Tendance - La pipe fait un tabac chez les jeunes

Depuis quelques années, les fumeurs de pipe se trouvent en grande partie dans la tranche d’âge des 19 à 30 ans.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Depuis quelques années, les fumeurs de pipe se trouvent en grande partie dans la tranche d’âge des 19 à 30 ans.

Il est 17 h 30. Francis Goulet a terminé sa journée de travail. Alors que la noirceur s’installe à l’extérieur de son appartement, à Québec, le jeune homme s’offre un moment de détente. Il s’assoit dans son fauteuil et allume l’une de ses pipes favorites. L’odeur distinctive du tabac fumé emplit rapidement la pièce, alors qu’il tente de garder les braises allumées. « Tu vois, là, je te parle, alors je ne me concentre pas entièrement à ma pipe, explique ce développeur Web de 24 ans. Elle s’éteint toujours parce que je fais autre chose en même temps. » Car fumer la pipe demande de la patience, de l’attention.

 

Francis a découvert ce plaisir il y a environ un an et fait aujourd’hui partie de la relève des fumeurs. Cette nouvelle génération de passionnés adopte la pipe par désir de ralentir le rythme effréné de la vie actuelle. « J’adore le rituel du bourrage de la pipe, ajoute-t-il. Chacun a sa petite méthode personnelle, c’est tout un art. »

 

Il existe une multitude de variétés de tabac et des centaines de modèles de pipe, tous produisant une expérience différente. Des pipes, Francis en possède 12, et son passe-temps s’est graduellement transformé en collection. « Certains raffolent des bons vins, des whiskys, des cafés très délicats… Moi, j’achète des pipes et je les fume. Ce qui est fabuleux avec une pipe de qualité, c’est qu’elle peut durer toute la vie si elle est bien entretenue ! »

 

Pas qu’une mode

 

La tabagie spécialisée Blatter Blatter, à Montréal, est le seul établissement au Canada où l’on vend encore des pipes fabriquées sur place. Les deux propriétaires, les frères Pierre et Robert Blatter, observent cette jeune clientèle qui s’impose. « Dans les années 1990, la pipe a perdu beaucoup de sa popularité, en partie à cause des campagnes antitabac, raconte Pierre Blatter. Puis, avec Internet, les jeunes ont découvert que fumer la pipe peut s’appliquer à tous les âges. »

 

La jeune frange des clients de cette entreprise familiale fondée en 1907 se situe entre 19 et 30 ans et représente près de 60 % des ventes à la boutique. Après la sortie des films Le seigneur des anneaux, de nombreux admirateurs ont commencé à s’afficher en public la pipe au bec. « Il y a environ trois ou quatre ans, on croyait seulement à un phénomène de mode, ajoute M. Blatter, mais ça n’a pas diminué depuis et on continue d’avoir des étudiants et plein de jeunes de moins de 30 ans. »

 

Benoît Raymond, étudiant à l’Université du Québec à Montréal et animateur historique au Village québécois d’antan, a 24 ans et fume la pipe depuis près de trois ans. Il est conscient que cette habitude profite d’un regain de popularité chez ses jeunes contemporains, mais refuse de s’associer à un mouvement. « Certains veulent être vus avec leur pipe, dit-il. Entre deux cours, on voit parfois des gars s’allumer une pipe et la fumer pendant 15 minutes. Ce n’est pas ça, la pipe, ça ne fonctionne pas, de vouloir être à la mode en fumant la pipe ! Moi, je ne le fais pas en cachette, mais chez moi et pour moi, sans chercher une forme de reconnaissance. »

 

Pour lui, sa pipe est un symbole parmi d’autres, qui lui permet de prendre contact avec des valeurs simples. « Dans ma vie, je chemine dans une quête de retour aux traditions, dit-il. La musique folklorique, les danses, les contes, tous ces symboles créent le mythe d’un temps que j’essaie de retrouver. »

 

Choisir sa pipe

 

Pour ceux et celles qui songent à se mettre à la pipe, voici quelques adresses intéressantes dans l’univers des volutes de fumée : Tabagie Blatter Blatter, 375 avenue du Président-Kennedy, Montréal ; Tabagie J. E Giguère, 61, rue de Buade, Québec ; le blogue anglophone Thepipeguys.com pour s’informer et commander en ligne ; le site Web Pipesmagazine.com pour en connaître plus sur cette communauté.

3 commentaires
  • Bernard Hétu - Abonné 10 novembre 2013 22 h 43

    Un écran de fumée

    « Ce qui est fabuleux avec une pipe de qualité, c’est qu’elle peut durer toute la vie si elle est bien entretenue! »

    Quelle ironie, tout de même. Doit-on préciser qu'il y a effectivement de bonnes chances que cet instrument puisse durer toute la vie du fumeur et même lui « survivre »!?

    Rendu au milieu de l'article, toujours aucun mot, pas un questionnement sur les méfaits du tabac. Je me dis que l'auteure réserve forcément quelques mots là-dessus, dans la suite de l'article ou en guise de conclusion.

    Mais je me trompe : l'article se termine candidement en suggérant quelques adresses de tabagies. Bâti comme une chronique vacances portant sur une nouvelle destination en vogue, avec coordonnées à l'appui pour mieux inviter le consommateur à planifier sa plongée dans cet univers! On se croirait dans les années 1960. Mais lire ça aujourd'hui donne un goût plutôt amer.

    Il faut comprendre que la pipe, c'est branché, point à la ligne.

    On oublie seulement que le tabac cause des ravages, qu'il soit sous forme de pipe ou de cigarette. On se serait attendu à un peu plus d'objectivité et de rigueur, mais cet article n'est finalement qu'un écran de fumée.

    • Alexandre Pepin - Inscrit 11 novembre 2013 17 h 33

      Sérieusement, tout le monde sait que le tabac est mauvais pour la santé; avez-vous vraiment besoin d'un AUTRE article pour vous le rappeler?

    • Albert Descôteaux - Inscrit 12 novembre 2013 08 h 42

      En plus du cancer du poumon, fumer la pipe augmente les risques de cancer de la lèvre ou de la bouche (chancre de pipe). Et la fumée secondaire de la pipe est aussi nocive que celle de la cigarette. Vraiment, je me demande pourquoi le Devoir fait ainsi l'éloge de la consommation de tabac.

      En plus d'adresses de tabagies, le Devoir devrait aussi fournir les coordonnées de bons oncologues....