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Jeux olympiques - Abdou Diouf est déçu de la place réservée au français

Lisa-Marie Gervais   12 février 2010 09h02  Jeux olympiques
«Les officiels, les experts et les politiciens sont rarement des alliés» dans le combat pour la protection du français, dénonce le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
«Les officiels, les experts et les politiciens sont rarement des alliés» dans le combat pour la protection du français, dénonce le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf.
Alors que le rideau s’ouvre sur les XXIes Jeux olympiques d’hiver à Vancouver, le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, se dit toujours inquiet de l’état du français dans l’organisation des Jeux.

Si la Chine avait remporté une médaille pour ses progrès dans la reconnaissance du français lors de ses Jeux d’été, Vancouver risque de ne même pas monter sur le podium. «Avec les Jeux au Canada, dans un pays officiellement bilingue, je me suis dit que ça allait être les feux d’artifice, que le pays allait avoir 20 sur 20. Mais je me trompais. J’étais dans un milieu où ce n’était pas naturel, car avec le fédéralisme français, nous étions dans une province où le français ne se parlait pas facilement, a dit M. Diouf, de passage hier dans les hier dans les bureaux du Devoir. Nous [sommes] dans cette province où la langue française est loin derrière l’anglais et le chinois. Ce n’est pas évident.»

Depuis le début de sa préparation, le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Vancouver (COVAN) a essuyé quelques critiques. On a notamment dénoncé le fait que la télédiffusion des jeux en français ne serait pas accessible sur tout le territoire canadien, tout comme l’absence de version française du site Internet touristique de la Colombie-Britannique. Jusqu’à tout récemment, l’anneau de glace de 178 millions, où se tiendront les épreuves de patinage de vitesse à Richmond, portait une inscription unilingue anglaise.
 
Dépêché sur place, le grand témoin de la Francophonie des Jeux, Pascal Couchepin, ancien président de la Confédération suisse, est tout de même parvenu à signer une convention entre l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le COVAN. Cet accord comprend diverses mesures pour que le français soit respecté sur le plan de la signalétique, des annonces, de la documentation, du site Internet, etc. «Notre objectif est non seulement de rendre le français visible, mais également de partir de ces Jeux avec un legs linguistique à transmettre aux Jeux futurs», a insisté celui qui a été premier ministre et président du Sénégal.
 
Invitation à la délinquance

S’exprimant avec éloquence et finesse, M. Diouf, qui n’a pas la langue de bois, ne se gêne pas non plus pour déplorer que le français soit relégué au second plan dans des grandes institutions internationales, comme l’ONU, qui a pourtant adopté le français, aux côtés de l’anglais, comme langue de travail. «De plus en plus de documents sont faits en anglais. Les fonctionnaires internationaux s’expriment aussi de plus en plus dans cette langue», a souligné le secrétaire général de l’OIF, qui constate que «les officiels, les experts et les politiciens sont rarement des alliés» dans le combat.
 
Prétendant avoir éliminé le mot «découragement» de son vocabulaire, le secrétaire général continue d’écrire régulièrement des lettres pour rappeler à l’ordre les pays récalcitrants. «J’écrirai jusqu’à l’agacement parce que c’est mon devoir, sinon à quoi je sers?» Il invite même certains dirigeants ou personnalités de pouvoir à faire des coups d’éclat, comme lorsque Jacques Chirac avait boycotté l’intervention en anglais du patron du MEDEF au sommet de l’Union européenne en mars 2006. «J’approuve ce genre de délinquance, cette intransigeance. C’est tolérance zéro.»
 
«Haïti fait partie de mon jardin francophone»

Reconnaissant que le combat n’est jamais facile, M. Diouf déplore le fait que son organisation n’ait pas été invitée à Montréal pour participer à la conférence sur la reconstruction d’Haïti malgré qu’il en ait fait la demande. «Nous pouvons apporter une voix, une expertise [...] et aider à la reconstruction, surtout culturelle, a souligné M. Diouf. Je n’ai rien contre les États-Unis, mais chacun doit cultiver son jardin. Haïti fait partie de mon jardin francophone. [... ] Beaucoup de moyens vont venir de partout, mais on veut que l’âme haïtienne, dans sa créolité, sa francophonie, demeure.» 
 
