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Federer rejoint Borg dans la légende du tennis

Le Devoir   9 juillet 2007  Jeux olympiques
Roger Federer portant fièrement sur le gazon de Wimbledon le trophée qu’il a remporté hier pour une cinquième fois de suite en battant Rafael Nadal.
Photo : Agence Reuters
Roger Federer portant fièrement sur le gazon de Wimbledon le trophée qu’il a remporté hier pour une cinquième fois de suite en battant Rafael Nadal.
La légende du tennis a un nouveau héros. En battant l'Espagnol Rafael Nadal en cinq manches, Roger Federer devient, à 25 ans, le deuxième joueur de l'ère Open à s'imposer cinq fois consécutives sur le gazon de Wimbledon. Il vient ainsi égaler le record de son prédécesseur, le Suédois Björn Borg, qui avait réalisé cet exploit entre 1976 et 1980. Il était lui aussi âgé de 25 ans.

L'émotion était à son comble pour Federer, qui venait de remporter la somptueuse finale sous les yeux de l'ex-champion suédois, maintenant âgé de 51 ans, qui assistait au match en compagnie notamment des grands champions Jimmy Connors, John McEnroe et Boris Becker. «Merci d'être venu, c'est un honneur de jouer devant vous», a dit le Suisse au vétéran suédois juché dans les estrades, en essuyant encore les larmes qui l'avaient submergé après la balle de match.

«Chaque titre est très spécial. Brandir le trophée, c'est ce qu'il y a de mieux. Rafael est un joueur fantastique, il va encore être là longtemps, alors je suis content d'avoir gagné aujourd'hui», a ajouté le nouveau champion qui s'était entraîné le matin même avec le Croate Goran Ivanisevic, pour s'habituer au style de jeu d'un gaucher.

Dès le début du match, Roger Federer avait pris le meilleur départ en se détachant 3-0 dans le premier set. Mais Rafael Nadal ne laissait pas le numéro un mondial prendre le large et a talonné son adversaire pour le pousser au jeu décisif. Federer a néanmoins réussi à voler de justesse la première manche 9-7. La suite n'aura été qu'une succession de bris d'égalité et de coude à coude enlevants. Les deuxième et quatrième manches auront été celles de Rafael Nadal, qui a profité de la fébrilité de son adversaire au service et de quelques revers expédiés au filet. Au quatrième set, l'Espagnol originaire de l'île de Majorque avait pourtant arrêté momentanément le match pour faire intervenir le kinésithérapeute pour un problème au genou droit. Quelques massages plus tard, le jeune joueur âgé d'à peine 21 ans revenait au jeu, bandage au genou, pour l'emporter 6-2 en 37 minutes.

Après avoir gagné deux manches chacun, les deux hommes allaient ensuite offrir au public une dramatique cinquième manche, la première en finale de Wimbledon depuis 2001, lorsque le Croate Goran Ivanisevic s'était imposé 9-7 dans le set décisif face à l'Australien Patrick Rafter.

Car non seulement Federer a été inquiété, mais il s'est même retrouvé au bord du gouffre au début de cette manche, lorsque son adversaire a eu à quatre reprises l'occasion de réussir un bris qui aurait pu être décisif. «Je me suis dit que c'était en train de me filer entre les doigts. J'étais nerveux. J'ai bien servi, joué intelligemment, et j'ai pris les bonnes décisions. Après, je me suis dit qu'il avait laissé passer sa chance et que j'en aurais à mon tour, et c'est exactement ce qui s'est passé», a raconté Federer, qui a réussi 24 as contre 1 et 58 services gagnants contre 33.

Il menait 5-2 lorsqu'il s'est vu offrir sa première balle de match sur le service de Nadal. Mais son coup droit a échoué hors des limites. Sur la deuxième, il a servi un puissant smash qui a mis un terme à trois heures et demie de jeu. Victoire. Euphorique, le sportif s'est effondré, à genoux.

En route vers les records

Pour les analystes, le spectacle donné dimanche sur le gazon de Wimbledon aura été tellement époustouflant qu'il méritait d'être comparé au match le plus célèbre de Björn Borg, la mythique finale gagnée en 1980 contre John McEnroe.

Et comme le Scandinave à son époque, qu'on surnommait Iceman en raison de sa capacité cardiaque exceptionnelle et de son étonnant sang-froid, Roger Federer, sévèrement ballotté dans sa première finale de Grand Chelem, s'est tiré d'affaire grâce à son incroyable force mentale. Le service, l'arme fatale sur l'herbe qu'il a appris à maîtriser, lui aura également permis de s'imposer sur le terrain de Wimbledon et de porter à 53 sa série de victoires sur gazon. «C'était un match si serré que Rafael aurait mérité de gagner aussi», a reconnu le gentleman de Bâle, dont la mère est Sud-Africaine. Pour sa part, son rival espagnol a fait contre mauvaise fortune bon coeur en lui concédant la victoire. «Roger a été trop fort à la fin. C'est fantastique de gagner cinq fois ici, bravo. J'ai perdu aujourd'hui, mais j'ai fait un beau tournoi et je reviendrai l'année prochaine», a-t-il dit, lui qui avait pourtant solidement battu Federer en finale à Roland-Garros, il y a à peine un mois. Rafael Nadal est désormais à une victoire du record de Björn Borg, qui a gagné le tournoi français quatre fois de suite.

Quant à Roger Federer, avec 11 tournois de grands chelems gagnés au total, il égalise le record du superhéros suédois et est à trois titres de battre le détenteur du record absolu, Pete Sampras. Le champion suisse a reconnu avoir déjà cet exploit à l'esprit. «Je ne me dis pas non plus que si je ne bats pas ce record, rien n'ira plus. C'est peut-être le plus grand joueur de l'histoire. Je suis près de lui, mais je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir tenir à ce niveau.» Sampras est également celui qui a le plus souvent triomphé sur le gazon londonien avec sept conquêtes.

Le Devoir

avec Reuters et l'AFP






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