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Le lent départ du Canada aux JO est un signe de sous-financement

Pékin — Les dirigeants de la délégation canadienne disent de patienter, que les médailles vont venir. Mais bien des gens au pays ont de la difficulté à comprendre comment le Togo, un tout petit pays avec une délégation de quatre athlètes, avait déjà une médaille de bronze pendant que l'armée de 331 athlètes canadiens avait été blanchie après les sept premiers jours de compétitions des Jeux olympiques de Pékin.

Dans les faits, ce n'était que dans trois disciplines que le Canada avait des chances légitimes d'accéder au podium au cours de la première semaine: Alexandre Despatie et Arturo Miranda en plongeon synchronisé, au relais masculin style libre en natation et Brent Hayden au 100 mètres libre.

La différence, cette fois, c'est qu'on n'a eu droit à aucun vainqueur venu de nulle part, comme Lori Ann Muenzer au cyclisme sur piste il y a quatre ans, ou Simon Whitfield, qui avait remporté le triathlon dès la deuxième journée des JO en 2000.

Le monde du sport n'est pas resté sans bouger. Pendant que le Canada faisait du jogging, les autres pays sprintaient, alors que le financement du sport au Canada a piqué du nez à la fin des années 1980 ainsi que dans les années 1990. Après avoir raflé 22 médailles en 1996, le Canada n'a eu qu'une récolte de 14 en 2000, puis de 12 en 2004.

Il faut jusqu'à deux décennies pour produire un médaillé olympique. A cause de toute les graines qu'on a négligé de semer au Canada ces 20 dernières années, la récolte en prend un coup à Pékin.

Le scandale du dopage auquel Ben Johnson a donné naissance en 1988 n'a pas aidé le sport amateur — ni son financement — à l'époque, mais il semble que le véritable problème, ce soit qu'il n'y ait pas eu de plan de match cohérent depuis ce temps.

On est en voie d'instaurer des modifications à la structure des sports d'été au Canada, mais celles-ci sont venues trop tard pour avoir un impact à Pékin. Le gouvernement fédéral a promis, en février, de donner plus d'argent au cours des quatre prochaines années en vue des Jeux de 2012 à Londres et des JO suivants.

On a convaincu le Canadien Alex Baumann, un ancien champion olympique, de quitter l'Australie, il y a un an et demi, afin de diriger le programme «Vers l'excellence». Vers l'excellence est inspiré de «A nous le podium», un plan quinquennal de 110 millions $ ébauché en 2005 pour les sports d'hiver dans le but de permettre au Canada de terminer au sommet du classement des médailles lors des Jeux de Vancouver en 2010.

Vers l'excellence profitera d'une somme de 20 millions $ en subventions fédérales en 2008-09, de 28 millions $ l'année suivante et de 36 millions $ à chacune des deux années suivantes d'ici 2012. Mais le Canada accuse un retard si grand sur les autres pays dans les sports d'été que les objectifs sont plus modestes ici à Pékin — une place parmi les 16 premiers au classement des médailles — et à Londres — parmi les 12 premiers. Il sera quasi impossible de se hisser un jour parmi les cinq premiers, à moins que le Canada commence à financer très généreusement le sport amateur, comme on le fait en Australie.

Après avoir remporté cinq médailles aux Jeux de Montréal en 1976, l'Australie a accouché d'une stratégie concertée dans le but de mieux rivaliser avec les autres pays et a développé l'Institut du sport australien — une structure intégrée d'installations et de programmes sportifs située dans une banlieue de Canberra.

Un système

Ce n'est qu'en 1996 que les efforts de l'Australie ont commencé à porter fruits. Puis, les Australiens ont raflé 58 médailles, dont 16 d'or, à leurs propres Jeux en 2000.

«Une fois que le système se met en marche, ça devient beaucoup plus facile, souligne Baumann. Nous sommes en bas de l'échelle pour l'instant et ça va prendre du temps.» L'Australie, un pays axé sur les sports d'été, a un budget d'environ 250 millions $ pour le sport, a indiqué Baumann. Les Australiens — qui avaient 20 médailles après sept jours de compétitions à Pékin — trouvent que c'est peu et ils affirment qu'il faudrait une somme additionnelle de 200 millions $ pour les garder au sein de l'élite mondiale, a ajouté l'ancien nageur canadien.

De son côté, le gouvernement canadien dépensera 166 millions $ sur le sport, tant pour les disciplines d'été que d'hiver, en 2008-09.

Les États-Unis excellent tant dans les Jeux d'hiver que d'été. Ils ont terminé premiers avec 102 médailles à Athènes en 2004, et deuxièmes en 2006 à Turin avec 25.

Le Comité olympique américain ne reçoit pas des subventions du gouvernement fédéral de façon continue, mais finance ses activités à l'aide de commandites, de dons et d'investissements effectués à l'aide de surplus budgétaires issus des Jeux de Los Angeles en 1984.

Baumann doit partager sa tarte budgétaire avec un plus grand nombre de sports qu'on ne doit le faire du côté des sports d'hiver. Il veut donc accorder de l'argent à un groupe sélect de disciplines.

«Si ça veut dire tenter de faire les choses de la bonne façon dans six, sept ou huit sports, j'aimerais mieux faire ça que d'essayer d'y aller trop large», a-t-il dit.

Les fédérations nationales plaideront leur cause auprès de Baumann en novembre dans le but d'obtenir davantage de financement. Les performances à Pékin auront un impact sur ses décisions.

«Pékin est un bon indicateur de ce qu'est la marge entre nous et nos concurrents», a-t-il noté.






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