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C’est du sport ! - 1942

12 juin 2012 | Jean Dion | Hockey
La finale de la Coupe Stanley est peut-être chose du passé récent au moment où ces lignes sont lues, mais elle ne l’est pas encore au moment où elles sont écrites et, malgré les dons divinatoires attestés de leur auteur, celui-ci se refuse à toute prédiction pour la simple et excellente raison que, dans le merveilleux monde du sport™, l’avenir a le tour de se dissimuler derrière un mastodonte stratégiquement posté à l’embouchure pour voiler la vue du sujet pronostiquant. Et pour tout vous dire, avant le match numéro 6, tout le monde ne parle que de 1942, c’était il y a 70 ans, bonté que le temps file. 1942 constitue la seule fois où une équipe a surmonté un déficit de 0-3 en grande finale, les Maple Leafs avaient fait le coup aux Red Wings, vous en souvient-il, Syl Apps comme capitaine, Turk Broda devant la cage, les arbitres portaient la cravate et il y avait juste sept équipes.

Là-dessus, une petite mise au point s’impose. Faites le test : dites à quelqu’un, n’importe qui pris au hasard dans un échantillon non probabiliste, qu’au commencement, il n’y avait pas six équipes, et observez-le tomber des nues tout en tâchant d’amortir sa chute. Non, au début de la Ligue nationale, il y avait juste trois équipes, parce qu’il devait y en avoir quatre, mais l’aréna des Wanderers avait passé au feu. Puis on est monté jusqu’à dix à la fin des années 1920 - les Senators d’Ottawa première mouture, les Maroons de Montréal, les Pirates de Pittsburgh, les Quakers de Philadelphie, les Eagles de St. Louis -, mais la Grande Dépression a fait son sale boulot et on a dû procéder à des compressions graduelles. En 1942, les Americans de Brooklyn ont passé l’arme à gauche, ce qui a ramené la LNH à six équipes, un phénomène qui allait durer un quart de siècle. Ça fait que la prochaine fois qu’un individu ou un groupe vous mentionnera les « Original Six », éclatez d’un gros rire gras et recommandez-lui d’aller se faire voir, non mais.


Cela dit, c’est même pas vrai que tout le monde parle de 1942. En fait, tout le monde se contrefiche de la finale de la Stanley parce que Canadien n’y figure pas et parce que franchement, si on avait Boston ou Toronto on pourrait toujours prendre pour l’autre club, mais New Jersey et Los Angeles, franchement ? Sérieuse matière à roupillon.


N’empêche, on a pu découvrir des choses intéressantes pendant cette série. Notamment qu’à L.A. itou ils se foutent pas mal que ça sente la Coupe. Et les médias locaux montrent que n’y pullulent pas nécessairement les connaisseurs. Dans des bulletins de nouvelles aux réseaux NBC et Fox, on a ainsi pu voir et entendre : a) un logo des Kings… de Sacramento, de la NBA ; b) la mascotte des mêmes Kings de Sacramento ; c) un logo des Islanders à la place de celui des Devils ; d) une présentatrice parler de « la balle » plutôt que de la rondelle ; e) les noms d’Anze Kopitar et de Dustin Penner massacrés ; et f) le nom de Jonathan Quick remplacé par celui de « Jonathan Swift ». Dans ce dernier cas, au moins, l’intervenante a montré qu’elle avait des lettres.


Quant à la fièvre de la Coupe Stanley au New Jersey, il appert que personne ne sait au juste où se trouve le New Jersey.


La prochaine fois, nous verrons qu’il n’y avait pas toutes ces erreurs à la télévision en 1942, ce qui faisait que les gens qui en espéraient afin de les relayer sur Twitter s’ennuyaient à mourir.

 
 
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