Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Bagarres au hockey - Faire un homme de soi

12 février 2009 | Guy Taillefer | Hockey
Un comité d'experts sur les commotions cérébrales qui surviennent au hockey arrive à la conclusion que les bagarres devraient être bannies du jeu, y compris dans la LNH. «Les bagarres sont une cause connue de commotion cérébrale et peuvent entraîner des complications à long terme...» Dont la plus définitive est la mort, juge utile de préciser le comité, qui voudrait aussi que la sale habitude qu'ont certains joueurs de viser la tête en frappant l'adversaire ne soit plus tolérée.

Le comité, formé de médecins spécialistes et d'anciens joueurs, comme Eric Lindros et Jeff Beukeboom que des traumatismes crâniens ont chassés du jeu, a publié ses recommandations, mardi, à la lumière d'un «sommet» tenu à ce sujet à London, en Ontario, à la mi-janvier, en présence de près de 400 personnes. La participation y fut d'autant plus attentive que deux semaines plus tôt décédait un jeune hockeyeur ontarien de 21 ans, Don Sanderson, après avoir passé trois semaines dans le coma. Membre d'une équipe d'une ligue senior AAA du sud de la province, étudiant en kinésiologie, il s'était violemment frappé la tête contre la patinoire dans une bagarre au cours de laquelle il avait perdu son casque protecteur.

Le comité d'experts ne prétend pas avoir le fin mot de l'histoire et voudrait, comme les cas se multiplient, que le milieu sportif fasse au moins l'effort d'ouvrir à ce sujet un débat soutenu.

La LNH en est encore loin, si l'on en juge par la fin de non-recevoir opposée par le commissaire Gary Bettman en marge du dernier match des étoiles qui s'est déroulé à Montréal: les bagarres, a-t-il déclaré, sont «partie intégrante de la façon dont le hockey est joué».

L'argument est dinosaurien: il joue, par extension, sur l'idée que les bagarres font partie de toute éternité de notre culture sportive nationale et qu'il n'en faut rien changer, sauf peut-être pour améliorer la sécurité des joueurs en leur interdisant de retirer leur casque quand ils décident de se cogner. Le monde ne s'est pourtant pas arrêté de tourner avec la naissance des Broad Street Bullies de Fred Shiro. «On remplissait les arénas avec la violence dans notre temps, disait l'année dernière Guy Carbonneau. Mais ça n'est plus le cas.» Les bagarres ne sont pas essentielles à l'exercice du sport. Elles le sont, ont décidé ses dirigeants, à son marketing. Ce qui en dit long sur l'opinion qu'ils se font des fans. Du reste, à si bien s'accommoder de la violence sur les patinoires, ceux qui en défendent l'usage instillent une culture qui l'encourage. Son père dit de son fils Don qu'il n'avait aucun goût pour la bagarre; il s'y est senti en quelque sorte forcé.

Qu'il fasse un homme de lui, M. Bettman, et que la LNH, joueurs et dirigeants confondus, prenne clairement position contre la violence au hockey. Qui s'ennuie du bon vieux temps des mêlées générales à 40? Voir en reprise un beau jeu est un plaisir. Revoir une belle bagarre provoque le malaise.

***

gtaillefer@ledevoir.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel