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La néophyte Ivanovic à l'assaut de la triple reine Henin

9 juin 2007  Tennis
Ana Ivanovic entend rester décontractée pour sa première finale d’un tournoi de Grand Chelem, aujourd’hui à Paris...
Photo : Agence Reuters
Ana Ivanovic entend rester décontractée pour sa première finale d’un tournoi de Grand Chelem, aujourd’hui à Paris...
Paris — Justine Henin peut devenir aujourd'hui la première joueuse depuis Monica Seles en 1992 à remporter trois fois d'affilée les Internationaux de France de tennis. La double tenante du titre sera la grande favorite de la finale qui va l'opposer à l'inattendue Ana Ivanovic.

La jeune Serbe de 19 ans disputera sur le court central sa première finale d'un tournoi du Grand Chelem, alors qu'il s'agira de la quatrième à Roland-Garros pour la numéro 1 mondiale belge, et la dixième de sa carrière dans un tournoi majeur.

«Mon coup droit est puissant, mon service fonctionne bien. Je vais essayer de faire de mon mieux», avance modestement Ivanovic, invaincue sur la terre battue européenne cette saison, avec en prime un titre glané à Berlin.

Henin, victorieuse à Paris en 2003, 2005 et 2006, sacrée à l'US Open en 2003 et à l'Open d'Australie en 2004, s'est mise hier à la place d'Ivanovic, en se remémorant sa première finale de Grand Chelem, à Wimbledon en 2001.

«La première fois, on ne se sent pas à sa place. Le court était trop petit pour moi. Et sur gazon, tout était allé très vite. J'étais à un set de la victoire et en même temps, très, très loin, dans mes petits souliers comme on dit.» À Londres, la Belge avait finalement été battue 6-1, 3-6, 6-0 par Venus Williams. Coïncidence, comme la Serbe, elle était alors âgée de 19 ans et pointait à la 7e place du classement mondial.

Justine Henin a depuis surmonté les obstacles, tennistiques ou privés, sans jamais fléchir. Contrainte au forfait en janvier à l'Open d'Australie en raison de son divorce, la Belge de 25 ans a rebondi pour s'imposer à Doha, Miami et sur la terre battue de Varsovie.

La capitale polonaise a été le cadre de la seule confrontation entre les deux joueuses, il y a deux ans, et Henin s'était imposée 6-4, 7-5, en demi-finale.

«C'est trop loin, 2005. On ne se connaît pas bien comme joueuses sur le court», avoue Henin, qui partira dans l'inconnu face à Ivanovic.

Quart de finaliste pour sa première participation Porte d'Auteuil il y a deux ans avec notamment une victoire sur Amélie Mauresmo, la droitière serbe a réalisé un beau parcours lors de cette quinzaine. Elle a notamment sorti en quart Svetlana Kuznetsova, finaliste l'an dernier, puis une autre Russe, la no 2 mondiale Maria Sharapova, tenante du titre à l'US Open où elle avait dominé Henin en finale.

Henin a elle aussi sorti deux joueuses classées dans le Top 10, Serena Williams et Jelena Jankovic, en quart et demi-finale.

La Belge, qui reste sur 20 victoires consécutives à Roland-Garros, n'a pas concédé un set depuis 2005 et sa victoire sur Kuznetsova 7-6, 4-6, 7-5 en huitième de finale.

Face aux statistiques impressionnantes de la Belge, qui n'a perdu que trois de ses 22 matchs disputés en 2007, Ivanovic, qui a appris le tennis en ex-Yougoslavie au fond d'une piscine olympique transformée en courts, entend rester décontractée.

«L'important pour moi, c'est de me relâcher, d'élever mon niveau de jeu et d'utiliser les occasions si j'en ai.» Très indépendante, elle n'a pas été gênée par l'absence pendant la quinzaine des conseils de son entraîneur Sven Groenfeld, qui n'a pas pu l'aider en raison d'un contrat avec le même équipementier que celui d'Henin.

«Il est bien que j'aie mon propre espace, que je passe quelque temps toute seule, relativise Ivanovic. De cette façon, je peux apprendre. Quand je suis sur le court, je suis toute seule. Je dois savoir gérer mes émotions.»

Il en va tout autrement pour Henin, qui aime tout planifier, en collaboration avec son éternel entraîneur Carlos Rodriguez qui la suit depuis l'âge de 14 ans.

«Ce qui est important, c'est d'avoir des objectifs clairs. Je sais ce que je veux faire sur le court. Je ne sais pas si j'y arriverai. Je ne m'attends pas à ce qu'elle me donne des points. Une finale de Grand Chelem, c'est toujours 50/50, indique la Belge. J'ai 25 ans, une nouvelle génération arrive, on sait que la concurrence est là, qu'on n'est pas éternelle.»
 
 
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