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    Violence au hockey - Pas partie de la job !

    9 septembre 2011 |Josée Boileau | Hockey
    Sydney Crosby, tenu hors du jeu depuis huit mois par une commotion cérébrale, réclamait à nouveau mercredi, comme il l'avait déjà fait cet hiver, que les coups à la tête soient interdits dans la Ligue nationale de hockey. Que le meilleur joueur de la ligue réitère de tels propos, qu'il accepte de détailler les problèmes causés par sa commotion, et qu'il se refuse à un retour précipité au jeu, c'est là un changement de culture qu'il faut applaudir. Car dans tous les débats qui ont cours sur la violence au hockey — débats ravivés ces derniers temps par le suicide de joueurs — ce n'est toujours que de culture, et pas de sport, dont il est question.

    Il faut faire un parallèle entre cet univers masculin où l'on ne dit rien, ne se plaint pas, et où l'on accepte des comportements qui ne nous plaisent guère (d'anciens «hommes forts» avouent aujourd'hui combien se conditionner à se battre à chaque match leur demandait un véritable effort psychologique) et celui que bien des femmes ont connu, pendant très, très longtemps: le harcèlement sexuel au travail. Même silence, même honte, même tabou. Et même réaction quand la personne concernée veut se rebiffer: pas d'accord, ne veux pas coopérer? On te met à la porte et on prendra quelqu'un d'autre pour te remplacer.

    Dans les deux cas, on est dans l'univers du stéréotype, du «ça s'est toujours fait ainsi» et de la menace. Les joueurs qu'on envoie jouer les durs à cuire ne dénoncent rien tant qu'ils sont actifs parce qu'ils savent que c'est le renouvellement de leur contrat, le rêve d'une vie!, qui serait alors en jeu et que les aspirants à la LNH sont nombreux. Alors ils ferment leur gueule et frappent. Les femmes, dans le temps, avaient tout aussi peur de perdre leur emploi, leur soupape économique. Alors elles se taisaient et attendaient que le tripotage passe. La seule option possible, c'était de se passer le mot entre collègues: «Méfie-toi d'un tel...»

    Jusqu'à ce que certaines commencent à clamer: «Ça fait pas partie de la job!» Une voix, deux, des groupes, des manifestations, des pressions qui conduiront, dans les années 80, à une protection légale. La plaie historique du harcèlement au travail venait d'être remise à sa juste place: l'inacceptable qu'on peut sanctionner.

    Au hockey, c'est la même logique: la violence, la foire des batailles, les coups à la tête, ça fait pas partie de la job! Le hockey est un jeu dont l'objectif est de compter des buts, pas des mises en échec: la boxe, c'est un autre sport et d'autres règles.

    Cette évidence est déjà comprise par plusieurs. D'anciens joueurs s'ouvrent les yeux, prennent la parole. L'illustre Ken Dryden l'a fait avec éloquence en mars. Du côté du public, même contestation. Un sondage Léger Marketing publié cette semaine par le Journal de Montréal démontrait que les Québécois, dans leur grande majorité, ne voient pas l'utilité que les équipes aient leur bagarreur désigné et souhaitent que les bagarres soient interdites.

    La LNH ne veut toujours rien comprendre, mais il faudra bien qu'elle y vienne. Car il est de plus en plus difficile, au regard des témoignages, des études médicales et des morts, de justifier l'inacceptable. Il faut donc maintenir la pression publique, c'est seulement ainsi que l'on vient à bout des obtus.

    ***

    jboileau@ledevoir.com
     
     
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