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Coupe du monde U-20 - Trois semaines en ballon

Jean Dion   30 juin 2007  Jeux olympiques
Alexandre Pato et ses coéquipiers brésiliens à l’entraînement au Stade olympique.
Photo : Jacques Nadeau
Alexandre Pato et ses coéquipiers brésiliens à l’entraînement au Stade olympique.
Un monstre sacré comme Diego Maradona s'y est révélé à la face du monde. Des légendes vivantes d'hier et d'aujourd'hui ayant pour noms Marco van Basten, Raul, Luis Figo ou Ronaldinho y ont fait de remarqués premiers pas. Instituée en 1977 et présentée tous les deux ans depuis, la Coupe du monde U-20 de football, qui se mettra en branle cet après-midi devant plus de 55 000 fans assurément survoltés au Stade olympique, est une grosse affaire: la Fédération internationale de football association (FIFA) elle-même l'évoque comme son deuxième tournoi en importance, après la Coupe du monde des grands. Si on imaginait une machine qui permette de voir à quoi ressemble l'avenir du sport numéro un de la planète, elle sera devant nous au cours des trois prochaines semaines.

Vingt-quatre équipes en lice, réparties en six poules. Six villes hôtesses: Montréal, Ottawa, Toronto, Edmonton, Burnaby et Victoria. Montréal a hérité du groupe D, qui lui donne le Brésil, les États-Unis, la Pologne et la Corée du Sud. Qui lui donne aussi l'occasion d'admirer deux des plus grands espoirs du moment.

L'un s'appelle Fredua Koranteng Adu, l'autre Alexandre Rodrigues da Silva. On les connaît davantage en tant que Freddy Adu et Alexandre Pato, et, si tout se déroule comme prévu, ils seront bientôt simplement Adu et Pato. Le premier a eu 18 ans il y a trois semaines, le second les aura en décembre. Leurs parcours sont contrastés, autant que peut l'être la situation dans des pays comme les États-Unis, où le soccer vient très loin dans la faveur sportive populaire, et le Brésil, coeur universel du football, le vrai. Mais ce ne sera certainement pas la dernière fois qu'ils arpenteront le même terrain lorsque leurs équipes s'affronteront, vendredi, à... Ottawa (bien oui, le seul match du groupe D présenté hors de Montréal sera Brésil-États-Unis).

L'histoire de Freddy Adu n'est pas banale. Né à Tema, au Ghana, où il joue au foot pieds nus contre ses aînés, il a huit ans lorsque ses parents gagnent à la «loterie carte verte», le concours annuel organisé par le gouvernement américain donnant lieu au tirage au sort de 50 000 visas d'immigrants. La petite famille — Freddy a un frère cadet, Fro — part aussitôt s'installer dans la région de Washington. Encore bambin, Adu ne tarde pas pour autant à être remarqué par des entraîneurs de soccer, qui reconnaissent en lui un talent bien au-delà du commun. Seule la volonté ferme de sa mère de veiller d'abord à l'éducation de son rejeton fera en sorte qu'il ne brûlera pas les étapes sportives... pendant quelques années, cela bien qu'à dix ans, Freddy prenne part à un tournoi international U-14 en Italie et y décroche le titre de joueur par excellence.

À 13 ans, maman accepte finalement que fiston se joigne au programme d'espoirs U-17 de Soccer USA, en Floride, tout en poursuivant ses études à temps plein. Il s'y frotte de nouveau à plus âgé que lui, ce qui ne contribue qu'à améliorer son jeu. Il n'a que 14 ans lorsqu'il participe à son premier championnat mondial U-20, en 2003 aux Émirats arabes unis. Tout comme il n'a que 14 ans lorsqu'il devient le plus jeune athlète professionnel de l'ère moderne en Amérique du Nord en signant un contrat de six ans avec la formation DC United, du circuit Major League Soccer.

Tout en poursuivant sa carrière avec DC, Adu prend part à d'autres rencontres internationales, dont le mondial U-20 de 2005 aux Pays-Bas (celui-ci sera donc son troisième). À 16 ans, il est même pressenti pour se joindre à la formation des États-Unis à la Coupe du monde de 2006 en Allemagne, mais le sélectionneur Bruce Arena se ravisera en fin de parcours et choisira plutôt des vétérans. Et évidemment, pendant tout ce temps, il excite la convoitise des grands clubs européens. Un récent essai avec Manchester United n'a toutefois pas donné de résultats probants, l'entraîneur Alex Ferguson jugeant que le jeune n'était «pas encore prêt physiquement pour les rigueurs du football européen».

