Une poussée vers le ciel

L’Akebia quinata, ou l’akébie, est une grimpante vivace que l’on cultive pour son feuillage original composé de feuilles palmées à cinq folioles vert foncé.
Photo: Robert Mineau L’Akebia quinata, ou l’akébie, est une grimpante vivace que l’on cultive pour son feuillage original composé de feuilles palmées à cinq folioles vert foncé.

Les plantes grimpantes chez moi ont la cote, je les aime car elles ajoutent de la verticalité au jardin, donnent de l’intimité et cachent des vues moins intéressantes. Quelles soient annuelles, vivaces ou vivaces arbustives, je leur trouve toujours une place. En voici trois parmi tant d’autres magnifiques.

 

Akebia quinata

 

L’Akebia quinata, ou l’akébie, est une grimpante vivace charmante que l’on cultive pour son feuillage original. Pourquoi simplement pour son feuillage ? Parce qu’au Québec, elle ne fleurit qu’exceptionnellement. Suzanne Puech, qui en cultive au Jardin des curiosités en Montérégie depuis plusieurs années, ne l’a vue en fleurs qu’une seule fois. Malgré tout, elle mérite sa place au soleil… ou à la mi-ombre, puisque son feuillage composé de feuilles palmées à cinq folioles vert foncé est séduisant.

 

Les vigoureuses tiges volubiles deviennent ligneuses et peuvent facilement atteindre de 3 à 6 mètres de haut. Ainsi, elles couvrent rapidement une tonnelle, une clôture ou un mur et, si elles ne sont pas soutenues, elles font un excellent couvre-sol. Peu exigeante, l’akébie croît dans un sol humide qui se draine bien.

 

Mme Puech m’expliquait également que, pour la première fois, la partie aérienne a gelé à cause de l’hiver difficile que nous avons connu. Toutefois, la plante est repartie de sa base et se développe allègrement. Originaire de la Chine centrale, du Japon et de la Corée, elle a été introduite aux États-Unis, où elle s’est naturalisée dans le Sud. Certains États la jugent envahissante, mais il n’y a pas de risque sous notre latitude. Enfin, elle se cultive seulement en zone 5.

 

Campsis radicans

 

Le Campsis radicans, ou trompette de Virginie, ou bignone, ou jasmin de Virginie, ou encore jasmin trompette, ouf ! est une plante grimpante sarmenteuse remarquable et vigoureuse. De juillet à la fin de septembre, ses fleurs en trompette, d’un orange éclatant, forment de superbes bouquets au bout de ses branches. De surcroît, elles nourrissent les jolis colibris, qui les visitent régulièrement.

 

Cette grimpante préfère le plein soleil. Sur un mur sud ou ouest, elle s’éclatera ; à la mi-ombre, elle fleurira simplement un peu moins. Quant au sol, elle l’aime riche et bien drainé, mais elle est accommodante et, une fois bien implantée, elle résiste à la sécheresse. Son feuillage décoratif est luisant, vert foncé et composé de 11 à 15 folioles. Avec le temps, la souche prend du diamètre, devient ligneuse et présente un bel aspect.

 

La plante atteint facilement de 4 à 5 mètres au Québec. De petites racines se forment sur les tiges, lui permettant de s’agripper ; on peut donc la faire grimper sur un arbre, une solide tonnelle ou contre un bâtiment rugueux. Une fois implantée, elle est difficile à éliminer, car elle retige à partir de racines qui sont demeurées dans le sol. On aperçoit ses fleurs flamboyantes dans le haut des arbres lors de nos périples dans l’est des États-Unis, d’où elle est originaire. Elle est rustique dans le sud du Québec, en zone 5a ; par contre, si l’hiver est rigoureux, l’extrémité des tiges gèle et elles doivent être coupées.

 

Cobaea scandens

 

La cobée est une grimpante annuelle au charme suranné, originaire du Mexique. Ses fleurs parfumées en forme de grosses cloches sont d’abord vert crème, puis elles tournent au pourpre une fois à maturité. Décoratif, le calice verdâtre ressemble à une soucoupe sous une tasse et les longues étamines complètent ce portrait attrayant. Il existe une variété « alba », et il semble que les deux coloris font un heureux mariage.

