Le Jardin des nouveautés revisité

Complètement redessiné, le Jardin des nouveautés, au Jardin botanique de Montréal, prend des airs de liberté et de quiétude.
Photo: Lise Gobeille Complètement redessiné, le Jardin des nouveautés, au Jardin botanique de Montréal, prend des airs de liberté et de quiétude.

C’est un nouveau départ pour le Jardin des nouveautés du Jardin botanique de Montréal, Espace pour la vie. Il est maintenant redessiné, avec du relief, et on y découvre des aménagements inspirants qui se dévoilent au gré des sentiers.

D’un jardin d’essai en parcelles dans les années 80 à un Jardin des nouveautés en 1997, le Jardin des nouveautés revisité prend un nouvel envol en 2014 qui, ma foi, a des airs de liberté. L’architecte du paysage et conceptrice artistique pour le Jardin botanique, Émilie Tanguay-Pelchat, a réalisé un concept d’aménagement qui a du mouvement et qui crée une diversité d’ambiances intéressante.

Les deux changements majeurs sont l’ajout de sentiers diagonaux qui traversent le jardin d’est en ouest et qui donnent une nouvelle dynamique, et la création de buttes atteignant jusqu’à 2 mètres qui viennent donner du relief au paysage. L’espace est maintenant divisé en plusieurs microjardins qui ont chacun leur thème et leur atmosphère. Puis, grâce aux buttes, un effet d’ouverture et de fermeture est créé, qui les révèle progressivement.

De petits sentiers et des aires de repos ont également été conçus dans le but d’inviter les gens à prendre leur temps et à s’arrêter, et de nombreux aménagements en pots et en paniers ponctuent l’espace. Finalement, des axes gazonnés donnent un répit visuel et un effet de vides et de pleins. Les trois sentiers originaux aménagés dans l’axe nord-sud par Henry Teuscher, concepteur original du Jardin botanique, ont été conservés et complètent la trame du jardin.

En rupture avec les jardins classiques, ce jardin contemporain a été imaginé pour être un espace de création où l’on peut s’éclater, faire des essais ponctuels et se permettre d’agréables excentricités.

 

L’aménagement

Inspirant et coloré, voilà les premiers mots qui viennent à l’esprit quand on pénètre dans le jardin. Mireille Dubuc, l’horticultrice qui en est responsable, compose avec une grande diversité de nouveautés des aménagements originaux, et parfois même fantaisistes. De nombreuses compagnies d’hybridation de par le monde présentent leurs produits au Jardin botanique de Montréal.

Des annuelles, des vivaces, des arbustes et des arbres sont harmonisés en fonction de leur couleur, de leur hauteur, de leur texture… Plus de 300 nouveautés sont présentées chaque année. Par ailleurs, trois jardins ont des thèmes particuliers. Le Jardin des exceptionnelles expose une sélection d’annuelles performantes pour le Québec, le Jardin des Mérites horticoles présente les « Mérites » choisis lors du Rendez-vous horticole, la Sélection Réserve naturelle montre la sélection d’Albert Mondor et un jardin se spécialise dans les plantes xérophiles.

Il y a deux autres sections, une avec les « All American Selections », qui sont issues d’un concours canadien et américain, et une autre qui expose les quatre représentantes du concours American Garden Award, où nous sommes d’ailleurs invités à voter pour notre préférée.

Pour s’en mettre plein la vue, trouver des idées ou tout simplement se détendre, il faut aller y faire un tour… une fois, deux fois, trois fois par année. Le Jardin est à son apogée au mois d’août.

 

Coups de coeur de Mireille

Voici les coups de coeur de Mireille Dubuc. Ces plantes seront disponibles au Québec en 2015.

Le bégonia Bossa Nova forme des paniers spectaculaires. Ses entrenoeuds sont courts et il fleurit abondamment. Trois couleurs de fleurs sont disponibles : orange, blanche et rouge.