Adu est donc retourné en MLS, avec Real Salt Lake. De petits revers de fortune ne l'empêchent toutefois pas d'être surnommé «Captain America» — il est de fait le capitaine de la sélection U-20 des USA) — et de demeurer un milieu de terrain dominant et le leader incontesté de son équipe. Il sera intéressant, ces prochains jours, de le voir évoluer notamment en compagnie de Jozy Maltidore, 17 ans, l'attaquant d'origine haïtienne des Red Bulls de New York, annoncé comme l'autre grand prospect du soccer américain.

Pour sa part, Alexandre Pato, dit «le Canard» du nom de sa ville natale Pato Branco, «canard blanc», pourrait bien être le favori de la foule, comme l'équipe brésilienne est toujours la favorite de toutes les foules. L'attaquant, spécialiste de reprises de balle à la volée, a montré de quel bois il se chauffait en s'illustrant lors de la dernière Coupe du monde des clubs au Japon, où sa formation, Internacional Porto Alegre, a surpris le puissant Barcelone, vainqueur de la Ligue des champions d'Europe, pour décrocher le titre.

Les Canarinhos ont survolé les qualifications sud-américaines de ce championnat mondial U-20, au cours desquelles Pato a marqué cinq buts. Certes, le Brésil n'est jamais l'affaire d'un seul joueur, mais celui-là, à ce qu'on raconte, aurait du Pelé dans le nez et dans les jambes. À tel point que lui aussi a été assidûment courtisé par les grosses pointures européennes et qu'une entente serait imminente consistant en son transfert vers le club anglais de Chelsea moyennant versement de 25 millions d'euros à Internacional. De la petite bière, qu'Internacional s'était d'ailleurs assuré de recevoir en intégrant une considérable clause libératoire au contrat de Pato. Comme ça, s'il doit partir, ce sera à grands frais pour l'acquéreur. Il est aussi bon que ça, «un phénomène», a déclaré le président d'Internacional, Fernando Carvalho.

Au Canada, et à Montréal en particulier, le Brésil sera privé de son capitaine, Lucas. La sélection nationale a cependant l'habitude de distribuer suffisamment son talent pour que l'absence d'un élément, fût-il le leader, ne paraisse pas trop.

L'Argentine est la championne en titre de l'U-20. Selon les connaisseurs, elle part de nouveau favorite, avec les Brésiliens vraiment pas loin derrière. Il sera quand même intéressant d'observer tous ceux qui, venus du monde entier, soulèveront demain les foules de partout et ont même déjà commencé.






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  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 30 juin 2007 07h23
    L'Écosse oui, le Québec non
    « Humiliant de voir l'équipe nationale de l'Écosse venir nous jouer sous le nez, nous pauvres colonisés!

    La présence de l'Écosse est d'autant plus exceptionnelle que l'Angleterre, elle, puissance mondiale du ballon rond, ne s'est pas qualifiée! C'est comme si à un tournoi mondial de hockey le Québec s'était qualifié, mais pas le Canada!!!

    Où est Pauline? Où est Gilles? Pourquoi, en 40 ans d'histoire, le mouvement nationaliste n'a jamais joué la carte sportive, carte unificatrice s'il en est? »

  • Thierry Larrivée
    Abonné
    dimanche 1 juillet 2007 12h51
    Ce n'est pas tout fait exact...
    « Il est faux de dire que le mouvement nationaliste n'a jamais joué la carte sportive. Le soutien à notre élite sportive, en tant que vitrine privilégiée de la culture d'un pays, fait partie du programme politique du Parti Québécois et la plateforme électorale du Bloc lors de l'élection de juin 2004 proposait même la création d'une Équipe Québec pour la coupe du monde de hockey. Mais bon... Comprenons-nous bien, je partage complètement votre amertume... »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    dimanche 1 juillet 2007 20h37
    M. Noel
    « ON A DIT NON 2 FOIS prewnnez votre trou


    Bonne fête du CANADA »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 2 juillet 2007 14h11
    M. Archambault
    « L'Écosse a pas encore dit un mot...

    Bonne Fête des colonisés. »

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