Le festival Euréka! mise sur la science pour démêler le faux du vrai

Il est important de « générer l’intérêt envers les sciences dès le plus jeune âge possible », croit le porte-parole de l’événement, Martin Carli.
Photo: Roland Lorente Il est important de « générer l’intérêt envers les sciences dès le plus jeune âge possible », croit le porte-parole de l’événement, Martin Carli.

À l’heure où distinguer le vrai du faux est devenu un défi colossal, la recherche scientifique prend une place d’autant plus importante dans le quotidien des Québécois, en perpétuelle quête de vérité et toujours plus assoiffés de comprendre l’univers qui les entoure.

La plus grande fête de la science au Québec, le festival Eureka !, envahit une nouvelle fois les quais du Vieux-Port ce week-end, tout autour du Centre des sciences de Montréal. Pour cette 11e mouture, des scientifiques de tout acabit tâcheront de démystifier leur domaine de recherche et de répondre aux questions des Montréalais et des visiteurs d’ici et d’ailleurs.

 

Jeunes et moins jeunes pourront assister à pas moins d’une centaine d’activités gratuites pour se plonger au coeur de la science et mieux comprendre tout ce qui se passe dans leur quotidien. Au programme : des ateliers interactifs de création et d’expérimentation, des spectacles inédits et de nombreuses conférences. 

Photo: Roland Lorente Le thème du festival cette année sera celui des rêves, et plusieurs activités aborderont ce sujet, encore mystérieux.
 

Aux yeux du porte-parole de l’événement, Martin Carli, le festival prend une importance toute particulière cette année, alors que les citoyens sont plongés malgré eux dans une atmosphère de fausses nouvelles, submergés par une multitude d’informations désormais accessibles en un clic.

Le scientifique et animateur de l’émission Génial ! (diffusée sur les ondes de Télé-Québec) s’inquiète même de voir que les Québécois s’informent de plus en plus avec les réseaux sociaux — comme le notait la semaine passée le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO). Il considère alors le Festival Euréka ! comme une occasion de démêler le vrai du faux avec l’aide de vrais scientifiques.

 

« C’est une chance, et c’est important d’avoir accès à de l’information validée, vérifiée par des experts. En ce moment, ce n’est vraiment pas de refus », ajoute-t-il, soucieux.

 

Former la relève

 

Cette célébration de la science est aussi un moyen de faire découvrir à tout un chacun les dessous du métier. « Les gens s’imaginent qu’un scientifique c’est ce savant fou, avec de grosses lunettes, aux idées folles, lance d’un ton rieur Martin Carli. Mais c’est un stéréotype. Le métier de scientifique, c’est être pharmacien, journaliste scientifique, biologiste, ingénieur. »

 

À ses yeux, pour défaire les stéréotypes qui restent collés au milieu de la recherche et ainsi assurer une relève de qualité, il faut « générer l’intérêt envers les sciences dès le plus jeune âge possible » avec des événements ludiques ouverts à tous.

 

Le porte-parole rappelle au passage que les 10 premières éditions ont réuni pas moins de 660 000 personnes, « et on reçoit davantage de visiteurs chaque année », soutient-il.

 

Rêver en grand

 

Et pour piquer d’autant plus la curiosité des visiteurs cette année, le festival Euréka ! aura pour thème principal le rêve.

 

Si beaucoup l’oublient, la science détient sa part de créativité et le rêve y joue un rôle essentiel, selon Martin Carli. « C’est le rêve qui est à la base de bien des découvertes scientifiques. Les chercheurs rêvent de découvrir de nouvelles choses, ils rêvent de répondre aux questions fondamentales sur l’univers, ils rêvent de trouver les remèdes pour améliorer la santé des gens et sauver la planète. »

 

Plusieurs activités directement liées au rêve seront proposées aux festivaliers : un arbre virtuel à qui confier ses rêves, un atelier d’une journaliste de l’agence Science-Presse qui dévoilera le faux et le vrai sur nos rêves et nos cauchemars, ou encore une conférence d’Antonio Zadra, professeur au Département de psychologie de l’Université de Montréal, qui s’attardera à expliquer ce qu’est un rêve et comment il se construit.

 

Ce dernier regrette que peu de personnes prennent le temps de s’intéresser à leurs rêves. À tel point que l’action de rêver est devenue quelque chose d’acquis, croit-il. Pourtant, les gens en apprendraient beaucoup sur eux-mêmes en accordant à leurs rêves davantage d’importance, en tentant de s’en souvenir et en les partageant.

 

« On passe le tiers de notre vie à dormir, et on passe facilement six bonnes années dans tout ça juste à rêver. Comment ne pas essayer de comprendre le pourquoi et le comment de cette partie de notre vie ? » s’interroge le professeur.

Festival Eurêka !

Du 9 au 11 juin, dans le Vieux-Port de Montréal, près du Centre des sciences.

  • Raynald Richer - Abonné 9 juin 2017 08 h 08

    Démêler le vrai du faux


    “Le scientifique et animateur de l’émission Génial !”


    Le festival Euréka est un festival essentiel et monsieur Carli est un excellent animateur, mais attention, ce n’est pas un scientifique.

    Il ne faut pas confondre ce qui parait et ce qui est. Bref, l’habit ne fait pas le moine et le sarrau ne fait pas le scientifique.

    • Raynald Richer - Abonné 9 juin 2017 23 h 24

      Bonjour,

      Merci pour l'information,

      Sincèrement désolé. Je retire mes paroles et je présente mes plus plates excuses. La biochimie est effectivement une science.

  • Jean Richard - Abonné 9 juin 2017 10 h 37

    Science ou show de boucane ?

    Il pourrait être illusoire de croire qu'en misant sur le spectaculaire à tout prix, le show de boucane, on va vraiment sensibiliser le grand public, les jeunes en particulier, aux sciences et à la technologie. C'est malheureusement l'avenue qu'a privilégié Télé-Québec avec l'émission Génial. Génial, c'est du divertissement sous un faux décor de science et de technologie.

    La télévision, c'est du divertissement dit-on. Sauf que le mandat initial de Télé-Québec, ce n'était pas la guerre aux cotes d'écoute avec les stations privées ou la télé fédérale. Ça devait être une télé éducative, rôle que la société d'état n'assume qu'à demi, sinon moins. Hormis Électrons libres, une excellente émission de journalisme scientifique grand public et les vieilles séries de National Geographic, il n'y a pas de véritables émissions éducatives portant sur la science et la technologie à notre télé nationale.

    « les citoyens sont plongés malgré eux dans une atmosphère de fausses nouvelles, submergés par une multitude d’informations désormais accessibles en un clic. » – Sur ce point, il faut y aller de quelques nuances. Oublions les réseaux sociaux : les gens n'y vont pas pour parfaire leur éducation scientifique. Pour le reste, le web est une immense bibliothèque dont le contenu est infiniment plus riche et plus diversifié que le maigre menu scientifique de Télé-Québec. Par exemple, si on pense aux jeunes, on y trouve plusieurs diffusions en version intégrale d'une émission telle C'est pas sorcier (pour les 10 à 15 ans), Factor Ciencia, (de la Once), sans parler de l'accès direct à la télé d'autres pays qui pourrait nous en apprendre.

    Le web est à l'image des médias conventionnels : 90 % de déchets, 10 % d'information. Allez fouiller chez les gros libraires. Je vous garantis que vous allez y trouver plus facilement des bouquins sur l'exotérisme ou des recettes de cuisine que sur la science.