 

Ses feuilles ornementales sont composées de six folioles elliptiques et se terminent par une vrille ramifiée qui lui permet de s’accrocher à n’importe quoi. Vigoureuse et dense, elle couvre rapidement de grands espaces et donne de l’intimité. Le hic : pour avoir des fleurs fin août-début septembre, les graines doivent être semées à l’intérieur début mars et mises au jardin aussitôt les gelées passées. Elle aime le plein soleil, les sols ordinaires et un endroit chaud à l’abri des vents.


♦♦♦

 

Un architecte paysagiste dans la toponymie québécoise

 

En hommage à un pionnier de l’architecture de paysage au Québec, la Ville de Trois-Rivières a officiellement baptisé un de ses parcs Benoît- Bégin. Aujourd’hui âgé de 91 ans, ce Trifluvien de naissance a mené une longue et riche carrière comme urbaniste et architecte paysagiste avant de prendre sa retraite en 1988.

 

Selon Paula Meijerink, actuelle directrice de l’École d’architecture de paysage à l’Université de Montréal : « Inscrire le nom de M. Bégin dans le paysage urbain de Trois- Rivières, c’est une marque de reconnaissance de la profession et, pour la première fois, du legs d’un architecte paysagiste québécois. Car, après le parc Frederick G. Todd dans la ville de Mont-Royal et la rue Frederick-Olmsted dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies, Benoît Bégin est, à ma connaissance, le troisième architecte paysagiste à se tailler une place dans la toponymie du Québec, mais le premier architecte paysagiste québécois. »

Au jardin cette semaine

On laisse les feuilles de nos plantes à bulbe jaunir avant de les couper, afin que les réserves s’accumulent dans ce dernier.

On enlève les fleursfanées sur les annuelles pour favoriser la prochaine floraison au lieu de la formation de graines.

Seulement vers la fin du mois de juin, on taille les cèdres, les ifs et les genévriers, car on doit attendre que la croissance des nouvelles pousses soit presque terminée.

Quelques activités

Festival québécois de la pivoine

Le Festival québécois de la pivoine de Kingsey Falls met cette belle vivace à l’honneur. Voilà une occasion de la découvrir dans toute sa diversité, ainsi que le grand parc Kingsey Falls nommé en l’honneur du fondateur du Jardin botanique de Montréal, né dans cette ville. Le 21 juin de 13 h à 17 h et le 22 juin de 10 h à 15 h 30. Président d’honneur : John Gomery. pivoinequebec.com.

Domaine Joly- De Lotbinière

Pour souligner l’arrivée de l’été au Domaine Joly-De Lotbinière, deux activités ont été organisées. D’abord, des visites guidées avec le coloré horticulteur Rock Giguère, puis le vernissage des deux expositions de l’artiste Luce Lamoureux : Flora ! et Je t’aime un peu, beaucoup, passionnément… à la folie Visites : le 14 juin à 10 h 30 et 13 h 30. Vernissage : le 14 juin à 14 h.

Dans la bibliothèque

Plantes grimpantes
Collection « 100 % jardin » Larousse 2014, 77 pages

Voilà un petit guide simple et pratique sur les plantes grimpantes qui nous apprend à les entretenir. C’est succinct, mais la base y est : support, taille, multiplication. Le catalogue est intéressant car il classe les plantes en fonction de leur attrait ou de leurs particularités : fleurs, fruits, feuillage décoratif… Le chapitre sur leur utilisation donne de bonnes idées : association de plantes, habiller un mur, grimpantes couvre-sol, etc. Mise en garde : plusieurs plantes proposées ne sont pas rustiques au Québec, ou encore l’information sur leur culture ne concorde pas.

Le jardinage en carrés amélioré?
Mel Bartholomew

Mel Bartholomew est l’inventeur du jardinage en carrés. L’auteur, son premier livre et sa technique ont été très populaires dans les années 80 aux États-Unis, mais sa méthode n’est pas une panacée, comme le laisse entendre l’auteur. Elle a ses qualités et ses défauts, néanmoins elle facilite le jardinage pour un débutant. Pour des projets de petites surfaces avec des enfants, des personnes âgées ou des débutants, c’est intéressant. Le livre explique la technique clairement et en détail.