool, taxes et service) : 188 $.

Légendes

Légendes
★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

Restaurant La Grolla

★★★

815, côte d’Abraham, Québec, ☎ 418 529-8107, $$$