C'est du sport! - Le retour
Hier était un grand jour. Dix mois et demi qu'il était attendu, le meilleur joueur de sa génération, le visage de la Ligue nationale de hockey. Pendant la journée, l'attaquant des Penguins de Pittsburgh Steve Sullivan avait admirablement résumé la situation: «Nous retiendrons tous notre souffle la première fois qu'il se fera frapper.» Ceci étant écrit avant cela, on ne peut qu'espérer que les choses se sont déroulées dans l'ordre. De toute manière, qui aurait voulu être le premier à s'en prendre à Sidney Crosby?
Quoique, dans la LNH, on ne sache jamais.
Cette fois, on a apparemment pris toutes les précautions nécessaires: l'envergure du personnage le commandait. Que le 87 n'ait pas pris part aux séries éliminatoires le printemps dernier a révélé à quel point son état était considéré comme sérieux. Tellement de joueurs ont pâti d'être revenus au jeu trop tôt après une commotion
cérébrale. À commencer par Crosby lui-même: frappé à la tête le 1er janvier lors de la Classique hivernale, il était de la formation quatre jours plus tard. Frappé de nouveau. Trop tard, les dégâts étaient faits.
La machine à conjectures a tourné à plein régime depuis. Le silence de Crosby pendant l'été, son refus de donner des entrevues en a amené plusieurs à envisager le pire: qu'il ne jouerait plus jamais au hockey. Parlez-en à Eric Lindros ou à Marc Savard: Sidney Crosby a simplement été moins malchanceux.
Sa longue convalescence pourrait donner à penser que les autorités ne badinent plus avec ce type de blessure, tant dans l'attention portée à la traiter que dans les sanctions imposées à ceux qui les causent. De fait, le nouveau préfet de discipline de la LNH, Brendan Shanahan, a infligé une flopée de suspensions pendant les joutes hors concours. Mais il a raté une superbe occasion de sévir il y a une dizaine de jours quand Milan Lucic est allé percuter Ryan Miller.
Miller, le gardien étoile des Sabres de Buffalo, a subi une commotion cérébrale. Il est toujours à l'écart du jeu. Lucic, lui, s'en est tiré avec un regard de travers et, encore, il a comparu par téléphone.
Crosby est retourné à l'action avec le même équipement qu'auparavant. Et alors que la technologie du casque protecteur progresse, Keith Primeau, lui, tente de promouvoir une innovation. L'ancien joueur professionnel, qui a vu sa carrière prendre fin après une commotion cérébrale et souffre encore de maux de tête, présente un casque muni d'un dispositif mesurant l'ampleur d'un impact et de voyants lumineux vert et rouge indiquant le risque de traumatisme. Mais le fabricant même du casque doit reconnaître que les joueurs n'en veulent pas parce qu'ils craignent qu'une lumière rouge ne les force à quitter la patinoire.
Et bien sûr, la question à 8,7 millions de dollars par année reste lancinante: le nouveau Sidney Crosby sera-t-il le même qu'avant? Certains sont persuadés que oui, et ont fait le calcul que, même en concédant une vingtaine de matchs à ses concurrents, s'il reprend au même rythme que l'an dernier — 66 points en 41 rencontres —, il pourrait remporter le championnat des pointeurs... Les prodiges suscitent toujours de vastes, et souvent injustes, attentes.
Quoique, dans la LNH, on ne sache jamais.
Cette fois, on a apparemment pris toutes les précautions nécessaires: l'envergure du personnage le commandait. Que le 87 n'ait pas pris part aux séries éliminatoires le printemps dernier a révélé à quel point son état était considéré comme sérieux. Tellement de joueurs ont pâti d'être revenus au jeu trop tôt après une commotion
cérébrale. À commencer par Crosby lui-même: frappé à la tête le 1er janvier lors de la Classique hivernale, il était de la formation quatre jours plus tard. Frappé de nouveau. Trop tard, les dégâts étaient faits.
La machine à conjectures a tourné à plein régime depuis. Le silence de Crosby pendant l'été, son refus de donner des entrevues en a amené plusieurs à envisager le pire: qu'il ne jouerait plus jamais au hockey. Parlez-en à Eric Lindros ou à Marc Savard: Sidney Crosby a simplement été moins malchanceux.
Sa longue convalescence pourrait donner à penser que les autorités ne badinent plus avec ce type de blessure, tant dans l'attention portée à la traiter que dans les sanctions imposées à ceux qui les causent. De fait, le nouveau préfet de discipline de la LNH, Brendan Shanahan, a infligé une flopée de suspensions pendant les joutes hors concours. Mais il a raté une superbe occasion de sévir il y a une dizaine de jours quand Milan Lucic est allé percuter Ryan Miller.
Miller, le gardien étoile des Sabres de Buffalo, a subi une commotion cérébrale. Il est toujours à l'écart du jeu. Lucic, lui, s'en est tiré avec un regard de travers et, encore, il a comparu par téléphone.
Crosby est retourné à l'action avec le même équipement qu'auparavant. Et alors que la technologie du casque protecteur progresse, Keith Primeau, lui, tente de promouvoir une innovation. L'ancien joueur professionnel, qui a vu sa carrière prendre fin après une commotion cérébrale et souffre encore de maux de tête, présente un casque muni d'un dispositif mesurant l'ampleur d'un impact et de voyants lumineux vert et rouge indiquant le risque de traumatisme. Mais le fabricant même du casque doit reconnaître que les joueurs n'en veulent pas parce qu'ils craignent qu'une lumière rouge ne les force à quitter la patinoire.
Et bien sûr, la question à 8,7 millions de dollars par année reste lancinante: le nouveau Sidney Crosby sera-t-il le même qu'avant? Certains sont persuadés que oui, et ont fait le calcul que, même en concédant une vingtaine de matchs à ses concurrents, s'il reprend au même rythme que l'an dernier — 66 points en 41 rencontres —, il pourrait remporter le championnat des pointeurs... Les prodiges suscitent toujours de vastes, et souvent injustes, attentes.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

