Apprivoiser le concept de résidence pour aînés

Photo: Résidences Soleil

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Dimanche prochain, le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) tiendra une journée portes ouvertes. C’est l’occasion pour les parents et les enfants de se faire une idée bien réelle de ce qu’est une résidence.

 

Ce n’est pas à la légère qu’on prend la décision de tout vendre et d’aller s’installer dans une résidence. La démarche demande du temps, et la décision se prend souvent en famille. Ici, les préjugés sont solides et l’idée même d’habiter une résidence pour aînés apporte son lot de résistance. Si le RQRA organise une journée portes ouvertes, c’est justement pour faire tomber quelques mythes et tenter de simplifier la prise de décision. Pour guider les visiteurs, le RQRA mise sur un duo d’animateurs populaires et colorés : les Coallier père et fils, Jean-Pierre et Marc-André.

 

« À un moment, on en a beaucoup sur les épaules, ça peut être à 65, 70 ou 75 ans », raconte Marc-André Coallier en reprenant ce que son père disait : « Tannés de la maison, du pelletage, de la tondeuse, des réparations et des repas à préparer trois fois par jour ? » Voilà les raisons qui font qu’on en arrive à ce moment charnière où l’on commence à penser à vendre sa maison. « Certains choisiront de garder le chalet pour y recevoir la famille et les amis, mais vendront la maison familiale », explique Marc-André tout en mentionnant que, souvent, les résidences sont érigées sur de grands terrains où les résidents peuvent se promener, jouer au tennis et se rafraîchir à la piscine.

 

Parfois, simplement aborder le sujet d’un possible déménagement peut paraître difficile et c’est vrai pour des enfants avec des parents vieillissants, mais à l’inverse : « Ça peut aussi être les parents qui sont décidés à vendre et ce sont alors les enfants qui résistent parce que leurs souvenirs sont associés à la maison familiale », précise le porte-parole. L’important dans cette journée portes ouvertes, c’est d’être accompagné, de faire cette visite en famille. On comprend alors le choix des deux porte-parole ; dans leur groupe d’âge, ils s’adressent soit aux résidents, soit à leurs proches. « Les parents de mes anciens Cent watts commencent à vieillir », lance Marc-André Coallier du haut de ses 53 ans.

 

« Je crois que mon père sera là pour parler à sa génération. Mais aussi pour dire aux gens de cesser d’avoir peur », lance le fils, convaincu que ses parents prendront prochainement la décision de vendre la maison familiale.

 

Marc-André Coallier raconte qu’on choisit une résidence selon ses besoins, mais aussi selon ses rêves et ses désirs : « Il faut peut-être oublier l’héritage aux enfants. On peut se payer une résidence luxueuse et s’imaginer vivre à l’hôtel. Ou au contraire, pour ceux qui aiment voyager, choisir un lieu confortable plus modeste et s’offrir des voyages… »

 

Le Québec vieillit et, bientôt, en 2031, c’est le quart de la population qui sera âgée de plus de 65 ans selon les chiffres de 2015 de l’Institut de la statistique du Québec. De plus, le nombre de Québécois âgés de plus de 75 ans augmentera de 30 000 chaque année jusqu’en 2037. C’est dire à quel point il est important dès maintenant de développer des habitations adaptées et des environnements qui reflètent le mode de vie des aînés.