Euro 2012 - Coup dur pour l’arbitrage à cinq
Ce but de Marko Devac refusé mardi à l’Ukraine ravive le débat sur l’appui technique à l’arbitrage.
Kiev — L’arbitrage à cinq, défendu par le président de l’Union européenne de football, Michel Platini, a subi un coup dur mardi à l’Euro avec un but qui aurait dû être accordé à l’Ukraine face à l’Angleterre, ce qui a poussé Joseph Blatter, président de la Fédération internationale, à rappeler son soutien à la technologie sur la ligne de but.
« Après le match d’hier, la technologie sur ligne de but n’est plus une possibilité, c’est une nécessité », a écrit hier matin Blatter sur son compte Twitter.
L’intervention du grand patron du football mondial n’est pas anodine, alors que cet Euro en Ukraine et en Pologne était l’occasion de tester pour la première fois l’arbitrage à cinq lors d’un grand tournoi international.
Le mauvais jugement de mardi soir tombe au mauvais moment pour l’UEFA, qui avait prévu de longue date une conférence de presse hier matin avec l’ancien arbitre international Pierluigi Collina, patron des arbitres de l’Union.
Le célèbre chauve avait prévu de vanter les mérites de l’arbitrage à cinq. Il a reconnu d’entrée « une erreur humaine », restant stoïque, sauf quand un journaliste ukrainien a haussé le ton pour parler de l’élimination de l’Ukraine, après ce match. Collina a répondu sèchement qu’il trouvait dommage qu’on ne se souvienne que des « erreurs des arbitres ».
Kassai quitte le tournoi
Les arguments de Collina — « 95,7 % de bonnes décisions des arbitres assistants » — ou ceux de Gianni Infantino, secrétaire général de l’UEFA — « une erreur sur 1000 cas en trois ans d’expérimentation » — pèseront peu face au pouvoir des imagés télé.
Malgré la présence d’un assistant supplémentaire placé à la hauteur de la ligne de but, l’arbitre central hongrois Viktor Kassai n’a pas accordé de but à l’Ukraine alors que le tir de Marko Devic avait manifestement franchi la ligne avant d’être dégagé par l’Anglais John Terry. L’Angleterre menait alors 1-0, score sur lequel elle s’est finalement imposée.
Kassai a quitté le tournoi avec trois autres arbitres lors de l’écrémage prévu après la phase de groupes. « Il est un des meilleurs », a insisté Collina.
Platini voulait éviter à tout prix la répétition d’une erreur semblable commise à la Coupe du monde 2010. Un temps partisan de l’introduction de l’assistance vidéo à l’arbitrage, l’ancien numéro 10 des Bleus plaide depuis maintenant plusieurs années en faveur de l’arbitrage à cinq.
Par deux fois lors de cet Euro, le système avait pourtant semblé faire la preuve de son efficacité : une frappe de Pepe rebondissant sur la ligne lors du match Portugal – Allemagne n’avait pas été validée par l’arbitre français Stéphane Lannoy et un but avait été accordé à l’Italien Antonio Cassano dont le coup de la tête contre l’Irlande avait bien franchi la ligne avant de ressortir.
Mais le tweet de Blatter hier semble indiquer que cela ne suffira pas à laisser la technologie sur la ligne de but au rang de projet, alors que deux systèmes concurrents sont actuellement testés et qu’une décision à ce propos doit être prise par le Board le 5 juillet.
Platini, qui a peur d’un engrenage avec toujours plus de recours à la technologie sur toutes les actions, semble résigné. « Joseph Blatter va le faire », a-t-il prédit lundi.








