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    Violence au hockey - Hockey «viril»

    19 décembre 2009 |Marie-Andrée Chouinard | Hockey
    «Il y a des gens qui paient pour voir un hockey viril avec beaucoup d'action. Quand il arrive un accident comme celui-là [...], lorsque le jeune se retrouve confronté au système judiciaire, on peut se questionner à savoir s'il n'est pas victime du système.»

    Celui qui parlait ainsi la semaine dernière, Steve Magnan, est l'avocat de ce jeune ex-joueur de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) qui vient de recevoir de la chambre jeunesse de la Cour du Québec une absolution inconditionnelle. Il avait plaidé coupable, en septembre, à une accusation de voies de fait armées ayant causé des lésions. Le jeune avait asséné un coup de bâton au visage d'un adversaire en plein match de hockey.

    La culture du hockey s'abreuve à la violence. Depuis les gradins, où la foule s'échauffe, jusqu'à la glace, où vélocité et robustesse aidant, les joueurs s'entrechoquent, la fougue sportive glisse souvent vers l'agressivité gratuite. Les discussions vont bon train sur cette violence sournoise qu'on essaie tant bien que mal de contenir, tant sur la glace des grands, dans la LNH, que sur celle des petits. Les tamponnements font si bon spectacle qu'on peine à modifier les règlements.

    Pendant qu'on spécule sur la «bonne» et la «mauvaise» violence, les coups volent. Depuis le début de la présente saison, une dizaine de joueurs de la LNH ont souffert d'une commotion cérébrale. Aux discours bienveillants et aux efforts pour mieux baliser les épanchements s'ajoute un écho scientifique persistant: ces chocs encaissés des dizaines de fois au cours d'une carrière ne sont pas sans séquelles. Le cerveau finirait par en pâtir.

    Ainsi, comme le révélait hier le New York Times, une étude de la Boston University School of Medicine démontre que l'ancien joueur de la LNH Reggie Fleming, décédé en juillet, présentait des blessures cervicales causées par un trop grand nombre de coups portés à la tête. L'autopsie du cerveau du hockeyeur a montré qu'il souffrait d'encéphalite traumatique chronique, un mal déjà repéré chez nombre de footballeurs et de boxeurs, mais pour une première fois chez un hockeyeur.

    Les dangers de la commotion cérébrale «sportive» sont de plus en plus évidents. Des voix scientifiques s'élèvent pour dénoncer le fait que la violence reproduite en direct à la LNH nourrit celle des petits joueurs. Certains experts estiment que 20 % des petits hockeyeurs souffrent d'une commotion cérébrale au moins chaque saison. Après des années de ce régime, des symptômes apparaissent: anomalies du comportement, problèmes cognitifs et même démence.

    Les éléments s'additionnent donc pour tenter de mettre à mal cette culture de la violence, diablement bien enracinée. Le confiait sans ambages au New York Times le directeur général des Ducks d'Anaheim, Bob Murray: «Frapper fait partie du jeu, et on ne veut pas nécessairement changer la nature fondamentale du jeu.» Dirigeants d'équipe et public forment une alliance gourmande de cette culture de bagarres. Question de santé, il faudra peut-être que le holà vienne des joueurs...
     
     
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