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Le Canadien, l'équipe des Québécois?

Louis Fournier - Journaliste et syndicaliste à la retraite, l'auteur a travaillé dans divers médias puis au Fonds de solidarité et à la FTQ  11 décembre 2009  Hockey
À l'aube de ce deuxième siècle d'histoire du club de hockey Canadien, je me demande ce qu'attendent les 21 273 partisans qui remplissent le Centre Bell à chaque match, et les autres amateurs, pour exprimer enfin à la direction de l'équipe leur immense déception, voire leur colère.

Les dirigeants du Tricolore ont si peu de respect pour les partisans francophones qu'il n'y avait dans l'alignement du club, en début de saison, que trois joueurs québécois, puis quatre quand le défenseur Marc-André Bergeron est arrivé. Et maintenant, à la suite de l'éviction de Guillaume Latendresse, nous avons de nouveau trois Québécois (Bergeron, Maxim Lapierre et Georges Laraque) et, heureusement, un joueur franco-ontarien, Benoît Pouliot.

Jamais, en 100 ans d'histoire, le Canadien n'aura-t-il eu si peu de joueurs francophones dans son alignement. En pleine année du centenaire, il fallait le faire!


Nouveaux propriétaires

Je ne peux pas croire qu'à talent égal (bien évidemment), on ne puisse pas trouver de bons joueurs de chez nous. Plusieurs équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH) ont des vedettes québécoises et francophones, mais la seule équipe du Québec, le Canadien, n'en a pas!

Il faudra peut-être attendre l'entrée en scène d'une nouvelle équipe de hockey, dans la ville de Québec, pour que l'équipe de Montréal se décide enfin à aligner davantage de joueurs québécois, comme c'était le cas à l'époque de la grande rivalité entre le Canadien et les Nordiques.

Il faut aussi espérer que la situation pourra changer radicalement avec l'entrée en scène des nouveaux propriétaires de l'équipe, dont le Fonds de solidarité de la FTQ et ses 571 000 actionnaires, qui y ont investi 50 millions.


Qu'elle gagne!

Comme l'écrivait récemment le réputé chroniqueur sportif Yvon Pedneault, les nouveaux grands patrons du Canadien devront vite poser la question suivante — assez économique pour qu'ils la comprennent — aux dirigeants du club, Pierre Boivin et Bob Gainey: «Pourquoi y a-t-il de moins en moins de francophones au sein d'une organisation qui évolue dans un marché francophone?» Que feront-ils donc pour que cette équipe nous ressemble un peu plus? Et qu'elle gagne enfin!

En terminant, je me demande ce qu'attendent les indépendantistes québécois pour s'engager dans cette bataille que, bien sûr, certains intellectuels trouveront sans doute trop plébéienne et de peu d'importance. Or, après la météo et bien avant la politique, le hockey — et singulièrement le Canadien — est l'une des grandes préoccupations des Québécois. Il y a là un terrain d'action extraordinaire pour des gens qui veulent faire du Québec un pays.

****

Louis Fournier - Journaliste et syndicaliste à la retraite, l'auteur a travaillé dans divers médias puis au Fonds de solidarité et à la FTQ
 
 
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