La Digiplexis «Illumination Flame» est une superbe annuelle produisant de nombreux épis de fleurs tubulaires rouge orangé à l’extérieur et jaunes à l’intérieur.

Le Lophospermum «Lofos Compact White» est un choix parfait pour les paniers avec son port retombant. Cette plante vigoureuse produit de nombreuses fleurs tubulées blanches qui attirent les colibris et les papillons.

 

La taille de transparence

Qu’est-ce que la taille de transparence ? Cette taille, qui n’a rien de complexe, se pratique sur les arbres ou les arbustes pour laisser pénétrer le soleil et la pluie ou laisser deviner le paysage derrière ceux-ci. L’expression « taille de transparence » est peu ou pas employée ici, même si cette taille est à l’occasion réalisée par des jardiniers de métier. Elle vient de la princesse Greta Sturda, du jardin du Vastérival à Sainte-Marguerite-sur-Mer, près de Dieppe, en Haute-Normandie.

Cette technique est devenue sienne lorsqu’elle s’est aperçue que, dans la nature, les vieux arbres s’éclaircissaient de l’intérieur, rendant leur cime plus «transparente» et favorisant ainsi une flore spontanée. Au jardin, en éliminant au centre de l’arbre certaines branches secondaires, on permet à la lumière et à la pluie de pénétrer plus facilement, et les plates-bandes sous celui-ci se font plus accueillantes. Cela, au grand plaisir de l’amateur de végétaux qui cherche toujours de nouveaux endroits où planter ses trouvailles.

Cette technique appliquée sur les arbustes permet de les rendre plus légers et donne ainsi de la profondeur en rendant visible l’arrière-plan. Elle a aussi la qualité d’amoindrir les effets de densité et de lourdeur produits par des feuillages volumineux et touffus. De même, elle met en valeur la structure naturelle de l’arbre ou de l’arbuste, son architecture, et met en évidence son écorce, une caractéristique esthétique que l’on néglige souvent. Elle favorise enfin une floraison plus abondante et rehausse la définition de son feuillage.

Finalement, la taille de transparence est particulièrement utile dans les jardins de ville, où la lumière tend à manquer rapidement, de même que l’espace pour les plantations. Si cette technique vous intéresse, les éditions Ulmer ont fait paraître un bon livre sur le sujet : La taille de transparence et autres tailles simples des arbres et des arbustes, par Dominique Cousin, octobre 2011.

Au jardin cette semaine

Les spécialistes des pivoines vendent leurs plantes à racines nues à partir du mois de septembre. Lors de l’achat, choisir un plant en santé qui a au moins trois à cinq bourgeons, sinon il prendra longtemps avant de fleurir. Puis, à la plantation, il est très important de ne pas ensevelir les bourgeons à plus de 5 cm sous le sol, sinon la plante fleurira peu ou pas du tout.

Nous sommes dans une bonne période, jusqu’à la mi-septembre environ, pour la plantation des conifères à racines nues.

Dans la bibliothèque

Monsieur Plantain
Catherine Lalonde
Illustrations : Marjolaine Fabre
Herboristes du peuple 2014, 31 pages

Monsieur Plantain est un cahier d’activités sur le thème du plantain. Cette plante, la plupart du temps considérée comme une mauvaise herbe, a des propriétés médicinales reconnues. Comme elle n’est pas toxique, il n’y a pas de crainte à la faire découvrir aux enfants. Le cahier explique à l’aide de jeux amusants comment la reconnaître et l’utiliser pour se soigner.

Il donne également des recettes simples pour fabriquer l’huile et l’onguent de plantain avec les enfants. Il contient aussi un conte, Le nouvel allié de Whakiza, et un DVD qui met en vedette une herboriste nommé Violette qui montre comment utiliser le plantain. Il s’adresse aux enfants de 3 à 6 ans qui, d’ailleurs, sont friands de ce genre de connaissance. Simple, éducatif et amusant.