Quand des abeilles chauffent une serre d’orchidées

Les abeilles en activité, même l’hiver, dégagent de la chaleur qui est récupérée pour chauffer la serre.
Photo: Lise Gobeille Les abeilles en activité, même l’hiver, dégagent de la chaleur qui est récupérée pour chauffer la serre.

Chauffer une serre avec la chaleur dégagée par des ruches entreposées pour l’hiver ! C’est ce que fait Raymond Lussier, technologiste de laboratoire médical à la retraite, producteur de miel et collectionneur d’orchidées.

Étonnamment, les ruches sont une source considérable de chaleur car elles sont maintenues à 35 °C par les abeilles qui n’y sont jamais en dormance. Si la température augmente, la chaleur est aussitôt évacuée de la ruche par les abeilles. Toutefois, comme l’entrepôt d’hivernage est à 3 °C afin d’éviter que les abeilles ne s’activent et sortent de leur ruche, cette chaleur doit sans cesse être extraite.

Généralement, elle sert à chauffer un espace de travail, mais Raymond Lussier et son fils Jérémie ont innové en la récupérant pour chauffer la serre adossée au bâtiment.

Photo: Lise Gobeille Raymond Lussier, producteur de miel et collectionneur d’orchidées, tient deux «paphiopedilums».

En bref, comment ça fonctionne ? La chaleur de 700 ruches est captée par un système de réfrigération qui fonctionne comme une thermopompe. L’installation du système s’élevait à 3000 $.

Si on considère que les coûts de chauffage d’un système traditionnel pour une serre de la même dimension, soit six mètres sur neuf, sont de 3000 $ par année, l’économie est substantielle ! Ce système est autonome à 100 %. Si la température descend en bas de moins 10 °C, un poêle à bois vient à la rescousse. Et s’il y a urgence, un système d’appoint électrique peut prendre le relais. Il n’y a aucun risque à prendre quand on a rassemblé une collection d’orchidées, une plante à la fois, au cours des 20 dernières années.

Mais M. Lussier ne les cultive pas uniquement pour admirer leurs fleurs extraordinaires. Il pousse plus loin son plaisir en les hybridant, en les reproduisant dans son laboratoire et en sélectionnant les plus belles. Il a enregistré à la Royal Horticultural Society, en Angleterre, huit nouveaux hybrides de lycastes et 40 d’epidendrums, tout en développant une nouvelle lignée d’oncidiums.

D’ailleurs, un hybride de cette lignée, Wilsonara Louise Blanchette, nommé en l’honneur de sa femme, a remporté deux prix de l’American Orchid Society. En tout, 30 de ses plantes ont gagné des prix, soit pour la qualité de leurs fleurs, soit pour celle de leur culture. Actuellement, il affectionne particulièrement les phragmipediums et les paphiopedilums, les cousins tropicaux de nos cypripèdes.

Sa collection comprend notamment 825 variétés de paphiopedilums et 360 de phragmipediums, contre 950 orchidées d’autres genres. Mais, comme pour tout collectionneur, l’espace est venu à manquer ; aussi, il faut bien rentabiliser un peu sa passion… Voilà pourquoi M. Lussier est devenu un collectionneur-vendeur.

On peut se rendre chez lui pour un petit pot de miel et une orchidée, mais sur rendez-vous seulement. Sinon, il est présent dans les différentes expositions d’orchidées au Québec.

D’ailleurs, l’Orchidexpo organisée par la Société des orchidophiles de Montréal se tiendra les 19 et 20 mars au collège de Maisonneuve. Une belle sortie pour découvrir la diversité fascinante des orchidées et rencontrer des vendeurs d’ici et d’ailleurs.
Raymond Lussier : 450 464-4649.