Hors-Jeu - Huit par huit
Photo : Agence Reuters
Yao Ming a beau dominer les Américains — ou, du moins, Dewight Howard — par la taille, il n’a pas pu offrir hier une victoire en basketball à la Chine, vaincue 101 à 70 par la Redeem Team en ronde de qualification.
On aura tout le temps de reparler de Michael Phelps, de toute manière il les prend une par une, alors pourquoi pas nous aussi, ça se demande. Sa quête de huit médailles d'or, a-t-il dit, est essentiellement une affaire de journalistes qui aiment les gros chiffres, et il a bien raison. Quand les médias peuvent mettre «40 000 000 000 000 000» en manchette, ils sont au comble de la joie. Même si on ne sait pas quarante millions de milliards de quoi, ça vaut mieux que zéro, comme dans «nombre de médailles obtenues par le Canada jusqu'à maintenant», on se demande si on ne devrait pas commencer à s'inquiéter. Je vous jure, vous n'avez qu'à écouter la télévision d'État pour vous en convaincre.
Et puis, la vraie nouvelle du jour, c'est plutôt l'hymne national des États-Unis qui a été passablement massacré après la première médaille d'or de Phelps, en présence de George W. soi-même en personne s'il vous plaît. Deux passages sautés, puis la mélodie s'est arrêtée, curieusement, juste au moment où le monde entier s'apprêtait à fredonner «the land of the free». Pour de nombreuses allégations de conspiration communiste, visitez le Net.
Et puis encore, Phelps reste modeste. Ce qui n'est pas le cas de LeBron James. Nouveau leader de l'équipe de basket des USA, James a, dans une entrevue accordée au magazine Time, «garanti» une médaille d'or pour sa formation. En fait, il n'a pas prononcé le mot «garanti». On lui a demandé s'il garantissait et il a répondu «absolument». Il s'en est trouvé pour trouver ça un peu baveux, mais ceux-là ne connaissent pas la différence entre l'arrogance et la confiance en soi, comprenez-vous? D'ailleurs, interrogés au sujet de cette assurance, ses coéquipiers ont dans l'ensemble dit: ben quoi? Et comme il y a cinq matchs au tour préliminaire, puis un quart de finale, puis une demi-finale, puis une finale, cela signifie que James et les siens les prennent huit par huit.
Cela étant, il ne s'agit plus du Dream Team. Pas après la troisième place à Athènes. Pas après la troisième place aux championnats du monde de 2006, au Japon. La sélection nationale est plutôt devenue le Redeem Team, l'équipe de la rédemption. Cela ne vous donne pas un sens de la destinée, vous? En tout cas, ils ont plutôt bien amorcé leur parcours, victoire de 101-70 contre la Chine et Yao Ming, qui joue cependant pratiquement sur une seule jambe et dont j'ai oublié de vous dire l'autre jour qu'il avait été nommé «travailleur modèle» par son pays en 2005.
Et puis encore, il était tout aussi intéressant de suivre Luca Marin que Phelps en finale du 400 m quatre nages samedi soir. Vous ne suivez pas les potins, ou vous faites semblant que ça ne vous intéresse pas? Alors voici: il y a un an, Marin était l'ami de coeur de la championne française Laure Manaudou. À un moment donné, Manaudou a tout laissé tomber, entraîneur et logement résidentiel, pour aller rejoindre Marin en Italie. À un autre moment donné, quelques mois plus tard, la relation de couple a déploré une détérioration, et Manaudou est allée remettre à son dorénavant ex sa bague de fiançailles, devant les coéquipiers de Marin. Celui-ci, furax, aurait par la suite fait irruption dans la salle d'attente des compétitrices juste avant le 200 m libre féminin des championnats européens et aurait sérieusement engueulé sa désormais ex. Qui, n'ayant pas la tête à ça, a dû se contenter de la deuxième place dans l'épreuve dont elle était largement la favorite.
