Lettres - Le retour du fétichisme?
Au temps où la religion nous était publiquement enseignée, on nous apprenait que le christianisme est apparu, il y a de cela plus de 2000 ans, en réaction à des rituels tout à fait primitifs et qu'on croirait aujourd'hui tout à fait obsolètes, soit l'idolâtrie et le fétichisme. Ces pratiques consistaient, chez les peuples du temps, à vénérer, à adorer, ou à vouer une croyance ou un culte tout à fait irrationnel à de simples objets. Le plus souvent inanimés (une statuette, une pierre), quelquefois animés (une vache). On prêtait à ces objets des vertus de génies bienfaisants, des effets magiques ou divins, des capacités à procurer une chance de bonheur ici-bas. Le caractère tout à fait puéril de ces pratiques nous paraît aujourd'hui complètement ridicule. En est-on vraiment certain?
Les médias nous apprennent ce matin du 27 juillet 2011 que la coupe Stanley sera à nouveau à Québec, à l'occasion d'un autre symposium-culte sur le hockey qui débute aujourd'hui à l'Espace 400e.
La population est invitée tout entière en pèlerinage collectif pour l'admirer. D'heureux élus pourront peut-être, ne sait-on jamais, y toucher. Le vénérable fétiche était déjà passé par la ville de Québec le 19 avril dernier dans le cadre d'une conférence du hockeyeur Luc Robitaille au Centre des congrès, laquelle conférence portait un titre on ne peut plus évocateur: «CROIRE».
Retour du primitif? Est-ce vraiment la destination à laquelle nos nouvelles élites québécoises et nos médias corporatifs nous convient? Une culture commune simpliste animée par la seule préoccupation matérialiste et jovialiste? Une culture où la pensée ne jouera finalement plus un très grand rôle et ne menacera plus aucune aberration politique ou économique.
***
Pierre-Paul Sénéchal Beaumont, le 27 juillet 2011
Les médias nous apprennent ce matin du 27 juillet 2011 que la coupe Stanley sera à nouveau à Québec, à l'occasion d'un autre symposium-culte sur le hockey qui débute aujourd'hui à l'Espace 400e.
La population est invitée tout entière en pèlerinage collectif pour l'admirer. D'heureux élus pourront peut-être, ne sait-on jamais, y toucher. Le vénérable fétiche était déjà passé par la ville de Québec le 19 avril dernier dans le cadre d'une conférence du hockeyeur Luc Robitaille au Centre des congrès, laquelle conférence portait un titre on ne peut plus évocateur: «CROIRE».
Retour du primitif? Est-ce vraiment la destination à laquelle nos nouvelles élites québécoises et nos médias corporatifs nous convient? Une culture commune simpliste animée par la seule préoccupation matérialiste et jovialiste? Une culture où la pensée ne jouera finalement plus un très grand rôle et ne menacera plus aucune aberration politique ou économique.
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Pierre-Paul Sénéchal Beaumont, le 27 juillet 2011








