Le Canadien, nouveau et amélioré?
Photo : Jacques Nadeau Le Devoir
Jacques Martin est-il l'homme pour accomplir ce que personne n'a pu faire depuis 1993?
Jamais n'avait-on vu survenir, dans l'histoire de l'équipe sinon celle de toute la Ligue nationale de hockey, un chambardement du personnel aussi radical.
Ça s'est passé pratiquement du jour au lendemain. Les amateurs qui auraient coupé les ponts après la fin en sérieuse queue de poisson de la saison 2008-09 et repris du service cinq mois et demi plus tard ne reconnaîtraient pas le Canadien de Montréal qui sautera sur la glace ce soir à Toronto en lever de rideau de la nouvelle campagne. Partis les joueurs autonomes, parti le capitaine Saku Koivu, partis Alex Tanguay, Francis Bouillon, Patrice Brisebois, partis Christopher Higgins, Mathieu Dandenault, Tom Kostopoulos, Robert Lang. En face de lui, dans l'uniforme honni des Maple Leafs, le Tricolore retrouvera dès l'ouverture des hostilités celui que plusieurs voyaient comme le prochain grand leader du club, Mike Komisarek. Et le 17 octobre, dès son deuxième match au Centre Bell, il affrontera les Sénateurs d'Ottawa et... Alex Kovalev. À croire qu'il n'y a à peu près que Bob Gainey et Youppi! qui soient de retour.
Nouveaux propriétaires, les frères Molson et leurs alliés. Nouvel entraîneur-chef, Jacques Martin. Qui dirigera une flopée de nouveaux visages, les attaquants Michael Cammalleri, Scott Gomez, Brain Gionta et Travis Moen, les défenseurs Jaroslav Spacek, Hal Gill et Paul Mara. Oui, la page a vraiment été tournée.
À moins d'avoir passé la dernière année dans la région de la planète Mars, on sait tous ce qui a mené au grand ménage. Après un bon début de saison qui laissait croire que le premier rang de l'association de l'Est décroché au printemps 2008 n'était pas un accident de parcours, les choses ont commencé à se gâter quelques semaines après les Fêtes pour le Canadien. Jeunes joueurs « sur la rumba ». Révélations d'accointances louches. Problèmes de « communication ». Cent mille rumeurs sur la grande Toile. Enfilade de défaites. Entraîneur congédié. Quatre revers consécutifs pour boucler la boucle, une participation aux séries par la petite porte d'en arrière, et une sortie expéditive en quatre face aux Bruins de Boston.
Ça ne devait pas précisément se passer de cette façon. Pour célébrer sa 100e année d'existence, le club de hockey Canadien avait inauguré la place du Centenaire, honorant ses plus grandes légendes, Morenz, Richard, Béliveau et Lafleur. À l'intérieur du Centre Bell, un mur des célébrités avait été aménagé. On avait obtenu la présentation du match des Étoiles et de la séance de repêchage amateur. On avait retiré le chandail numéro 33 de Patrick Roy, celui que la génération actuelle de partisans connaît le mieux. Avec des victoires à l'automne, certains se sont pris à rêver d'un alignement des astres et de festivités se prolongeant jusqu'à un défilé de la coupe Stanley. Mais la sauce s'est gâtée, irrémédiablement.
Devant un tel fiasco, à l'ampleur toujours décuplée lorsqu'il s'agit du Canadien de Montréal, le directeur général Gainey a décidé de faire maison nette. Il n'en avait sans doute pas le choix. Lui qui a pris le blâme pour les déconvenues du printemps passé joue du reste son va-tout puisque, si les résultats ne sont pas probants, son propre poste sera certainement en jeu.
Cette nouvelle équipe, on ne sait pas trop par quel bout la prendre. Les experts se perdent en conjectures. La plupart évitent de courir des risques et la placent au milieu du peloton, quelque part autour de la huitième place. Il faut dire qu'ils ont été échauffés ces deux dernières saisons, d'abord lorsque le Canadien a étonnamment atteint le sommet dans l'Est, puis quand il est redescendu de manière plutôt spectaculaire. Les questions abondent: qu'en sera-t-il de la proverbiale chimie avec des effectifs dont près de la moitié étaient ailleurs il n'y a pas trois mois, et qui amorcent la saison sans capitaine attitré? Ce club est-il trop petit — Cammalleri, Gomez et Gionta ne font pas six pieds — et trop léger? Après une saison marquée par la controverse et un rendement en dents de scie, le gardien Carey Price est-il prêt, à 22 ans, à supporter la pression qui accompagne le poste le plus névralgique, à ce qu'on raconte, de tout le sport professionnel nord-américain? Jacques Martin, qui a une tonne d'expérience mais n'a jamais vraiment connu de succès en séries éliminatoires, est-il l'homme pour accomplir ce que personne n'a pu faire depuis 1993, soit amener les Glorieux au moins en demi-finale? Les nuits de Montréal seront-elles plus calmes?
Bref, le nouveau Canadien est certes nouveau, mais est-il aussi amélioré?
On pourrait avoir très tôt un solide début de réponse. Après Toronto, le CH s'en va à Buffalo, puis à Calgary, à Vancouver et à Edmonton. Cinq matchs à l'étranger avant d'enfin rentrer à la maison pour un long séjour, rien de tel pour serrer les rangs. Mais rien de tel non plus pour se prendre une série de défaites et se retrouver rapidement dans un sacré pétrin.
Et s'il a réjoui bien du monde en sélectionnant le Montréalais Louis Leblanc au premier tour du repêchage en juin, le Canadien se présente en 2009-10 avec une saveur moins locale que jamais. Trois joueurs seulement s'expriment en français: Guillaume Latendresse, Maxim Lapierre et Georges Laraque. Rien pour inciter les fans à la patience quand on traversera des temps durs.