Et ce n'est pas tout: Marin fréquentant ultérieurement une autre nageuse, compatriote celle-là, Federica Pellegrini, il lui aurait — ah, les avantages du conditionnel — montré des photos de Manaudou nue, que Pellegrini aurait diffusées dans la grande toile. Non, je ne suis pas allé voir. Et non, je ne sais pas où en est rendue l'histoire. Pas le temps, y a du dressage équestre à la télé.
Or, comme toute est dans toute, quelles deux nageuses se retrouvaient en même temps dans la piscine du Cube d'eau de Pékin pour la finale du 400 m libre, hier soir à 23h17 HAE? Je vous laisse réfléchir là-dessus, et constituer un scénario de drame de moeurs où elles occuperaient des couloirs adjacents (ce qui n'était pas le cas puisque l'une occupait le 4 et l'autre le 1, mais chacun a droit à son rêve olympique, n'est-ce pas?).
Pour sa part, Marin a terminé cinquième. En matière de conquêtes, il faut croire que celle de Michael Phelps s'avère plus difficile.
***
Entendu hier sur les ondes de Radio-Canada: en gymnastique féminine, «les barres asymétriques sont le tendon d'Achille du Brésil». Bien sûr, me direz-vous, il n'y a pas de barres asymétriques en gymnastique masculine. Pour des raisons d'extériorité générale de l'appareil reproducteur, selon des sources, vous savez quand l'athlète se suspend à la barre supérieure et s'envoie le bassin sur l'inférieure, ça risquerait de mettre fin prématurément aux compétitions, genre.
Mais ce n'est pas ça. Par-delà les années, cela m'a rappelé qu'à RDS on avait une fois déclaré qu'un joueur de hockey était, lui, «blessé au talon d'Achille».
J'ai appelé Achille pour savoir ce qu'il en pensait, mais je suis tombé sur son répondeur. Tombé de la même manière que si j'avais fait des barres asymétriques, qui sont mon caillou dans le basket.
***
Où l'on constate que l'avis de quelqu'un qui n'y connaît rien vaut bien celui d'un expert: il y a quelques jours, la rubrique «Et puis euh» laisse sous-entendre à demi-mots à peine couverts que, après leur victoire à l'Euro, les victoires de Rafael Nadal à Roland-Garros, à Wimbledon et à la coupe Rogers, et la conquête du Tour de France par Carlos Sastre, il va falloir surveiller les Espagnols à Pékin.
Et paf, qui gagne l'épreuve de cyclisme sur route? Samuel Sanchéz, voilà qui. Et l'Espagne bat notre Canada au water-polo.
Venez pas dire que je vous l'avais pas dit, j'annonce dès maintenant que, d'ici quelques jours, on va en avoir notre claque de voir des Chinois et des Américains gagner des médailles.
***
Tous les comptes rendus locaux que j'ai pu trouver étant en islandais et mon islandais en étant encore à un stade relativement rudimentaire, je ne peux qu'extrapoler à partir de «Glaesilegur sigur a Russum» — avec des accents aigus un peu partout — pour conclure que la victoire de l'Islande contre la Russie, 33-31 dimanche en hand-ball masculin, a dû être accueillie avec un certain étonnement à Reykjavik et dans les environs. La Russie, après tout, c'est la médaille de bronze à Athènes et l'or à Sydney.
Et, a dit Guy D'Aoust samedi soir à la SRC, «l'Islande, c'est Sherbrooke». Ah non, Guy, non non non. Certes, le moindre geyser fait pâlir la défunte fontaine du Carrefour de l'Estrie, le réservoir de Pingvallavatn — ce n'est pas un P, c'est une sorte de P mais dont le demi-cercle de droite est situé au milieu de la barre de gauche et je n'arrive juste pas à trouver ça sur mon clavier, désolé pour les puristes — dépasse de loin en mètres cubes le lac des Nations et le parc national Snaefellsjökull n'a rien à envier au mont Bellevue, mais en Islande il n'y a pas de restaurants Louis Luncheonette, qui fabrique les meilleures patates frites au monde.
