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    La LNH : une culture de violence

    Les combats à poings nus engendrent et entretiennent une culture d'intimidation et de violence qui amène trop de joueurs à vouloir blesser l'adversaire

    21 mars 2011 |Michel Roy - Père et biographe de Patrick Roy | Hockey
    Le défenseur des Bruins de Boston Zdeno Chara cognant la tête de Max Pacioretty, du Canadien de Montréal, contre une tige métallique de la baie vitrée, le 8 mars dernier, au Centre Bell.<br />
    Photo: Agence Reuters Shaun Best Le défenseur des Bruins de Boston Zdeno Chara cognant la tête de Max Pacioretty, du Canadien de Montréal, contre une tige métallique de la baie vitrée, le 8 mars dernier, au Centre Bell.
    Au Ve siècle, les dimanches, jusqu'à 75 000 Romains s'entassaient dans les gradins du Colisée pour assister aux combats de gladiateurs qui se terminaient parfois par la mort des perdants, selon le bon vouloir de l'empereur. S'il épargnait trop souvent les vaincus, à l'encontre de l'avis de la foule, il passait pour une «moumoune», et le peuple lui laissait voir son mécontentement. Aujourd'hui, de tels divertissements seraient insensés.

    Cette culture appartient à une autre époque.

    Quelque quinze siècles plus tard, au milieu des années cinquante, des matchs de hockey du dimanche après-midi servaient de prétexte à une foire d'empoigne entre résidants de paroisses rivales. Bien souvent, seule l'intervention de la police arrivait à mettre fin à la bêtise des combattants. Aujourd'hui, de tels divertissements seraient insensés.

    Cette culture appartient à une autre époque.

    Cette culture est celle d'une autre époque parce que la société a évolué. Mais la LNH ne semble pas l'avoir remarqué. Cette ligue, qui sert de modèle aux ligues mineures, favorise encore les combats à poings nus. Pourtant, ses dirigeants prétendent vouloir éliminer les coups à la tête. Alors, expliquez-moi: comment peut-on à la fois vouloir éliminer les coups à la tête et maintenir les batailles à coups de poing? Protégés comme ils le sont par leur équipement, les belligérants cherchent inévitablement à atteindre la tête, le seul endroit vulnérable dans un combat. Ils cherchent même le K.-O., c'est-à-dire la commotion cérébrale. Interrogez le cerveau de Bob Probert; parlez-en à Dave Morissette!

    Et ne me dites surtout pas que le hockey a besoin de bagarres pour attirer les spectateurs. Lors d'un match de soccer, de football, de basket ou de baseball, vous attendez-vous à ce que les joueurs se mettent à se battre? La bagarre ne faisant pas partie de leur jeu, pourquoi le feraient-ils? Pourquoi alors ferait-elle partie du hockey, un sport spectaculaire, rapide et viril s'il en est? Le hockey n'en a nul besoin! Bien au contraire, la bagarre lui nuit, lui enlève de la crédibilité, le dépouille de sa noblesse, l'avilit, le dégrade.

    Et surtout, les combats à poings nus engendrent et entretiennent une culture d'intimidation et de violence qui amène trop de joueurs à vouloir blesser l'adversaire. Dans un tel climat, des joueurs comme Scott Stevens ont passé leur carrière à donner des mises en échec qui avaient pour but non pas de neutraliser l'adversaire, mais de le blesser. Dans un tel climat, Zdeno Chara a allongé le bras alors qu'il voyait la tête de son adversaire s'approcher de la tige métallique qui retient la baie vitrée.

    Dans ce climat, plusieurs parents s'abstiennent d'emmener leurs enfants voir un tel spectacle ou, pire encore, renoncent à les inscrire à la pratique de ce grand sport.

    Dans ce climat, ce n'est pas de la mise à mort des vaincus qu'il est maintenant question, mais de la mise à mort du hockey. Et mettre l'accent sur les agissements de Chara nous fait détourner les yeux du vrai coupable: l'empereur.

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    Michel Roy - Père et biographe de Patrick Roy
     
     
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