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Wimbledon démontre que le tennis américain est toujours mal en point

30 juin 2008  Tennis
La disette est moins perceptible chez les joueuses grâce aux victoires des soeurs Serena et Venus Willams.
Photo : Agence Reuters
La disette est moins perceptible chez les joueuses grâce aux victoires des soeurs Serena et Venus Willams.
Londres — Rafael Nadal a aidé son pays à soigner sa longue aversion pour le tennis sur herbe et il fera partie des trois Espagnols présents en huitièmes de finale à Wimbledon cette année.

La Suisse, la France, la Russie et la Croatie ont chacune deux représentants à ce stade du tournoi. La Grande-Bretagne, qui a remporté le titre en simple messieurs pour la dernière fois en 1936, a placé un joueur en deuxième semaine, comme l'Australie, l'Allemagne, la Serbie et même l'île de Chypre.

Et les États-Unis? Personne.

Le pays qui a fait éclore Andre Agassi, Don Budge, Jimmy Connors, John McEnroe, Pete Sampras et Bill Tilden est en déroute. Et il n'y a pas de signe d'amélioration.

«On est en difficulté depuis un long moment, et ça a empiré», estime Gene Mayer, un ancien membre du Top 5 désormais entraîneur à New York. «On ne produit pas de joueur.»

Jusqu'à présent, l'édition 2008 de Wimbledon a été marquée par une série de surprises qui a décimé la liste des têtes de série. Six des dix premières têtes de série masculines ont été sorties avant les huitièmes de finale: Novak Djokovic (3), Nikolay Davydenko (4), David Ferrer (5), Andy Roddick (6), David Nalbandian (7) et James Blake (9).

Dans le tableau féminin, deux des trois premières mondiales sont éliminées: Ana Ivanovic (1) et Maria Sharapova (3).

Pour la première fois depuis 1926, un joueur américain seulement, le modeste 102e mondial Bobby Reynolds, a atteint le troisième tour à Wimbledon. Il a été battu vendredi.

Le problème ne vient pas du gazon. À Roland-Garros l'an dernier, les neuf Américains en lice dans le tableau du simple messieurs avaient été sortis d'entrée, signant ainsi leur plus mauvais résultat d'ensemble sur la terre battue parisienne en au moins 40 ans.

Le dernier joueur américain qui a remporté un tournoi majeur est Roddick, à l'US Open en 2003.

La disette est moins visible chez les joueuses américaines seulement grâce aux soeurs Williams, qui combinent 14 titres majeurs à elles deux. Avec Bethanie Mattek, elles sont les seules Américaines à avoir survécu à la première semaine de Wimbledon cette année.

Venus et Serena Williams disputeront leurs huitièmes de finale aujourd'hui sur le court numéro deux, surnommé le «cimetière des champions» en raison des nombreuses surprises qui s'y sont déroulées. Elles doivent également jouer en double ensemble sur ce même court plus tard dans la journée.

Les Williams ont gagné six des huit derniers titres attribués en simple dames à Wimbledon. Tenante du titre, Venus a gagné quatre fois et Serena à deux reprises. Elles ne sont pas placées dans la même moitié de tableau et pourraient s'affronter en finale le week-end prochain.

Venus sera opposée lundi à la joueuse russe de 18 ans Alisa Kleybanova, puis Serena rencontrera Mattek. Les soeurs feront ensuite équipe face aux Espagnoles Anabel Medina Garrigues et Virginia Ruano Pascual.

Huit joueurs américains ont perdu au premier tour, dont Sam Querrey et Robby Ginepri, qui participeront aux Jeux olympiques. Roddick et Blake se sont inclinés au deuxième tour.

Selon Mayer, les anciennes méthodes d'entraînement produisaient de meilleurs résultats.

«Il y avait des entraîneurs de qualité qui travaillaient dans l'intimité avec les joueurs, dit-il. Maintenant tout le monde va dans des académies si jeune. Et vous n'apprenez jamais à jouer au tennis. Vous n'apprenez pas à sept, huit, neuf ou 10ans dans un groupe de 200 enfants. On apprend en tête-à-tête avec un entraîneur.»

Ricardo Acuna, entraîneur à la fédération américaine, estime que les Américains gagnent moins en raison de la globalisation du jeu.

«Plus qu'une disette, c'est que le monde s'est amélioré», affirme Acuna, un Chilien classé dans le Top 50 au milieu des années 80. «Quand j'ai commencé à jouer, dans les tableaux il y avait 50 Américains et puis les autres, Sud-Américains et Européens. Désormais c'est l'inverse.»
 
 
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