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    Tennis — Wimbledon

    Bouchard poursuit sa folle poussée

    4 juillet 2014 |Jean Dion | Tennis
    La réaction d’Eugenie Bouchard après avoir éliminé Simona Halep.
    Photo: Pavel Golovkin Associated Press La réaction d’Eugenie Bouchard après avoir éliminé Simona Halep.

    Sa réaction fut d’une remarquable sobriété. Aussitôt le dernier coup joué, elle a levé les bras et regardé en direction des membres de son clan dans les gradins. Elle est allée féliciter sa rivale. A serré la main de l’arbitre. A brièvement salué la foule. Elle a pris ses affaires, signé quelques autographes et est sortie. Comme si cette demi-finale du plus prestigieux tournoi de tennis au monde, qui la propulsera au moins au 7e rang du classement planétaire de la WTA, était un match comme les autres. Surtout ne pas s’énerver, même si c’est ce que tout le monde ferait en pareilles circonstances.

     

    « J’ai encore du travail à faire. Je dois rester concentrée », a dit Eugenie Bouchard après sa victoire au compte de 7-6 (5) et 6-2 jeudi contre la Roumaine Simona Halep, 3e joueuse mondiale, sur le gazon de Wimbledon où elle deviendra la première Canadienne à disputer une finale samedi. « Je n’ai rien mérité encore et il me reste un match à jouer. Après je verrai comment je pourrai faire la fête. »

     

    Concentrée, comme elle a dû le demeurer en première manche lorsque Halep s’est amoché une cheville et a dû se faire poser un bandage avant de poursuivre l’action. Concentrée, comme elle a dû le rester quand le bris d’égalité du set initial a été interrompu parce qu’une spectatrice a éprouvé un malaise. Concentrée, comme elle a dû trouver qu’elle ne l’était pas suffisamment quand elle a laissé filer cinq balles de match avant de finalement fermer les livres.

     

    Ce nouveau sommet pour celle qui, à 20 ans à peine, brûle les étapes à un rythme qui rend baba tout le monde sauf elle-même et ceux qui la connaissent bien, n’est pas un accident de l’histoire. Le carré d’as aux Internationaux d’Australie, les demi-finales à Roland-Garros avaient montré la couleur. « Chaque fois que j’entre sur un terrain, je sais que je peux gagner », dit-elle. « Elle joue ses meilleurs matchs lorsque l’enjeu est énorme », ajoute Sylvain Bruneau, l’entraîneur de l’équipe canadienne de Fed Cup.

     

    Et bien sûr, chaque fois les mêmes questions resurgissent. L’étonnement, d’abord : non, elle n’est pas surprise. Nous, nous la découvrons les yeux écarquillés, mais elle, elle se voit aller depuis longtemps déjà : les trois quarts de sa vie consacrés à poursuivre l’objectif ultime. Et cette ascension fulgurante ? Nous, nous nous émouvons d’un apparent train d’enfer, mais pour elle, « ça ne va pas si vite que ça. Ça fait plusieurs années que je travaille fort ».

     

    N’empêche, le rythme force l’admiration : il n’y a à remonter qu’à 2012 pour la voir triompher chez les juniors au All England Club. Cela donne une seule saison dans le grand circuit — où elle est d’ailleurs nommée révélation de l’année de la WTA — pour s’acclimater à sa compétitivité extrême et sans aucune merci avant de casser la baraque. De cette année 2013, Bouchard dit simplement : « J’ai vu c’était quoi. »

     

    « Elle a tous les atouts, commente Bruneau, qui connaît Bouchard depuis huit ou neuf ans. Elle sort du lot par sa soif de progresser, par sa capacité à croire en elle et à livrer la marchandise dans les moments cruciaux. Et ça, ça ne s’enseigne pas. »

     

    Le prochain moment crucial surviendra donc samedi devant Petra Kvitová, qui a déjà connu le sacre sur le gazon londonien, et quand on a goûté à ce nectar, on en redemande. « Elle sera prête, mais je le serai aussi, dit Bouchard. J’estime que je peux être encore meilleure que je l’ai été aujourd’hui. »

     

    Toujours, toujours plus.













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