Libre opinion - Un babil dérisoire
Bouillant pour la énième fois devant les commentaires faits pendant la Coupe du monde de foot (soccer), je me permets de commettre cette rapide missive, dont le sujet est hélas partagé par beaucoup de téléspectateurs: il s'agit de la qualité des commentaires — hélas, les francophones — des matchs.
Comment peut-on commenter des rencontres de ce niveau sur la chaîne nationale sans un minimum de connaissances du jeu, de ses règles, techniques, tactiques de son histoire et de sa sociologie (structures techniques nationales, carrière des joueurs, politique de la FIFA, vie et rôle de l'équipe, etc.)?
Car de fait, Radio-Canada nous inflige une équipe de journalistes — au demeurant fort sympathique — dont les compétences dans le domaine semblent affleurer le vide absolu; vide meublé par un égrenage inepte et sans intérêt de la course du ballon...
Incapables d'analyse technique ou tactique, ceux-ci administrent au néophyte des rencontres incompréhensibles, dont personne ne l'aide à lire ou juger du déroulement, de la qualité. L'amateur, lui, est réduit à une froide colère devant les bourdes nombreuses d'agents d'ambiance incapables d'expliciter le jeu (c.-à-d. de le faire vivre), de décider si une frappe est dangereuse, un drible est de qualité, une construction est intelligente, un arrêt est décisif ou évident... Que se passe-t-il exactement sur le terrain? Comment fonctionnent les équipes? Pourquoi tel geste est-il réussi, raté, y-a-t-il faute? Pourquoi tel joueur est-il à sa place ou pas? Où sont les points faibles de la formation?
Autant de questions qui restent sans réponses au profit d'un babil dérisoire entaché de nombreuses erreurs techniques: on ne sait pas ce qu'est un petit ou un grand pont, une aile-de-pigeon, un tir tendu, on ne sait pas juger s'il y a faute, d'aucune subtilité des règles, pourquoi le carton... le commentaire dénué de profondeur est totalement passif.
Étant responsable d'un lieu public où se retrouvent autant d'amateurs que de passionnés, je craque donc aujourd'hui, vous signalant que nombre de spectateurs francophones en sont réduits à zapper sur les chaînes anglophones ou hispanophones où les commentaires sont d'une tout autre qualité; mais également pour vous rappeler les devoirs d'un service public de l'information: éducation, élévation, stimulation. Car j'ai la faiblesse de croire que de bons commentaires aident à la genèse d'une belle culture. Et aident les futurs joueurs et entraîneurs à développer un jeu plus complet, intelligent, efficace, ce qui de toute évidence change la donne sur le terrain...
Un dernier mot pour exonérer l'un de vos commentateurs de cette diatribe dont on se serait bien passé: la voix du bon Jean Gounelle sonne toujours à nos oreilles comme un soulagement et une exception notable à l'ensemble de ces critiques, mais j'ai peine à croire que vos équipes en soient inconscientes. N'entendez-vous pas l'énorme différence? Et je vous prie de croire que cet avis est partagé par de nombreux amateurs provenant des cinq continents...
Bien à vous, et merci tout de même pour l'ensemble de vos services, mais de grâce, réagissez!
***
Olivier Campo - Gérant de bar et ancien journaliste
Comment peut-on commenter des rencontres de ce niveau sur la chaîne nationale sans un minimum de connaissances du jeu, de ses règles, techniques, tactiques de son histoire et de sa sociologie (structures techniques nationales, carrière des joueurs, politique de la FIFA, vie et rôle de l'équipe, etc.)?
Car de fait, Radio-Canada nous inflige une équipe de journalistes — au demeurant fort sympathique — dont les compétences dans le domaine semblent affleurer le vide absolu; vide meublé par un égrenage inepte et sans intérêt de la course du ballon...
Incapables d'analyse technique ou tactique, ceux-ci administrent au néophyte des rencontres incompréhensibles, dont personne ne l'aide à lire ou juger du déroulement, de la qualité. L'amateur, lui, est réduit à une froide colère devant les bourdes nombreuses d'agents d'ambiance incapables d'expliciter le jeu (c.-à-d. de le faire vivre), de décider si une frappe est dangereuse, un drible est de qualité, une construction est intelligente, un arrêt est décisif ou évident... Que se passe-t-il exactement sur le terrain? Comment fonctionnent les équipes? Pourquoi tel geste est-il réussi, raté, y-a-t-il faute? Pourquoi tel joueur est-il à sa place ou pas? Où sont les points faibles de la formation?
Autant de questions qui restent sans réponses au profit d'un babil dérisoire entaché de nombreuses erreurs techniques: on ne sait pas ce qu'est un petit ou un grand pont, une aile-de-pigeon, un tir tendu, on ne sait pas juger s'il y a faute, d'aucune subtilité des règles, pourquoi le carton... le commentaire dénué de profondeur est totalement passif.
Étant responsable d'un lieu public où se retrouvent autant d'amateurs que de passionnés, je craque donc aujourd'hui, vous signalant que nombre de spectateurs francophones en sont réduits à zapper sur les chaînes anglophones ou hispanophones où les commentaires sont d'une tout autre qualité; mais également pour vous rappeler les devoirs d'un service public de l'information: éducation, élévation, stimulation. Car j'ai la faiblesse de croire que de bons commentaires aident à la genèse d'une belle culture. Et aident les futurs joueurs et entraîneurs à développer un jeu plus complet, intelligent, efficace, ce qui de toute évidence change la donne sur le terrain...
Un dernier mot pour exonérer l'un de vos commentateurs de cette diatribe dont on se serait bien passé: la voix du bon Jean Gounelle sonne toujours à nos oreilles comme un soulagement et une exception notable à l'ensemble de ces critiques, mais j'ai peine à croire que vos équipes en soient inconscientes. N'entendez-vous pas l'énorme différence? Et je vous prie de croire que cet avis est partagé par de nombreux amateurs provenant des cinq continents...
Bien à vous, et merci tout de même pour l'ensemble de vos services, mais de grâce, réagissez!
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Olivier Campo - Gérant de bar et ancien journaliste