C'est juste qu'on ne sait pas si Sherbrooke battrait la Russie au hand-ball.
***
La scène du jour. Pendant que ça pétaille sérieusement à la maison, Natalia Paderina, médaillée d'argent, et Nino Salukvadze, médaillée de bronze, se donnent l'accolade au terme de leur épreuve. La première vient de la Russie, l'autre de la Géorgie. Qu'elles aient concouru en tir au pistolet ne relève que de l'épouvantable ironie.
La trêve olympique existe, mais pas tant que ça.
Et puis, la vraie nouvelle du jour, c'est plutôt l'hymne national des États-Unis qui a été passablement massacré après la première médaille d'or de Phelps, en présence de George W. soi-même en personne s'il vous plaît. Deux passages sautés, puis la mélodie s'est arrêtée, curieusement, juste au moment où le monde entier s'apprêtait à fredonner «the land of the free». Pour de nombreuses allégations de conspiration communiste, visitez le Net.
Et puis encore, Phelps reste modeste. Ce qui n'est pas le cas de LeBron James. Nouveau leader de l'équipe de basket des USA, James a, dans une entrevue accordée au magazine Time, «garanti» une médaille d'or pour sa formation. En fait, il n'a pas prononcé le mot «garanti». On lui a demandé s'il garantissait et il a répondu «absolument». Il s'en est trouvé pour trouver ça un peu baveux, mais ceux-là ne connaissent pas la différence entre l'arrogance et la confiance en soi, comprenez-vous? D'ailleurs, interrogés au sujet de cette assurance, ses coéquipiers ont dans l'ensemble dit: ben quoi? Et comme il y a cinq matchs au tour préliminaire, puis un quart de finale, puis une demi-finale, puis une finale, cela signifie que James et les siens les prennent huit par huit.
Cela étant, il ne s'agit plus du Dream Team. Pas après la troisième place à Athènes. Pas après la troisième place aux championnats du monde de 2006, au Japon. La sélection nationale est plutôt devenue le Redeem Team, l'équipe de la rédemption. Cela ne vous donne pas un sens de la destinée, vous? En tout cas, ils ont plutôt bien amorcé leur parcours, victoire de 101-70 contre la Chine et Yao Ming, qui joue cependant pratiquement sur une seule jambe et dont j'ai oublié de vous dire l'autre jour qu'il avait été nommé «travailleur modèle» par son pays en 2005.
Et puis encore, il était tout aussi intéressant de suivre Luca Marin que Phelps en finale du 400 m quatre nages samedi soir. Vous ne suivez pas les potins, ou vous faites semblant que ça ne vous intéresse pas? Alors voici: il y a un an, Marin était l'ami de coeur de la championne française Laure Manaudou. À un moment donné, Manaudou a tout laissé tomber, entraîneur et logement résidentiel, pour aller rejoindre Marin en Italie. À un autre moment donné, quelques mois plus tard, la relation de couple a déploré une détérioration, et Manaudou est allée remettre à son dorénavant ex sa bague de fiançailles, devant les coéquipiers de Marin. Celui-ci, furax, aurait par la suite fait irruption dans la salle d'attente des compétitrices juste avant le 200 m libre féminin des championnats européens et aurait sérieusement engueulé sa désormais ex. Qui, n'ayant pas la tête à ça, a dû se contenter de la deuxième place dans l'épreuve dont elle était largement la favorite.
Et ce n'est pas tout: Marin fréquentant ultérieurement une autre nageuse, compatriote celle-là, Federica Pellegrini, il lui aurait — ah, les avantages du conditionnel — montré des photos de Manaudou nue, que Pellegrini aurait diffusées dans la grande toile. Non, je ne suis pas allé voir. Et non, je ne sais pas où en est rendue l'histoire. Pas le temps, y a du dressage équestre à la télé.
