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Le Canadien de Montréal congédie son entraîneur-chef Jacques Martin

Son adjoint unilingue anglophone, Randy Cunneyworth, prend la relève

17 décembre 2011 15h25 | La Presse canadienne | Hockey
Jacques Martin<br />
Photo : Agence Reuters - archives Le Devoir Jacques Martin
Jacques Martin a été relevé de ses fonctions d'entraîneur-chef parce que le Canadien est resté imprévisible pendant une trop longue période de temps, passant du meilleur au pire d'un match à l'autre et même dans le cadre d'une même soirée.

C'est ce qu'a indiqué le directeur général Pierre Gauthier après avoir annoncé la nouvelle à Martin très tôt dans la journée, et quelques heures avant les débuts de Randy Cunneyworth comme entraîneur-chef dans la LNH, face aux Devils du New Jersey.

Cunneyworth agissait comme adjoint à Martin depuis le début de la présente campagne.

«Nous avons eu un départ difficile, puis on a ramené notre fiche autour de ,500 et on est encore à ,500», a noté Gauthier, en faisant allusion au fait que, cet automne, le Canadien a connu son pire début de saison (1-5-2) en 70 ans, un an et demi après que Martin eut guidé le Canadien à la finale de l'Association Est à sa première année à Montréal.

Par ailleurs, hormis une série de quatre victoires un mois après le début de la campagne, le CH n'a jamais réussi à aligner plus de deux gains de suite. Le résultat, c'est que l'équipe se retrouvait avec une fiche de 13-12-7, bon pour le 11e rang de l'Association Est, avant d'affronter les Devils samedi soir.

«On voit que l'équipe n'est vraiment pas constante dans ses performances, dans son approche, dans la manière qu'elle joue. C'est à ce moment-là qu'on doit prendre une décision, a affirmé Gauthier. L'équipe ne jouait pas aussi bien qu'elle aurait dû le faire, selon nous.

«Quand on assiste aux matchs, les choses sont assez imprévisibles. C'est certain que les blessures entrent en ligne de compte. Malgré tout, il y a l'approche qu'a l'équipe vis-à-vis des matchs, et les difficultés que nous avons en troisième période, etc. Ce sont des choses qui avaient une influence sur les résultats. Il était donc préférable, à ce moment-ci, de faire un changement», a par ailleurs affirmé le directeur général, qui a indiqué avoir discuté du cas Martin avec le propriétaire Geoff Molson dans la journée d'hier, avant d'annoncer la triste nouvelle au principal intéressé très tôt, samedi.

«Monsieur Martin a fait un excellent travail depuis qu'il est ici, et il a encore fait un excellent travail cette saison, a souligné Gauthier en songeant à la fiche 96-75-25 de Martin en deux saisons et demi à Montréal. Mais quelques fois, dans notre domaine, pour changer et améliorer les choses, il faut faire des changements. C'est une question d'amener de nouvelles idées, une nouvelle approche, et voir à ce que les performances de l'équipe soient plus constantes.»

Gauthier a indiqué que le choix de Cunneyworth s'est imposé même si celui-ci occupera le poste sur une base intérimaire jusqu'à la fin de la saison. Le d.g. du CH n'a étudié aucune candidature de l'extérieur dans le but de remplacer Martin, qui a atteint le cap des 600 victoires en carrière dans la LNH au mois d'avril dernier.

«Il faut être en mesure de rivaliser immédiatement, et nous avons des gens solides dans notre organisation qui peuvent nous aider à faire ça, a dit Gauthier en faisant allusion à Cunneyworth, qui continuera d'être épaulé par Randy Ladouceur. Larry Carrière, jusqu'ici l'adjoint de Gauthier, s'ajoutera au personnel d'entraîneurs adjoints. En plein milieu d'une saison comme ça, tout est axé sur le court terme. On aura la chance d'évaluer les choses pendant la saison morte.

«D'avoir des gens qui étaient déjà là fait en sorte que le contact est déjà fait avec les joueurs, alors la communication devrait être assez facile et assez ouverte. On espère que ça va être une des choses qui va faciliter l'amélioration de l'équipe», a souligné Gauthier, qui a déclaré qu'il est resté sur la même longueur d'ondes avec Martin jusqu'à la fin - le d.g. a d'ailleurs remercié son complice de longue date pour les services qu'il a rendus au Tricolore.

Gauthier a appris à connaître Cunneyworth comme joueur avec les Sénateurs d'Ottawa, puis comme entraîneur l'hiver dernier, lorsqu'il celui-ci était à la tête du club-école du CH, les Bulldogs de Hamilton.

«C'est un très bon leader, a dit Gauthier. C'est une personne qui travaille très fort, qui a travaillé avec plusieurs de nos jeunes la saison dernière. Randy Ladouceur et lui ont fait du travail exceptionnel. Depuis qu'ils sont avec l'équipe, cette saison, la communication avec les joueurs est très bonne et je crois que ça va être un changement qui va porter fruits à l'organisation.»

«J'ai le plus grand respect pour Jacques et ce qu'il a fait, a de son côté déclaré Cunneyworth. J'avais le sentiment de travailler très fort comme joueur et je crois pouvoir faire pareil comme entraîneur.

«J'estime qu'il est très important que notre équipe travaille très fort dans tous les aspects du jeu, et maximise ses atouts. Nos atouts, ce sont la vitesse. Nous n'avons pas de gros joueurs, mais nous pouvons bien faire circuler la rondelle», a indiqué Cunneyworth, qui compte par ailleurs intégrer davantage l'utilisation de la vidéo à la préparation des matchs.

«Mais le simple fait de travailler, de ne jamais lâcher, va être quelque chose que je vais exiger, que mon style va exiger», a ajouté cet unilingue anglais qui a promis d'améliorer ses connaissances du français, acquises à l'école primaire en Ontario.

Âgé de 50 ans, Cunneyworth a disputé plus de 800 matchs dans la LNH et il a occupé le poste d'entraîneur-chef de deux équipes dans la Ligue américaine. Il a également été adjoint dans la LNH pendant deux saisons avec les Thrashers d'Atlanta.

Carrière, lui, possède plus de 20 ans d'expérience dans la LNH dans les rôles de directeur général adjoint, directeur du développement des joueurs et dépisteur. Originaire de Montréal, il a aussi joué 367 matchs dans la LNH à Buffalo, Vancouver, Los Angeles, Toronto et Atlanta entre 1972 et 1980.

«Il amènera une fraîcheur, une façon très positive de voir les choses, et une très bonne connaissance de la ligue, a dit Gauthier de Carrière. Le fait qu'il ait travaillé pendant six années avec M. Cunneyworth au sein de l'organisation des Sabres de Buffalo a aussi été un facteur qui a été considéré.»
 
 
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