Victoire de la Grèce - La fête du foot dans les rues de Montréal
La ville avait hier les airs d'un joyeux carnaval sportif et culturel, célébré tout autant par les gagnants que par les perdants
En scandant «Hellas! Hellas!», les partisans des champions de l’Euro 2004 souriaient et se serraient la main d’une voiture à l’autre, hier, indifférents au bouchon monstre qu’ils étaient en train de créer dans les rues de Montréal. — Pas
Avec des coins de rue bondés sur le Plateau et dans Parc-Extension, des attroupements bleu et blanc ou rouge et vert, souvent les deux en même temps, autour des fenêtres des endroits qui retransmettaient en direct la finale de l'Euro 2004 entre la Grèce et le Portugal, puis avec le grand tintamarre de klaxons et la parade impromptue qui ont suivi le coup de sifflet final officialisant la victoire hellénique, Montréal avait hier les airs d'un joyeux carnaval sportif et culturel, célébré tout autant par les gagnants que par les perdants. Car, avant d'être une manifestation sportive, la partie d'hier a surtout été l'occasion de faire la fête tous ensemble.
Et ils l'ont fait, la fête. Par milliers, les amateurs de foot montréalais d'origine grecque ou portugaise (et aussi simplement québécoise) sont sortis écouter la partie dans les restaurants et les bars de la ville. On s'en doute, c'était archi-bondé partout. «On ne voit rien, disait un partisan portugais devant le Grand Bayou, rue Rachel, mais il faut être là. On suit comme on peut, et quand les autres crient, on crie.»
À l'intérieur, la place était surchauffée. Des bières sur les tables, les clients enroulés dans des drapeaux du Portugal regardaient fixement l'écran en hurlant à la moindre percée de leur équipe. Et quand ça échouait, ils se prenaient la tête à deux mains et se rassoyaient, avant de recommencer l'instant d'après. «Ç'a été une belle partie, excitante», disait à la fin Cesar Ferreira, un Portugais de Montréal dont le maquillage rouge et vert avait fini par couler sur les joues à force de chaleur ou de larmes, allez savoir. «La Grèce a une excellente équipe, ils ont bien joué. C'est la loi du sport et c'est correct. On a vécu de beaux moments.» Un sentiment que disaient partager d'autres clients interrogés à chaud.
Dehors, des centaines de Portugais agitaient d'ailleurs leurs drapeaux et chantaient, à croire qu'ils avaient gagné. Une petite échauffourée a éclaté quand une supporteure grecque est allée parader avec son grand drapeau bleu au nez des fans, dont certains, aidés par la chaleur et peut-être un peu de bière, ont fini par voir rouge. Mais rien de majeur, quelques insultes, deux ou trois mots des policiers et les chants sont revenus. «On est là pour s'amuser», résumait Cesar Ferreira, qui voulait d'abord digérer la défaite avant de décider s'il allait continuer la fête quand même.
«Hellas! Hellas!»
Un peu plus haut, dans Parc-Extension, le carnaval des champions était parti pour durer longtemps sur la rue Jean-Talon. La police avait fermé le secteur, et les Grecs sont descendus en masse dans la rue, certains déjà vêtus du chandail de la victoire, fraîchement imprimé. Dans les rues des environs, les gens paradaient dans leurs voitures à grands coups de klaxons et de cris de joie, certains passagers à moitié sortis par les fenêtres pour agiter les drapeaux. En scandant «Hellas! Hellas!», les fêtards souriaient et se serraient la main d'une voiture à l'autre, indifférents au bouchon monstre qu'ils étaient en train de créer. «C'est une surprise énorme pour nous, commentait Gorassimos Choutoumadis, arborant un large sourire. On ne pensait même pas tenir un match et voilà qu'on gagne le tournoi! Mais le plus beau, c'est de voir tout le monde ici, dans la rue. Il y a des jeunes, des vieux, on est tous réunis autour du sport. C'est magique de voir ça.» Et Choutoumadis exultait encore un peu plus en pensant que c'était loin d'être fini: les Olympiques s'en viennent, rappelait-il. «C'est une très grosse année pour un petit pays comme le nôtre, faut en profiter.»
La police de Montréal n'avait signalé en début de soirée aucun incident déplorable.
Et ils l'ont fait, la fête. Par milliers, les amateurs de foot montréalais d'origine grecque ou portugaise (et aussi simplement québécoise) sont sortis écouter la partie dans les restaurants et les bars de la ville. On s'en doute, c'était archi-bondé partout. «On ne voit rien, disait un partisan portugais devant le Grand Bayou, rue Rachel, mais il faut être là. On suit comme on peut, et quand les autres crient, on crie.»
À l'intérieur, la place était surchauffée. Des bières sur les tables, les clients enroulés dans des drapeaux du Portugal regardaient fixement l'écran en hurlant à la moindre percée de leur équipe. Et quand ça échouait, ils se prenaient la tête à deux mains et se rassoyaient, avant de recommencer l'instant d'après. «Ç'a été une belle partie, excitante», disait à la fin Cesar Ferreira, un Portugais de Montréal dont le maquillage rouge et vert avait fini par couler sur les joues à force de chaleur ou de larmes, allez savoir. «La Grèce a une excellente équipe, ils ont bien joué. C'est la loi du sport et c'est correct. On a vécu de beaux moments.» Un sentiment que disaient partager d'autres clients interrogés à chaud.
Dehors, des centaines de Portugais agitaient d'ailleurs leurs drapeaux et chantaient, à croire qu'ils avaient gagné. Une petite échauffourée a éclaté quand une supporteure grecque est allée parader avec son grand drapeau bleu au nez des fans, dont certains, aidés par la chaleur et peut-être un peu de bière, ont fini par voir rouge. Mais rien de majeur, quelques insultes, deux ou trois mots des policiers et les chants sont revenus. «On est là pour s'amuser», résumait Cesar Ferreira, qui voulait d'abord digérer la défaite avant de décider s'il allait continuer la fête quand même.
«Hellas! Hellas!»
Un peu plus haut, dans Parc-Extension, le carnaval des champions était parti pour durer longtemps sur la rue Jean-Talon. La police avait fermé le secteur, et les Grecs sont descendus en masse dans la rue, certains déjà vêtus du chandail de la victoire, fraîchement imprimé. Dans les rues des environs, les gens paradaient dans leurs voitures à grands coups de klaxons et de cris de joie, certains passagers à moitié sortis par les fenêtres pour agiter les drapeaux. En scandant «Hellas! Hellas!», les fêtards souriaient et se serraient la main d'une voiture à l'autre, indifférents au bouchon monstre qu'ils étaient en train de créer. «C'est une surprise énorme pour nous, commentait Gorassimos Choutoumadis, arborant un large sourire. On ne pensait même pas tenir un match et voilà qu'on gagne le tournoi! Mais le plus beau, c'est de voir tout le monde ici, dans la rue. Il y a des jeunes, des vieux, on est tous réunis autour du sport. C'est magique de voir ça.» Et Choutoumadis exultait encore un peu plus en pensant que c'était loin d'être fini: les Olympiques s'en viennent, rappelait-il. «C'est une très grosse année pour un petit pays comme le nôtre, faut en profiter.»
La police de Montréal n'avait signalé en début de soirée aucun incident déplorable.
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