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Rafael Nadal, roi de Roland-Garros

Puerta: «J'ai perdu contre le meilleur joueur du monde sur terre battue»

Associated Press   6 juin 2005  Tennis
Rafael Nadal est le deuxième, après Mats Wilander en 1982, à gagner Roland-Garros à sa première participation.
Photo : Agence Reuters
Rafael Nadal est le deuxième, après Mats Wilander en 1982, à gagner Roland-Garros à sa première participation.
Paris — Le jeune Espagnol Rafael Nadal est entré vivant, hier, dans la légende de Roland-Garros en devenant l'un de ses plus jeunes vainqueurs.

À 19 ans et deux jours, et pour sa première participation aux Internationaux de France, le puissant gaucher n'a pas tremblé pour dominer en quatre sets 6-7 (5), 6-3, 6-1, 7-5 l'Argentin Mariano Puerta, qui croyait pouvoir succéder au palmarès à son compatriote Gaston Gaudio.

Le premier duel de gauchers en finale de Roland-Garros de l'ère open a été de toute beauté, Nadal répondant aux puissants coups droits décroisés giflés de l'Argentin de 26 ans, 37e joueur mondial, par toute la gamme de coups imaginables: passings de revers, amorties et lobs variés.

Mais dans la précision, Nadal s'est montré le plus fort. La précision absolue d'un ambidextre. Car le «tueur» gaucher, signe ses «forfaits» de la main droite, lorsqu'il appose sa signature sur les caméras de télévision en quittant le court, selon la tradition du tournoi de Roland-Garros.

Pour «Rafa», droitier naturel mais gaucher raquette en main, c'est une façon de se distinguer de Carlos Moya, l'autre Majorquin vainqueur de Roland-Garros, en 1998. Droitier au tennis, il écrit lui de la main gauche.

«C'est mon idole», souligne Nadal, qui a reçu la Coupe des Mousquetaires des mains de l'autre sportif qu'il admire le plus: Zinedine Zidane.

Par sa 24e victoire consécutive sur terre battue cette saison, Rafael Nadal a confirmé ses talents de surdoué. Après avoir commencé le tennis à l'âge de cinq ans avec son oncle Toni sur les courts de la ville de Manacor, il a cumulé les exploits. Dès 11 ans, il remportait le tournoi d'Auray dans le Morbihan, considéré comme le championnat d'Europe des jeunes. En 2003, il était devenu le plus jeune joueur depuis Boris Becker à atteindre le 3e tour à Wimbledon. Il est devenu en 2004, le plus jeune joueur à remporter la Coupe Davis avec l'Espagne, avant de devenir le plus jeune joueur depuis Andrei Medvedev à entrer en 2005 dans le «Top 10».

Ce fils d'entrepreneur de la plus grande île des Baléares a de qui tenir au niveau des performances de haut niveau, puisque un autre de ses oncles Miguel Angel Nadal, a joué au FC Barcelone et disputé la Coupe du monde 2002 avec l'équipe espagnole de football.

«J'ai perdu contre le meilleur joueur du monde sur terre battue, a déclaré Mariano Puerta. Personne ne l'a amené au 5e set dans ce tournoi, et j'ai failli le faire.»

Seuls Sébastien Grosjean en 8e de finale et le numéro 1 mondial Roger Federer en demi-finale ont pris un set à Nadal lors de ces Internationaux de France.

«Il va écrire une grande page de l'histoire du tennis, peut-être devenir une légende comme Agassi. Ce qui m'a le plus impressionné, c'est sa force dans les passing shots. C'est incroyable sa force dans les jambes et l'explosion qu'il met dans les passings. Il garde la tête froide et a le mental pour être très fort», analyse Puerta.

La vision de Toni, l'oeil humide — «C'est l'oncle qui a pleuré, pas l'entraîneur», a-t-il dit — confirme la solidité du jeune Espagnol. «Quand "Mario" a eu les balles de deux sets partout à la quatrième manche, j'étais nerveux, mais en même temps je n'étais pas inquiet. Car je sais que même s'il avait perdu ce set, "Rafa" se serait battu jusqu'au dernier point.»
 
 
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