Or, comme toute est dans toute, quelles deux nageuses se retrouvaient en même temps dans la piscine du Cube d'eau de Pékin pour la finale du 400 m libre, hier soir à 23h17 HAE? Je vous laisse réfléchir là-dessus, et constituer un scénario de drame de moeurs où elles occuperaient des couloirs adjacents (ce qui n'était pas le cas puisque l'une occupait le 4 et l'autre le 1, mais chacun a droit à son rêve olympique, n'est-ce pas?).
Pour sa part, Marin a terminé cinquième. En matière de conquêtes, il faut croire que celle de Michael Phelps s'avère plus difficile.
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Entendu hier sur les ondes de Radio-Canada: en gymnastique féminine, «les barres asymétriques sont le tendon d'Achille du Brésil». Bien sûr, me direz-vous, il n'y a pas de barres asymétriques en gymnastique masculine. Pour des raisons d'extériorité générale de l'appareil reproducteur, selon des sources, vous savez quand l'athlète se suspend à la barre supérieure et s'envoie le bassin sur l'inférieure, ça risquerait de mettre fin prématurément aux compétitions, genre.
Mais ce n'est pas ça. Par-delà les années, cela m'a rappelé qu'à RDS on avait une fois déclaré qu'un joueur de hockey était, lui, «blessé au talon d'Achille».
J'ai appelé Achille pour savoir ce qu'il en pensait, mais je suis tombé sur son répondeur. Tombé de la même manière que si j'avais fait des barres asymétriques, qui sont mon caillou dans le basket.
***
Où l'on constate que l'avis de quelqu'un qui n'y connaît rien vaut bien celui d'un expert: il y a quelques jours, la rubrique «Et puis euh» laisse sous-entendre à demi-mots à peine couverts que, après leur victoire à l'Euro, les victoires de Rafael Nadal à Roland-Garros, à Wimbledon et à la coupe Rogers, et la conquête du Tour de France par Carlos Sastre, il va falloir surveiller les Espagnols à Pékin.
Et paf, qui gagne l'épreuve de cyclisme sur route? Samuel Sanchéz, voilà qui. Et l'Espagne bat notre Canada au water-polo.
Venez pas dire que je vous l'avais pas dit, j'annonce dès maintenant que, d'ici quelques jours, on va en avoir notre claque de voir des Chinois et des Américains gagner des médailles.
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Tous les comptes rendus locaux que j'ai pu trouver étant en islandais et mon islandais en étant encore à un stade relativement rudimentaire, je ne peux qu'extrapoler à partir de «Glaesilegur sigur a Russum» — avec des accents aigus un peu partout — pour conclure que la victoire de l'Islande contre la Russie, 33-31 dimanche en hand-ball masculin, a dû être accueillie avec un certain étonnement à Reykjavik et dans les environs. La Russie, après tout, c'est la médaille de bronze à Athènes et l'or à Sydney.
Et, a dit Guy D'Aoust samedi soir à la SRC, «l'Islande, c'est Sherbrooke». Ah non, Guy, non non non. Certes, le moindre geyser fait pâlir la défunte fontaine du Carrefour de l'Estrie, le réservoir de Pingvallavatn — ce n'est pas un P, c'est une sorte de P mais dont le demi-cercle de droite est situé au milieu de la barre de gauche et je n'arrive juste pas à trouver ça sur mon clavier, désolé pour les puristes — dépasse de loin en mètres cubes le lac des Nations et le parc national Snaefellsjökull n'a rien à envier au mont Bellevue, mais en Islande il n'y a pas de restaurants Louis Luncheonette, qui fabrique les meilleures patates frites au monde.
C'est juste qu'on ne sait pas si Sherbrooke battrait la Russie au hand-ball.
***
La scène du jour. Pendant que ça pétaille sérieusement à la maison, Natalia Paderina, médaillée d'argent, et Nino Salukvadze, médaillée de bronze, se donnent l'accolade au terme de leur épreuve. La première vient de la Russie, l'autre de la Géorgie. Qu'elles aient concouru en tir au pistolet ne relève que de l'épouvantable ironie.
La trêve olympique existe, mais pas tant que ça.
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