Le CH doit devenir plus robuste
À entendre Paul MacLean évoquer jeudi soir le cheminement des Sénateurs d’Ottawa au cours de la dernière année, on a bien saisi l’importance de l’ingrédient qui a manqué au Canadien de Montréal en séries éliminatoires : la robustesse.
L’entraîneur-chef des Sénateurs a fait valoir que la domination de ses troupiers au plan de la robustesse avait été un facteur dans le dénouement de la série de premier tour entre les deux équipes.
On peut difficilement contester son analyse après avoir vu les joueurs du CH tomber au combat. Même son homologue Michel Therrien l’a corroborée, en ajoutant que le style des Sénateurs n’avait pris personne de court.
Le directeur général Marc Bergevin et ses adjoints ont sûrement fait le même constat, même si dans le très positif bilan de « l’an 1 » qu’ils dresseront, ils tiendront compte de l’absence du défenseur Alexei Emelin, blessé. Malgré cela, l’élément robustesse trônera au sommet de la liste des lacunes à combler.
Mais revenons à MacLean et à ce qu’il avait à dire au sujet des Sénateurs d’il y a un an. « La saison dernière, nous misions sur notre vitesse, a-t-il dit. Nous pouvions afficher un rythme soutenu sur toute la longueur de la patinoire. Après notre élimination en séries, nous sommes arrivés à la conclusion que nous devions préconiser un style plus robuste. Nous avons ciblé des éléments qui pourraient nous aider en ce sens et nous avons fait leur acquisition. Et de plus, par un heureux concours de circonstances avec toutes les blessures qui nous ont éprouvés cette saison, nous avons fait la découverte d’autres joueurs utiles à ce chapitre. »
Les Sénateurs sont donc allés chercher le défenseur Marc Methot et l’attaquant Matt Kassian, en plus de voir le jeune défenseur Eric Gryba se tailler une place au sein de l’équipe. Trois colosses qui mesurent 6 pieds 3 pouces ou plus et qui pèsent au moins 220 livres.
« Nous sommes plus imposants physiquement et cet aspect, en plus de notre vitesse, sont deux atouts propres à notre identité », a repris MacLean, qui en est à sa deuxième saison à la barre des Sens. « En séries éliminatoires, l’aspect robustesse est primordial. Celle dont nous avons fait preuve contre le Canadien a été un gros facteur dans le dénouement de la série. »
Qu’il suffise de rappeler la percutante mise en échec de Gryba à l’endroit de Lars Eller lors du premier match, qui a mis le Danois K.-O. pour la série. Le coup a ébranlé le Tricolore.
Mais la robustesse ne se mesure pas qu’en mises en échec. On a vu tout au long de la série comment les joueurs des Sénateurs ont réussi à s’imposer, en limitant l’espace et le temps de réaction de leurs rivaux à l’aide d’un bon positionnement sur la glace ou en créant de l’obstruction et de l’accrochage tout juste tolérés en séries.
Des trucs du métier que les jeunes joueurs du Canadien, les David Desharnais, Max Pacioretty et Raphael Diaz entre autres, devront retenir pour l’avenir.
Des recrues efficaces
Les attaquants recrues Brendan Gallagher et Alex Galchenyuk ont fort bien paru, eux, à leur première expérience. Therrien n’a pas manqué de le souligner. « Ils ont été très bons, a commenté l’entraîneur. J’ai déjà dirigé de jeunes joueurs en séries et il arrive parfois que la nervosité affecte leur jeu. Mais ces deux-là ont joué comme ils l’ont fait au cours du dernier mois de la saison régulière. Ils ont continué de progresser et ils ont été des rouages importants de l’équipe. J’ai réellement été impressionné par leur performance. »
Galchenyuk étant voué à évoluer à la position de centre et Lars Eller s’étant finalement établi à cette position cette saison, le Canadien aura un surplus de joueurs de centre de talent, avec le vétéran Tomas Plaknec et Desharnais. Bergevin pourrait utiliser l’un d’eux comme appât pour une éventuelle transaction.







