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Roland-Garros - Ferrero déboussole Verkerk

Le jeune Espagnol a conquis son premier titre en Grand Chelem sans jamais être inquiété

Associated Press   9 juin 2003  Tennis
L’Espagnol s’est défait en trois sets du géant néerlandais Martin Verkerk, 6-1, 6-3, 6-2, en un peu plus de deux heures.
Photo : Agence Reuters
L’Espagnol s’est défait en trois sets du géant néerlandais Martin Verkerk, 6-1, 6-3, 6-2, en un peu plus de deux heures.
Paris — Trois ans après ses débuts à la Porte d'Auteuil, le maître du jeu sur terre battue Juan Carlos Ferrero a remporté le tournoi de ses rêves, Roland-Garros. L'Espagnol de 23 ans, intraitable hier, s'est défait en trois sets du géant néerlandais Martin Verkerk, 6-1, 6-3, 6-2, en un peu plus de deux heures.

Il s'agit de la finale la plus courte en nombre de jeux aux Internationaux de France depuis le triomphe de l'illustre Bjorn Borg sur Guillermo Vilas 6-1, 6-1, 6-3 en 1978.

La tête froide, le regard déterminé, Ferrero, tête de série numéro trois, a conquis son premier titre en Grand Chelem sans jamais être inquiété. Il occupera à partir de la semaine prochaine la première place du classement de l'ATP.

«J'ai connu deux semaines incroyables, c'est une période très particulière de ma vie, a commenté «El Mosquito», qui avait été battu en finale à Paris l'an passé, après deux demi-finales infructueuses. C'était le rêve de ma vie. J'espérais vraiment gagner ce titre, et maintenant je l'ai dans ma poche.»

Ses retours de service sur les lignes, sa régularité dans les échanges de fond de court, ses amortis déposés derrière le filet, bref, la variété de son tennis, a complètement déboussolé le jeu simple de Verkerk, 46e joueur mondial.

Victorieux cette année à Monte-Carlo et à Valence, Ferrero, qui n'a été battu que deux fois sur brique pilée cette année, partait largement favori de cette opposition de style.

Les seuls doutes concernaient son mental, parfois friable, et la capacité de son adversaire à user de son arme absolue, sa première balle. Mais Ferrero n'a jamais laissé transparaître la moindre émotion, et Verkerk a mal servi, tel que le démontre son faible taux de réussite de 46 % au premier service.

«J'avais mal joué en finale l'année dernière. J'ai profité de mon expérience. Avant le match, je me suis dit qu'il fallait me donner au maximum. J'ai pris son service dès le premier jeu, et à partir de là, j'ai très bien joué», a analysé le successeur d'Albert Costa.

Pris à la gorge par les retours de l'Espagnol, Verkerk, trahi par sa première balle, n'a pas pu rentrer convenablement dans le match.

Après être revenu à 2-1, il a perdu les quatre jeux suivants, dominé en fond de court par la puissance de Ferrero.

Le géant batave (1m98, 89 kilos), qui n'avait jamais gagné le moindre match en Grand Chelem avant sa venue à Paris, a bien tenté de se rebeller en début de deuxième manche, motivé par les invectives de son clan.

Soudain plus agressif, il a ravi le service de Ferrero sur une volée de revers pour se donner une avance de 2-1. Ferrero ne se laissait pas distraire et revenait immédiatement à 2-2 en profitant d'une double-faute du Néerlandais.

«Mentalement, j'ai été parfait tout au long du match, même quand il m'a pris mon service dans le deuxième set», a soutenu Ferrero.

L'Espagnol, qui n'a perdu que trois sets en quinze jours à Paris, a inscrit le bris décisif dans cette manche à 4-3 en sa faveur, d'un magnifique retour de coup droit dans les pieds de Verkerk. Il a ensuite bouclé le set 6-3 à son service.

Dans le dernier set, Verkerk a perdu une nouvelle fois son service à 1-1, fusillé par un retour de coup droit imparable. Décontenancé par la régularité de l'Espagnol, le Néerlandais n'a pas abdiqué sans lutter.

À 3-2 en faveur de Ferrero, il s'est même procuré six balles de bris sans pouvoir les convertir pour finalement s'incliner 6-2, sur un dernier coup droit fulgurant de Ferrero.

«Il retournait mes services sur les lignes et avant même de pouvoir me redresser, la balle était déjà passée, a observé Verkerk. Son niveau était très élevé, il ne me laissait pas la possibilité de jouer mon jeu. En résumé, j'ai perdu contre un joueur bien meilleur que moi.»
 
 
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