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Victoires historiques à Wimbledon - Federer rejoint Sampras et redevient numéro un

La Québécoise Eugénie Bouchard triomphe en simple et en double chez les juniors

9 juillet 2012 | Karl Rettino-Parazelli | Tennis
Le Suisse Roger Federer s’est laissé tomber sur le court central de Wimbledon après y avoir été couronné pour une septième fois.
Photo : Agence France-Presse Leon Neal Le Suisse Roger Federer s’est laissé tomber sur le court central de Wimbledon après y avoir été couronné pour une septième fois.
Pluie de records sur le gazon londonien, cette fin de semaine. Le Suisse Roger Federer a égalé la marque partagée par Pete Sampras et William Renshaw en remportant hier un septième titre à Wimbledon, tandis que chez les juniors, la Québécoise Eugénie Bouchard s’est inscrite dans l’histoire du tennis canadien en triomphant à la fois en simple et en double.

La jeune athlète âgée de 18 ans native de Westmount est devenue samedi la première représentante du Canada à remporter un titre en simple dans un tournoi majeur. Elle a renoué avec la victoire hier en double aux côtés de l’Américaine Taylor Townsend, puis le Britanno-Colombien FilipPeliwo, aussi âgé de 18 ans, a mis la main sur le titre en simple chez les garçons pour procurer au Canada un total inégalé de trois titres dans un tournoi du Grand Chelem.


En remportant pour une septième fois les grands honneurs à Wimbledon grâce à un gain en quatre manches de 4-6, 7-5, 6-3, 6-4 devant l’Écossais Andy Murray, le Suisse Roger Federer a également repris le premier rang mondial à Novak Djokovic, lui permettant ainsi d’égaler une autre marque de Sampras avec un total de 286 semaines au sommet du classement mondial de l’ATP. Federer, qui aura 31 ans le 8 août, devient par le fait même le deuxième numéro un mondial le plus âgé de l’histoire, derrière Andre Agassi.


Le Suisse affiche désormais un dossier de 17-7 en finale d’un tournoi majeur, comprenant une fiche de 7-1 à Wimbledon. Murray se retrouve pour sa part à 0-4 en circonstances similaires, dont une fiche de 0-3 contre Federer.


« C’est formidable. Je me retrouve à égalité avec Pete Sampras, qui est mon héros. Je me sens incroyablement bien », a expliqué Federer, tout sourire, le trophée entre les mains.


Le gagnant de 17 tournois du Grand Chelem a excellé une fois sous le toit rétractable fermé tôt, au troisième set - une première lors d’une finale à Wimbledon -, n’offrant pratiquement aucune chance à Murray de stopper à 76 ans la période où la Grande-Bretagne n’a pu couronner de champion local. Les attentes étaient très élevées pour Murray, quatrième au classement de l’ATP, puisque le dernier Britannique à avoir remporté le titre masculin à Wimbledon est toujours Fred Perry, en 1936.


« Tout le monde parle de la pression de jouer à Wimbledon, à quel point c’est difficile, a dit Murray. Ce ne sont pas les spectateurs. Ils rendent la tâche tellement plus facile. L’appui a été formidable, donc merci beaucoup. »


Au départ, Murray a dicté le rythme du match et a remporté la majorité des échanges corsés. Il a brisé Federer au premier jeu du premier set et l’a brisé de nouveau quelques minutes plus tard avant de servir pour la manche. Il s’agissait du premier - et seul - set remporté par Murray en quatre finales d’un tournoi majeur en carrière.


Le deuxième set, plus âprement disputé, s’est soldé à l’avantage de Federer, mais c’est au troisième set que tout s’est véritablement écroulé pour le Britannique. La pluie s’est mise à s’abattre sur le court, interrompant le jeu pendant 40 minutes. Peu de temps après, ce fut un spectacle en solo.

 

Une première pour le Canada


Après sa victoire en finale du simple junior samedi contre l’Ukrainienne Elina Svitolina (6-2, 6-2), la Québécoise Eugénie Bouchard a remporté hier pour une deuxième année consécutive le titre du double féminin junior du tournoi de Wimbledon, en compagnie de l’Américaine Taylor Townsend, en battant en finale la Croate Ana Konjuh et la Suissesse Belinda Bencic en deux sets de 6-4 et 6-3. Toujours chez les juniors, FilipPeliwo, de Vancouver, a enlevé les honneurs de la finale du simple masculin, 7-5 et 6-4, face à l’Australien Luke Saville.


Peliwo, qui s’était incliné devant ce même Saville en finale des Internationaux d’Australie en janvier, a confié que la victoire de Bouchard la veille avait été une source d’inspiration pour lui.


« J’étais jaloux de son titre, et ça m’a affamé encore davantage, parce que je voulais vivre les mêmes émotions et les offrir au Canada. Je savais que ce serait tout un exploit si nous étions chacun champion de notre catégorie », a-t-il avoué.


Le succès des deux jeunes raquettes canadiennes dans un tournoi aussi prestigieux que celui de Wimbledon a de quoi réjouir le vice-président de Tennis Canada, Eugène Lapierre. Après Milos Raonic et Rebecca Marino, entre autres, c’est au tour de Bouchard et Peliwo de s’illustrer à la suite de leur passage au Centre national d’entraînement, créé en 2007. « On ne s’attendait pas nécessairement à des résultats aussi rapides, mais on en veut encore plus ! », a déclaré M. Lapierre.


« C’est sûr que d’avoir de la visibilité dans les médias et faire connaître des athlètes charismatiques, ça pousse les jeunes à s’intéresser au tennis », a-t-il ajouté, précisant que d’ici quatre ans, Tennis Canada espère voir deux hommes et deux femmes du pays se hisser parmi les 50 premiers joueurs au classement mondial.


M. Lapierre précise toutefois que remporter un ou des titres à Wimbledon chez les juniors ne garantit pas une place au sommet du classement mondial à court terme. Les noms de Roger Federer (1998), Gaël Monfils (2004), Martina Hingis (1994) ou Amélie Mauresmo (1996) figurent par exemple dans la liste des gagnants juniors au All England Tennis Club, mais les champions juniors qui atteignent les plus hauts sommets du tennis professionnel ne sont pas monnaie courante. « On peut se réjouir, mais il faut aussi respirer par le nez et s’assurer de poursuivre le développement des joueurs de la bonne façon », conclut Eugène Lapierre.

Le Suisse Roger Federer s’est laissé tomber sur le court central de Wimbledon après y avoir été couronné pour une septième fois. La Québécoise Eugénie Bouchard, victorieuse en simple et en double chez les juniors. Filip Peliwo, couronné chez les garçons: du jamais vu au tennis canadien. Andy Murray a échoué à procurer à la Grande-Bretagne sa première victoire à Wimbledon depuis 1936.
 
 
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