Et si on plantait un arbre à noix?

Marc-Olivier Harvey, propriétaire de la Pépinière Casse-Noisette, a pris le parti de nous faire découvrir des arbres à valeur ajoutée, en particulier les arbres à noix.
Photo: Lise Gobeille Marc-Olivier Harvey, propriétaire de la Pépinière Casse-Noisette, a pris le parti de nous faire découvrir des arbres à valeur ajoutée, en particulier les arbres à noix.
L’idée de planter un pommier, un prunier ou un poirier nous vient facilement, mais un arbre à noix, moins. Pourtant, celles-ci sont une excellente source de protéines, de gras et de glucides, et leur culture n’est pas compliquée, même si la récolte des noix exige de la patience. D’abord parce que la première ne se fera pas avant cinq ans pour un noisetier, 12 ans pour un noyer noir et de 10 à 15 ans pour un pacanier. Et aussi parce qu’on doit les décortiquer : soit, certaines se laissent ouvrir facilement, mais d’autres demandent un casse-noix impressionnant.

Ainsi, on le comprend, une telle plantation est un projet à long terme. Mais dans un avenir proche, il y a de l’espoir, car le propriétaire de la pépinière Casse-Noisette — une jeune entreprise spécialisée dans les arbres à noix, les chênes et les arbres rares — Marc-Olivier Harvey, ira bientôt apprendre des techniques de greffe qui vont permettre la production de noix deux à trois fois plus rapidement.

Valeur ajoutée

Marc-Olivier Harvey a pris le parti de nous faire découvrir ou redécouvrir des arbres à valeur ajoutée et d’encourager leur plantation. Ces arbres qu’il propose, en plus d’être beaux, donnent des fruits à consommer et un bois de qualité. D’ailleurs, précise-t-il, c’est une tradition qui s’est perdue, car la plantation d’essences nobles par nos ancêtres et par les Amérindiens était autrefois courante.

Plusieurs espèces indigènes d’arbres à noix, ainsi que des variétés rustiques importées, sont à l’inventaire : noyer cendré, noyer noir, noyer du Japon, caryer ovale, pacanier du Nord, châtaignier d’Amérique, noisetier hybride, etc. Quant aux chênes, une dizaine d’espèces sont offertes sur son site Internet, mais d’ici peu, on en trouvera une vingtaine d’autres, dont plusieurs inhabituelles.

Parmi les arbres rares de la pépinière, on déniche le plaqueminier de Virginie, qui donne le kaki, l’asiminier trilobé, dont les fruits ont un goût oscillant entre la banane et la mangue, et le mûrier rouge, un arbre de taille moyenne qui produit plusieurs baies colorées et sucrées, pour ne nommer que ceux-là.

Un rêve devenu réalité

L’entreprise est la création d’un seul homme, jeune, enthousiaste, passionné et bien entouré. Détenteur d’un diplôme de premier cycle universitaire en géographie et en aménagement du territoire, Marc-Olivier Harvey s’installe à Sainte-Ursule, en Mauricie, la région de sa belle. En même temps qu’il démarre des semis de noyer et qu’il implante avec sa femme plus de 250 espèces d’arbres à noix sur le terrain familial, il travaille dans son domaine.

Mais sa passion et son intérêt pour les arbres, qui croissent depuis son jeune âge, l’amènent tout naturellement à fonder la pépinière Casse-Noisette en 2012. Il a remporté cette année deux prix québécois en entrepreneuriat, aux niveaux régional et provincial. Grâce à ce soutien, notamment, M. Harvey participera à un stage sur la greffe. Il est seul, mais jouit du soutien de toute la famille, en particulier de l’appui professionnel du beau-papa, agronome, patenteux et désherbeur bénévole.

En vrac

Le site Internet de la pépinière est une excellente source d’information sur les arbres qui y sont proposés : ils sont tous décrits et plusieurs ont droit à une fiche technique détaillée : cassenoisettepepiniere.com. On peut faire des achats en ligne, et comme les plants sont de petite taille, ils vous seront expédiés par bus ou par courrier.

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Le woonerf Saint-Pierre

Le 8 septembre dernier a eu lieu, dans un esprit de fête, l’inauguration du woonerf Saint-Pierre à Montréal, dans l’arrondissement Sud-Ouest. Ce projet, une première dans la métropole, est une réalisation emballante tant du point de vue du verdissement que de l’amélioration de la qualité de vie des résidants. Woonerf signifie cour résidentielle, et cet aménagement priorise la présence de piétons, de cyclistes et d’activités de toutes sortes, sans éliminer la circulation automobile.

