Un tour du monde de l’agriculture urbaine

Une vue sur le jardin communautaire L’Églantier, situé à l’angle du boulevard Rosemont et de la 31e Avenue.
Photo: Lise Gobeille Une vue sur le jardin communautaire L’Églantier, situé à l’angle du boulevard Rosemont et de la 31e Avenue.

Dans le cadre des événements grand public de l’École d’été sur l’agriculture urbaine à Montréal, Jennifer Cockrall-King, journaliste indépendante canadienne spécialisée dans l’alimentation et la cuisine, nous a entretenus sur le thème « L’alimentation et la ville : l’agriculture urbaine et la nouvelle révolution alimentaire ». Un mouvement en essor : l’agriculture urbaine dans huit villes et six pays.

 

Vers la fin du XIXe siècle, Paris était un modèle de ville nourricière et autosuffisante en légumes frais ; elle en exportait même vers l’Angleterre ! Toutefois, jusqu’à récemment, le jardinage avait presque complètement disparu du paysage parisien. Mais grâce en particulier au programme Main verte, créé en 2003, de petites parcelles de toutes formes apparaissent dans la ville. Actuellement, la grande région de Paris compte 130 jardins partagés. Par ailleurs, un citoyen doit débourser 90 euros (environ 130 $) par année pour sa parcelle. En comparaison, à Montréal, les frais tournent autour de 25 $.

 

À Londres, le jardinage est demeuré populaire depuis l’ère victorienne. La preuve : on peut attendre plus de 20 ans pour avoir accès à un jardin communautaire. Ce qui, toutefois, ne rebute pas certains citoyens, qui cultivent sur toutes les surfaces qui leur sont disponibles : toit, balcon, bord de fenêtre… Pour tenter de combler une partie de la demande, en 2012, pour les Jeux olympiques, 2012 jardins ont été inaugurés, pour le plus grand plaisir de plusieurs personnes. Aussi, Londres possède 10 fermes urbaines sur son territoire et des vignes avec lesquelles on fabrique un vin urbain !

 

En 2009, Vancouver a produit un document intitulé Vancouver 2020. A Bright Green Future, dans lequel plusieurs initiatives en agriculture urbaine sont énoncées. La Ville propose notamment aux propriétaires de terrains vacants une réduction de taxes si ces derniers sont convertis en espaces de production maraîchère.

 

En 2010, dans le Downtown Eastside, a émergé d’un ancien stationnement une ferme de 1580 mètres carrés, SoleFood Farm. Avant tout une entreprise de réinsertion sociale, SoleFood a produit 4500 kilos de légumes vendus dans les marchés et dans les restaurants. 10 % de la récolte est donnée aux organisations communautaires environnantes qui travaillent en sécurité alimentaire.

 

À Kelowna, une petite ville à 400 kilomètres de Vancouver, Curtis Stone, qui a fondé Green City Acre, pratique l’agriculture selon un modèle appelé SPIN, l’acronyme de Small Plot Intensive. Cette méthode permet d’éliminer deux barrières importantes pour un jeune fermier : la terre et le capital. Les terrains utilisés lui sont soit prêtés, soit loués à peu de frais par des citadins, et l’équipement est minimal. Après un an, sur ces 2025 mètres carrés, M. Stone avait produit 24 récoltes différentes et fait un profit de 20 000 $. greencityacres.com.

 

À Chicago, The Plant est un projet de Bubbly Dynamics, LLC qui est installé dans une ancienne usine de transformation de viande, Le Peer. Son but est de développer et de présenter un processus de développement durable en agriculture qui soit totalement indépendant du point de vue énergétique et qui recycle tous ses déchets. Actuellement, des tilapias sont produits en aquaponie, un mode de culture où l’on élève des poissons dans les bassins où l’on cultive aussi des plantes ; ainsi, les déjections des poissons leur servent d’engrais.

 

Le maire de Séoul a décrété 2012 Année de l’agriculture urbaine et, pour l’occasion, des jardins et des vergers ont été aménagés dans les parcs publics. Avec les 10 millions d’habitants de Séoul, il n’en demeure pas moins que l’espace pour jardiner manque toujours et que les toits et les balcons se sont transformés en potagers.

 

À la suite de l’effondrement de l’Union soviétique, Cuba s’est retrouvée dans les années 1990 aux prises avec une crise économique majeure et à un manque criant d’approvisionnement en nourriture. Pour faire face à l’urgence, un plan d’agriculture urbaine a été élaboré et est devenu la pierre angulaire du système de production souvent présenté comme un modèle de sécurité alimentaire et d’agriculture urbaine.

 

Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest, a lancé un projet fantastique et surprenant… En 1998, la communauté a transformé en serre une vieille aréna dans le but d’offrir aux citoyens la possibilité de faire pousser des légumes et des fruits, dans une région où les produits frais sont peu disponibles et très chers. Unique en son genre, ce jardin communautaire de 74 parcelles connaît un franc succès et on y cultive même des pastèques !

 

Quelques chiffres qui font réfléchir à propos de la production industrielle. Nos aliments parcourent en moyenne 2443 kilomètres avant d’arriver dans nos assiettes. Aux États-Unis, 70 % des antibiotiques sont utilisés dans les parcs industriels d’engraissement du bétail, les Concentrated Animal Feeding Operation (CAFO), avec les risques que cela comporte. Puis, même si le choix dans nos supermarchés nous paraît impressionnant, l’Europe a perdu 75 % de la diversité de son alimentation et les États-Unis, 93 %. D’ailleurs, notre alimentation est basée presque uniquement sur trois grains : le blé, le maïs et le riz.

 

Jennifer Cockrall-King est l’auteure d’un livre paru uniquement en anglais, Food and the City : Urban Agriculture and the New Food Revolution.

 

Bonsaï et penjing

 

La Société de bonsaï et penjing de Montréal organise sa grande exposition annuelle les 5, 6 et 7 septembre au grand chapiteau du Jardin botanique de Montréal. Cet art de la miniaturisation des arbres et de la création de paysages est tout simplement fascinant, et c’est l’occasion d’admirer des spécimens exceptionnels réalisés par des collectionneurs expérimentés. Également, des ateliers, des conférences et des démonstrations sont offerts, ainsi qu’une visite guidée le dimanche.

 

Les jardins de la Maison Antoine Lacombe surprennent par la diversité de leurs végétaux et de leurs aménagements superbement entretenus. On déambule d’abord sur des sentiers sinueux dans le jardin à l’anglaise, qui comprend plusieurs espaces : le sous-bois, l’étang, le jardin blanc… Ensuite, on quitte cette atmosphère intime pour découvrir des jardins français classiques avec fontaine, roseraie et de multiples petits jardins thématiques.

 

Les jardins sont associés à l’entreprise de Normand Tellier, de Lanaudière, un leader dans le monde horticole, qui y présente dans des arrangements originaux la Sélection Déco Style regroupant des nouveautés et des classiques. De plus, on peut y voir une amusante exposition, Les éphémères, des sculptures végétales et biodégradables qui animent le jardin jusqu’au 1er septembre.

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NDLR: Une correction a été apportée après la mise en ligne.

Au jardin cette semaine

Si vous allez faire un tour dans les jardineries cette semaine, vous y trouverez les belles d’automne en vedette. Elles fleurissent ou s’enflamment en septembre et octobre et leur présence au jardin prolonge la saison horticole… toujours trop courte.

Envie d’une nouvelle platebande ? Septembre, avec son temps plus frais, est parfait pour ce genre de travail, et pour les végétaux, la reprise est aussi plus facile.