Lors du prochain sommet de l’OIF à Montreux, en Suisse, l’heure sera au bilan pour l’organisme qui célébrera ses 40 ans de création. Comment cette organisation, regroupant 56 membres et 14 observateurs, aura su gérer la francophonie? Le rapport de l’Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone, sous la responsabilité de l’Université Laval, aidera également à faire le point sur l’état de cette «langue d’élégance, de précision et de clarté», conclut M. Diouf.











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  • garabru
    Inscrit
    vendredi 12 février 2010 06h42
    Le latin et le grec
    La situation linguistique internationale actuelle est très comparable à celle du monde antique , l'anglais occupant la place du latin (lingua franca du commerce , des voyages ,etc.) et le français tenant la place du grec , langue d'élite difficile appuyée sur le pouvoir de l'esprit et non celui de l'argent.

    La Grèce conquise sut conquérir son farouche vainqueur , la même chose est possible aujourd'hui pour les raisons "d'élégance, précision et clarté" que mentionne fort justement Monsieur Diouf . Dans mes nombreux voyages , je suis toujours étonné de découvrir souvent une étonnante maîtrise du français dans des pays fort reculés sans même parler du cas évident de l'Europe de l'Est (où l'utilité pratique du français se range loin derrière celle de l'anglais et de l'allemand).
    La Francophonie est un bon combat . Etant moi-même de langue maternelle anglaise , j'envie même un peu le sort du français , qui a gardé sa pureté et sa dignité.

    L'anglais étant devenu un produit de masse international , je souffre tous les jours de voir ma langue vilifiée (butchered) en une infinité de pidgins bas de gamme à peine mutuellement intelligibles . Il me faut bien de la patience pour supporter , comme récemment , un dialogue en "anglais" entre un Russe et un Espagnol.

    L'article me eemble donc excellent et bien venu.

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    vendredi 12 février 2010 07h29
    Une illusion...
    Faut-il se surprendre de cette situation?...

    Rien ne change vraiment au Kénéda...

    Le bilinguisme canadien est une illusion. Qu'on se le dise!

    L'Alouette en colère

  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 12 février 2010 08h02
    Négligence inacceptable
    Je veux bien croire qu'on parle surtout anglais et chinois à Vancouver, mais ce n'est pas une raison pour négliger, comme semblent l'avoir fait jusqu'ici les organisateurs des Jeux d'hiver présentés par cette ville, le français qui - on dirait qu'ils l'ont oublié - est à la fois l'une des deux langues officielles du Canada et des Jeux olympiques !

    Incroyable à dire, mais les Américains ont fait mieux lors de la présentation des Jeux de Salt Lake City en 2002.

    En passant, pourquoi le premier ministre du Québec et chef du seul parlement d'Amérique du Nord où la majorité des élus sont de langue française, Jean Charest, n'a-t-il pas protesté jusqu'ici à ce sujet ? Parce qu'il préfère parler d'environnement ?

    NOTE : lors des Jeux olympiques de Barcelone en 1992 - je m'en rappelle encore - la présentation se faisait toujours en 4 langues, soit l'espagnol, le catalan, le français et l'anglais. Pour le respect des langues, on a jamais fait mieux ailleurs !

  • Michel Gaudette
    Inscrit
    vendredi 12 février 2010 09h20
    Signe du déclin de la francophonie
    Avec la montée des pays émergeants (Chine, Inde), le français prendra de moins en moins de place sur la scène mondiale.

    Le pilier de la francophonie, la France, est un pays en déclin incapable de relever les défis de la mondialisation.
    Alors...