Le concept provient des Pays-Bas, où le premier woonerf a été instauré en 1968. C’est Sylvain Thériault, urbaniste de l’arrondissement, qui a eu cette idée originale pour transformer une immense zone asphaltée de 10 000 m2, le collecteur Saint-Pierre, à Saint-Henri. Grâce à la volonté de toute l’équipe à la mairie, cette zone est maintenant un poumon vert qui comprend 7000 m2 de verdure, une centaine d’arbres et 1800 arbustes.

Pierre-Luc Frigon, architecte du paysage pour l’arrondissement, a réalisé un projet intéressant. Comme le collecteur était auparavant une rivière sinueuse, la Saint-Pierre, un sentier serpente l’aménagement central en sa mémoire. Puis, cette rivière ayant été emmurée au cours de l’histoire, deux longues haies d’arbres et d’arbustes ont été plantées de chaque côté de l’aménagement central afin de reproduire ce mur.

Au milieu, en plus des nombreuses platebandes, on trouve des jeux et un très beau mobilier urbain, ainsi que de remarquables lampadaires à l’éclairage DEL. De chaque côté, des voies carrossables en pavé alvéolé ont été aménagées. Dès l’an prochain, des bacs pour l’agriculture urbaine seront également installés.

Le woonerf a mérité en juin dernier le prix du Meilleur aménagement visant l’intégration urbaine dans le concours Vers des rues plus conviviales du Conseil régional de l’environnement de Montréal, en plus d’avoir participé au Sommet mondial Écocité 2011.

Ce projet parrainé par la Fondation Suzuki a pu compter sur une subvention de 707 000 $ du Fonds vert, dans le cadre de l’Action 21 du Plan d’action 2006-2012 sur les changements climatiques du ministère québécois de la Santé et des Services sociaux et de l’Institut national de santé publique du Québec.


Si vous avez des questions horticoles, écrivez à lgobeille@ledevoir.com.

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Encan

Il y a un super encan de plantes ce samedi au Domaine Joly de Lotbinière. Des nouveautés horticoles, des plantes de collection, des plantes alpines… 125, au total, seront exposées à partir de 10 h devant la Maison de Pointe-Platon. L’enchère animée par le coloré Rock Giguère débute à 13 h.

L’entrée est gratuite pour les gens qui viennent à l’encan. La somme ainsi amassée ira directement à la fondation du Domaine Joly de Lotbinière. Et l’endroit est magnifique.

Au jardin cette semaine

Les vers blancs déciment votre pelouse ? Sans faire de miracles, les nématodes aident au contrôle des larves. En soi, les nématodes seuls ne régleront pas le problème, ils doivent faire partie d’un plan de lutte intégrant une gestion écologique appropriée.

L’agronome Micheline Lévesque recommande leur application jusqu’à la mi-septembre. Pour plus d’information, procurez-vous son livre, Les vers blancs, aux éditions Bertrand Dumont. On peut le commander en ligne.

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BIBLIOTHÈQUE

Secrets de plantes 2
Fabien Girard
Les éditions JCL, Chicoutimi 2013, 216 pages

Voici un livre intelligent, agréable à lire et intéressant sur les propriétés thérapeutiques, culinaires et cosmétiques souvent méconnues des plantes de nos forêts. Les découvertes y sont surprenantes et les thèmes complexes, bien vulgarisés. Saviez-vous que l’huile essentielle de la vergerette du Canada éloigne les moustiques ? Que l’eupatoire est le substitut par excellence de l’échinacée ?

Avec ce livre, un monde se dévoile. L’auteur, Fabien Girard, passionné par les plantes depuis toujours, est encouragé par ses parents, et d’une curiosité, il fait une spécialité. Biologiste de formation, il enseigne au cégep de Saint-Félicien, après avoir travaillé pour la coopérative forestière Girardville, où il développait des essences végétales. Secret de plantes 2, cinq ans après le premier livre, est le fruit de quatre ans de recherche scientifique et de nombreux mois de validation auprès d’experts.

Son désir de partager et de communiquer sa passion est palpable, et dans ce bouquin, il recèle les richesses extraordinaires de la nature qui, en plus, s’offrent gratuitement à nous.

Les photos, de bonne qualité, facilitent l’identification des plantes, mais une courte description de chacune aurait permis d’authentifier leur identité. La joyeuse préface est de Jean-Claude Vigor, horticulteur émérite.