Ça s'est passé pratiquement du jour au lendemain. Les amateurs qui auraient coupé les ponts après la fin en sérieuse queue de poisson de la saison 2008-09 et repris du service cinq mois et demi plus tard ne reconnaîtraient pas le Canadien de Montréal qui sautera sur la glace ce soir à Toronto en lever de rideau de la nouvelle campagne. Partis les joueurs autonomes, parti le capitaine Saku Koivu, partis Alex Tanguay, Francis Bouillon, Patrice Brisebois, partis Christopher Higgins, Mathieu Dandenault, Tom Kostopoulos, Robert Lang. En face de lui, dans l'uniforme honni des Maple Leafs, le Tricolore retrouvera dès l'ouverture des hostilités celui que plusieurs voyaient comme le prochain grand leader du club, Mike Komisarek. Et le 17 octobre, dès son deuxième match au Centre Bell, il affrontera les Sénateurs d'Ottawa et... Alex Kovalev. À croire qu'il n'y a à peu près que Bob Gainey et Youppi! qui soient de retour.
Nouveaux propriétaires, les frères Molson et leurs alliés. Nouvel entraîneur-chef, Jacques Martin. Qui dirigera une flopée de nouveaux visages, les attaquants Michael Cammalleri, Scott Gomez, Brain Gionta et Travis Moen, les défenseurs Jaroslav Spacek, Hal Gill et Paul Mara. Oui, la page a vraiment été tournée.
À moins d'avoir passé la dernière année dans la région de la planète Mars, on sait tous ce qui a mené au grand ménage. Après un bon début de saison qui laissait croire que le premier rang de l'association de l'Est décroché au printemps 2008 n'était pas un accident de parcours, les choses ont commencé à se gâter quelques semaines après les Fêtes pour le Canadien. Jeunes joueurs « sur la rumba ». Révélations d'accointances louches. Problèmes de « communication ». Cent mille rumeurs sur la grande Toile. Enfilade de défaites. Entraîneur congédié. Quatre revers consécutifs pour boucler la boucle, une participation aux séries par la petite porte d'en arrière, et une sortie expéditive en quatre face aux Bruins de Boston.
Ça ne devait pas précisément se passer de cette façon. Pour célébrer sa 100e année d'existence, le club de hockey Canadien avait inauguré la place du Centenaire, honorant ses plus grandes légendes, Morenz, Richard, Béliveau et Lafleur. À l'intérieur du Centre Bell, un mur des célébrités avait été aménagé. On avait obtenu la présentation du match des Étoiles et de la séance de repêchage amateur. On avait retiré le chandail numéro 33 de Patrick Roy, celui que la génération actuelle de partisans connaît le mieux. Avec des victoires à l'automne, certains se sont pris à rêver d'un alignement des astres et de festivités se prolongeant jusqu'à un défilé de la coupe Stanley. Mais la sauce s'est gâtée, irrémédiablement.
Devant un tel fiasco, à l'ampleur toujours décuplée lorsqu'il s'agit du Canadien de Montréal, le directeur général Gainey a décidé de faire maison nette. Il n'en avait sans doute pas le choix. Lui qui a pris le blâme pour les déconvenues du printemps passé joue du reste son va-tout puisque, si les résultats ne sont pas probants, son propre poste sera certainement en jeu.
Cette nouvelle équipe, on ne sait pas trop par quel bout la prendre. Les experts se perdent en conjectures. La plupart évitent de courir des risques et la placent au milieu du peloton, quelque part autour de la huitième place. Il faut dire qu'ils ont été échauffés ces deux dernières saisons, d'abord lorsque le Canadien a étonnamment atteint le sommet dans l'Est, puis quand il est redescendu de manière plutôt spectaculaire. Les questions abondent: qu'en sera-t-il de la proverbiale chimie avec des effectifs dont près de la moitié étaient ailleurs il n'y a pas trois mois, et qui amorcent la saison sans capitaine attitré? Ce club est-il trop petit — Cammalleri, Gomez et Gionta ne font pas six pieds — et trop léger? Après une saison marquée par la controverse et un rendement en dents de scie, le gardien Carey Price est-il prêt, à 22 ans, à supporter la pression qui accompagne le poste le plus névralgique, à ce qu'on raconte, de tout le sport professionnel nord-américain? Jacques Martin, qui a une tonne d'expérience mais n'a jamais vraiment connu de succès en séries éliminatoires, est-il l'homme pour accomplir ce que personne n'a pu faire depuis 1993, soit amener les Glorieux au moins en demi-finale? Les nuits de Montréal seront-elles plus calmes?
Bref, le nouveau Canadien est certes nouveau, mais est-il aussi amélioré?
On pourrait avoir très tôt un solide début de réponse. Après Toronto, le CH s'en va à Buffalo, puis à Calgary, à Vancouver et à Edmonton. Cinq matchs à l'étranger avant d'enfin rentrer à la maison pour un long séjour, rien de tel pour serrer les rangs. Mais rien de tel non plus pour se prendre une série de défaites et se retrouver rapidement dans un sacré pétrin.
Et s'il a réjoui bien du monde en sélectionnant le Montréalais Louis Leblanc au premier tour du repêchage en juin, le Canadien se présente en 2009-10 avec une saveur moins locale que jamais. Trois joueurs seulement s'expriment en français: Guillaume Latendresse, Maxim Lapierre et Georges Laraque. Rien pour inciter les fans à la patience quand on traversera des temps durs.
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