C'est du sport! - Vulnérable
Vous êtes tranquillement assis là à regarder votre hockey professionnel du samedi soir en sirotant une mixture, le spectacle vaut le détour, c'est 3-3 avec trois minutes au cadran, lorsque la violence pointe son vilain museau. Il est lourdement déconseillé par les autorités compétentes d'entrer en zone adverse en coupant à travers, en possession de la rondelle, la tête un peu basse. C'est que, voyez-vous, vous vous placez alors en situation de vulnérabilité, autre façon de dire, dans la Ligue nationale, que vous courez après les bosses.
C'est pourtant exactement ce que Kristopher Letang a fait. On ne sait pas trop ce qui lui est passé par la tête, on regarde les reprises sous plein d'angles différents, et on finit par comprendre: selon toute probabilité, il essayait de jouer au hockey, de compter un but, ou du moins de créer les conditions gagnantes pour que cette conclusion survienne. Or il est lourdement déconseillé de jouer au hockey ou d'essayer de compter un but.
Letang est donc entré en zone, et mal lui en prit, car son visage est allé percuter le coude, l'épaule, enfin les alentours du bras gauche de Max Pacioretty. Observez bien les reprises, vous constaterez que, contrairement à ce qu'on essaie de vous faire croire, ce n'est pas l'inverse qui s'est produit. Letang s'est placé en position de vulnérabilité, et tout est de sa faute. Raison pour laquelle, du reste, aucune punition n'a été décernée sur le jeu. Ce qui demeure injuste: Letang aurait dû se voir coller un deux minutes pour vulnérabilisation.
Ironique, tout de même: Max Pacioretty a conquis une bonne part de sa célébrité en se faisant violemment estampiller dans un montant de baie vitrée par les bons soins du petit Zdeno Chara, l'hiver dernier. La scène était si désolante qu'on avait recensé un nombre élevé d'appels au 911 et qu'une enquête de police a été ouverte. Cette fois, il appert que personne n'a jugé bon de prendre le téléphone.
Letang a eu le nez fracturé, il a versé son sang sur la glace du Centre Bell et est rentré au vestiaire. Son nez était tout croche, a-t-il relaté, et on le lui a replacé (ayoye). Puis, comme il y a une justice immanente — mais non, c'est même pas vrai, il n'y a pas de justice, ni immanente, ni rien —, il est revenu au jeu et a marqué le but décisif en prolongation. Le monsieur à la CBC a parlé de «rédemption», ce qui prouve hors de tout doute raisonnable que Letang était bel et bien coupable, qu'il avait commis le péché de se casser le nez.
Un but controversé, Carey Price croyait qu'il avait gelé le caoutchouc, il était furibard, hors de lui, en beau joual vert, il a fracassé son bâton sur le poteau de son but avant de l'expédier au bout de ses bras, mais l'arbitre avait perdu la rondelle de vue, ce sont des choses qui arrivent, pas longtemps avant l'arbitre avait perdu de vue le nez de Kristopher Letang, après tout.
Hier, Pacioretty s'est expliqué au préfet de discipline de la LNH, Brendan Shanahan. En soirée, on attendait toujours le verdict. Et il ne fallait pas perdre de vue qu'on pouvait s'attendre à n'importe quoi, comme toujours.
C'est pourtant exactement ce que Kristopher Letang a fait. On ne sait pas trop ce qui lui est passé par la tête, on regarde les reprises sous plein d'angles différents, et on finit par comprendre: selon toute probabilité, il essayait de jouer au hockey, de compter un but, ou du moins de créer les conditions gagnantes pour que cette conclusion survienne. Or il est lourdement déconseillé de jouer au hockey ou d'essayer de compter un but.
Letang est donc entré en zone, et mal lui en prit, car son visage est allé percuter le coude, l'épaule, enfin les alentours du bras gauche de Max Pacioretty. Observez bien les reprises, vous constaterez que, contrairement à ce qu'on essaie de vous faire croire, ce n'est pas l'inverse qui s'est produit. Letang s'est placé en position de vulnérabilité, et tout est de sa faute. Raison pour laquelle, du reste, aucune punition n'a été décernée sur le jeu. Ce qui demeure injuste: Letang aurait dû se voir coller un deux minutes pour vulnérabilisation.
Ironique, tout de même: Max Pacioretty a conquis une bonne part de sa célébrité en se faisant violemment estampiller dans un montant de baie vitrée par les bons soins du petit Zdeno Chara, l'hiver dernier. La scène était si désolante qu'on avait recensé un nombre élevé d'appels au 911 et qu'une enquête de police a été ouverte. Cette fois, il appert que personne n'a jugé bon de prendre le téléphone.
Letang a eu le nez fracturé, il a versé son sang sur la glace du Centre Bell et est rentré au vestiaire. Son nez était tout croche, a-t-il relaté, et on le lui a replacé (ayoye). Puis, comme il y a une justice immanente — mais non, c'est même pas vrai, il n'y a pas de justice, ni immanente, ni rien —, il est revenu au jeu et a marqué le but décisif en prolongation. Le monsieur à la CBC a parlé de «rédemption», ce qui prouve hors de tout doute raisonnable que Letang était bel et bien coupable, qu'il avait commis le péché de se casser le nez.
Un but controversé, Carey Price croyait qu'il avait gelé le caoutchouc, il était furibard, hors de lui, en beau joual vert, il a fracassé son bâton sur le poteau de son but avant de l'expédier au bout de ses bras, mais l'arbitre avait perdu la rondelle de vue, ce sont des choses qui arrivent, pas longtemps avant l'arbitre avait perdu de vue le nez de Kristopher Letang, après tout.
Hier, Pacioretty s'est expliqué au préfet de discipline de la LNH, Brendan Shanahan. En soirée, on attendait toujours le verdict. Et il ne fallait pas perdre de vue qu'on pouvait s'attendre à n'importe quoi, comme toujours.
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