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 12 février 2010 09h29
    Une occasion à ne pas rater
    La présentation des Jeux olympiques au Canada, dans l'ouest du Canada, offrait aux anglos l'occasion de faire savoir aux Québécois et aux Canadiens français que leur langue n'avait pas le statut que la loi sur le bilinguisme lui attribue. Aussi de contribuer à mettre fin à la tradition qui veut que la langue officielle les jeux olympiques soit le français. Pierre de Coubertin ? Connais pas ?
    Roland Berger
    St Thomas, Ontario

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 12 février 2010 10h49
    @ M Berger
    @ M Berger et au autre qui viendront
    Le français, à Vancouver au jeux ne devrait pas recevoir plus de place que ces même québécois veulent laisser à l'anglais au Québec. C-à-d une place de second rang et même pire selon certain.
    Moi je prétend que le français doit être sur le même pied là bas et ICI.

  • Pierre-E. Paradis
    Inscrit
    vendredi 12 février 2010 11h12
    Signe du déclin du Canada
    Un autre échec du bilinguisme à mettre dans le même panier que la prorogation du Parlement, le culte du secret au bureau du premier ministre, les querelles dans les forums internationaux au sujet de l'environnement, etc. etc.

    Ce pays va s'effondrer sur lui-même car il ne sait même plus sur quoi il repose, quelles sont ses valeurs.

    D'où l'enflure médiatique au sujet du «hockey valeur commune», Tim Hortons et la chasse au phoque dans les grands espaces nordiques.

    Bref, si les athlètes canadiens ne performent pas comme prévu à Vancouver, le Canada aura le nez encore plus rapidement dans son merdier politique.

  • Yvon Thivierge
    Inscrit
    vendredi 12 février 2010 11h20
    Quand notre PM est francophobe ...
    Détrompez-vous : ce n'est pas parce que Stiff Harpeur parle français couramment et qu'il ne rate jamais une occasion d'en user qu'il est francophile pour autant. Je l'ai enfin compris des années après son élection comme notre premier ministre CONservateur. Sous couvert d'amoureux du français, son but avoué est l'abolition du bilinguisme officiel pour faire du Canada un État unilingue anglais !

  • garabru
    Inscrit
    vendredi 12 février 2010 12h58
    Ni Hao , Claude Archambault
    Si on prend , comme vous semblez le faire , le parti de la langue la plus parlée , passons tout de suite au mandarin comme est en train de le faire l'Asie du Sud-Est aux dépens de ...l'anglais , qui commence à son tour à décliner.

    Sur le Québec , ou bien vous avez "blown a gasket" ("pété une durite ?) , ou vous avez une vie bien triste . Mépriser ou haïr la langue de là où on habite , c'est à soi-meme sa propre punition.

  • France Marcotte
    Abonnée
    vendredi 12 février 2010 16h25
    Toujours bilingue
    L'athlète lui-même n'est pas tellement respecté dans l'organisation des Jeux "limpides", pourquoi les francophones le seraient-ils? L'athlète y est une espèce de bête de cirque qui doit absolument être premier sous peine d'aboutir dans la fosse aux lions. On n'a pas beaucoup de respect pour tous ses efforts, il est entraîné à monter sur le podium. Rien d'étonnant à ce qu'on préférerait n'y entendre que l'anglais, le nouvel espéranto. À moins que la deuxième langue officielle soit maintenant le mandarin et qu'on ait oublier de nous prévenir? C'est si loin Vancouver.

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 12 février 2010 17h20
    Pourquoi pas le mandarin ?
    Oui, pourquoi le mandarin, comme s'interroge Madame Turcotte. Il paraît qu'il aurait beaucoup, beaucoup de Chinois en Colombie chinoise, pardon, britannique. Pourquoi ces asiatiques devraient-ils entendre les officiels des jeux parler en français ? Non sens.
    Roland Berger
    St Thomas, Ontario

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 12 février 2010 17h23
    À garabru
    Si vous lisez régulièrement les commentaires de Monsieur Archambault, vous savez déjà qu'ils reposent sur un parti pris manifeste. Il ne compare jamais les services en français offerts aux Canadiens français des autres provinces que le Québec avec ceux offerts aux anglos du Québec, ces pauvres martyrs de l'unilinguisme des Québécois. Comme on dit, à prendre avec un grain de sel.
    Roland Berger
    St Thomas, Ontario

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    vendredi 12 février 2010 17h40
    Pourquoi comparer?
    Vous savez bien, monsieur Berger, que parler anglais est un droit divin et imprescriptible... La français, ça n'est que la langue d'un groupe ethnique...

