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    C’est du sport!

    Géographie 101

    Jean Dion
    25 juin 2016 |Jean Dion | Hockey | Chroniques

    Soulevons une question d’intérêt général : si l’auguste Ligue nationale de hockey ne veut pas de Québec, que ne le dit-elle de but en blanc ? Bien sûr, on sait qu’elle veut se garder un plan B, une voie de rechange si les choses tournent mal ailleurs, et il est toujours bon pour un propriétaire qui veut se faire construire un nouvel aréna avec des fonds publics de pouvoir dire aux autorités compétentes de son coin de pays que si elles n’obtempèrent pas, il va appeler le Clan Panneton et filer vers les verts pâturages de la Vieille Capitale, où ils sont assez, comment dire sans blesser personne, téméraires pour avoir construit un superbe amphithéâtre sans même avoir le bout de l’amorce du début d’une fraction de parcelle d’assurance d’obtenir une franchise au cours du prochain siècle ?

     

    Mais pourquoi ne le dit-elle pas ? Parce qu’elle ne veut pas froisser les membres de la population locale en clamant qu’il ne s’agit là que d’un bouche-trou en bonne et due forme ? Si c’est le cas, c’est raté sur toute la ligne, car un des arguments invoqués illustre le fait qu’on prend ici le monde pour, comment dire sans blesser personne, des valises.

     

    Il s’agit évidemment du concept alambiqué de « déséquilibre géographique » : le fait qu’il y a présentement 16 équipes dans l’association Est et 14 dans l’Ouest, ce qui ferait en sorte qu’il faut d’abord ajouter des clubs du côté gauche du continent si on place le nord en haut.

     

    À ce sujet, une autre question d’abord : quand le processus de candidatures a été lancé, la LNH savait qu’elle avait 16 équipes dans l’Est et 14 dans l’Ouest. Pourquoi donc n’a-t-elle pas alors dit à Québecor « désolés, nous sommes des déséquilibrés, vous feriez mieux de ne même pas y penser » au lieu de lui soutirer 10 millions $US simplement pour examiner son dossier ? Hein, pourquoi ?

     

    Cela ne tient juste pas. Pendant des années, les Red Wings de Detroit faisaient partie de l’Ouest et ça ne les a pas empêchés de gagner quatre Stanleys entre 1997 et 2008, comme quoi l’argument des longs et éreintants voyages a le dos large. En 1993, la grande finale a failli opposer Canadien aux Maple Leafs, parce que oui, Toronto était alors dans l’Ouest. Les Canucks de Vancouver ? Quand ils sont arrivés dans la LNH en 1970, ils ont été placés dans l’Est, alors que Philadelphie et Pittsburgh étaient dans l’Ouest. On n’en est pas à une aberration géographique près, et personne n’en est décédé.

     

    Dans d’autres sports non plus. Apercevez-vous les Cowboys de Dallas ? Parfaitement madame, ils jouent dans l’Est de la NFC. Au baseball, les Braves d’Atlanta ont fait partie d’une division Ouest pendant des décennies alors même que dans la même ligue, les Cards de Saint Louis étaient dans l’Est. Mieux encore : les deux clubs de Chicago, Cubs et White Sox, étaient l’un dans l’Est de la Nationale, l’autre dans l’Ouest de l’Américaine.

     

    Et puis, les Red Wings sont dans la division Atlantique, ce qui n’a pas tellement de sens étant donné la distance entre Detroit et l’océan du même nom. On pourrait les renvoyer dans l’Ouest même si de toute évidence, ils ne veulent pas.

     

    Ou alors, placer les Nordiques eux-mêmes dans l’Ouest. Les gens de Québec veulent tellement une équipe qu’ils ne se formaliseraient certainement pas de ce léger impair géographique, comme les bonnes gens de Winnipeg désiraient à ce point un club qu’ils ont accepté de bonne grâce que les Jets fassent partie de l’Est pendant une saison. Personne n’a eu le tournis. De plus, je pressens confusément qu’une rivalité naturelle de tous les diables avec Anaheim ou l’Arizona ne tarderait pas à se développer.

     

    Mais par-delà ces facéties, une question, une autre, c’est la journée des questions, demeure : si la LNH peut parfaitement fonctionner et donner à l’amateur de l’excellent hockey comme on vient d’en voir jusqu’à plus soif avec un format 16-14, pourquoi ne le pourrait-elle pas avec un format 17-15 ? Voilà qui relève du mystère le plus opaque qui soit, mais il appert que les voies du hockey professionnel sont insondables.

     

    Et même s’il y avait un vrai de vrai déséquilibre géographique, la solution serait toute simple. Souvenons-nous du début des années 1980, quand on prenait tous les clubs de la ligue et qu’on dressait un classement général ne tenant pas compte des divisions. Au premier tour, le détenteur du 1er rang affrontait le 16e, le 2e croisait le fer avec le 15e, et ainsi de suite jusqu’à ce que la liste soit épuisée. Avantage supplémentaire : la possibilité d’une finale de la Coupe Stanley mettant aux prises, pour prendre un exemple au hasard, Montréal et Québec. Vous imaginez pareille occurrence ?

     

    Mais oubliez cela, les autorités en place ne veulent pas. Vous voyez, elles n’ont même pas suggéré à Québec d’adopter le dollar américain ni de ne pas participer au repêchage d’expansion afin d’éviter de déplaire aux clubs existants, fâchés de perdre le précieux 16e joueur de leur formation. Rien qu’à voir, on voit bien qu’elles sont de mauvaise foi.

     

    Non mais quel gâchis.













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