  • Alain Lavallée
    Abonné
    samedi 13 février 2010 06h22
    Honteux, un échec canadien
    Évidemment que le Canada qui se prétend bilingue devait être exemplaire en matière de bilinguisme.

    Et ce d'autant plus qu'une grande partie des quelques 40 millions $ coupés dans une quinzaine de programmes culturels à l'automne de 2008, par le gouvernement du Canada (ministre Verner-Patrimoine Canada) ont été réalloués vers 2 projets entourant les JO de Vancouver, à savoir:

    I- le parcours de la flamme olympique (très coûteux, il a été le plus long de tous les temps 106 jours et le plus long en distance, 45 000 kms... que vou;lez-vous c'est le prix de la célébration de l'unité canadienne "coast to coast")

    II- les programmes de bilinguisation des JO, à savoir s,assurer que le français soit respecté à Vancouver Canada, lors des JO.
    Il y a bien des affiches bilingues, mais pour le bilinguisme du personnel c'est un échec .

    Honteux, 15 programmes culturels ont été coupés en 2008 , inutilement, ils n'auront servis qu'à branler le drapeau et la flamme,
    le bilinguisme n'est pas au rendez-vous pour les JO, alors que le français est la langue officielle de l'Olympisme.

  • Alain Deloin
    Inscrit
    dimanche 14 février 2010 12h32
    il n'y a pas de solution M. Diouf
    A moins de faire rentrer des millions d'immigrants francophones, qui ne peuvent venir que d'Afrique, et de les etaler sur tout le territoire de St John a Tofino.
    Ces immigrants preferent generalement la France qui fait figure de paradis social a cote des provinces canadiennes. Sur le plan economique la France perd a laisser rentrer des immigrants peu qualifies qui grossissent le rang des chomeurs et de la delinquance.
    Le Canada gagne avec une immigration asiatique laborieuse (mais anglophone).
    Quant a la cause du francais au pays en dehors du Quebec, elle ne tient pas economiquement, et ne peut etre defendue que par poumon artificiel.
    Tout le monde en est bien conscient, mais une partie du pays est schizophrene. Quel quebecois serait pret a renoncer a des milliards de perequation chaque annee, pour colorer artificiellement le paysage canadien en francais "coast to coast" (cost, too cost?).

  • nonauracisme
    Inscrit
    dimanche 14 février 2010 21h52
    @Alain Deloin:Le mensonge est une mauvaise habitude
    Vous dites:
    Ces immigrants preferent generalement la France qui fait figure de paradis social a cote des provinces canadiennes. Sur le plan economique la France perd a laisser rentrer des immigrants peu qualifies qui grossissent le rang des chomeurs et de la delinquance.
    Le Canada gagne avec une immigration asiatique laborieuse (mais anglophone).

    Quel immigrants prefere la France? Les immigrants africains qui terminent top de leur classe qui sont au chomage sont peu qualifies?
    Il ne faut pas compare un refugie economique qui cherche l'aventure a quelequ'un qui est sorti de la sorbonne qui tourne en vide a cause de la couleur de sa peau.Ce genre de mentalite n'est pas bienvenue au canada ni aux etats unis car nos mentalites evolutive.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 17 février 2010 13h57
    Vancouver et les Olympiques d`hiver
    Les Olympiques d`hiver sont un événement mondial. Une vision internationale est requise du Comité organisateur. Malheureusement Vancouver s`est faite élire sous de fausses représentations. L`esprit égocentric régional a prédominé. Les presses britannique et américaine se sont saisies des problèmes internes du Comité organisateur. L`incompétence inconsciente mène toujours à des critiques acerbes. Le Canada s`attendait à mieux pour protéger sa réputation. Les Olympiques d`été de Montréal en 1976 d`auront pas suffi pour leur faire comprendre leur rôle international. Tant pis car une vision internationale n`a pas encore atteint Vancouver en 2010.

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    vendredi 19 février 2010 21h32
    Nous sommes au Canada
    Faut-il rappeler que nous sommes au Canada.

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