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Et puis euh - Vous avez un nouveau message

Jean Dion   18 décembre 2008  Hockey
Un vieux radoteux qui se cache depuis sous le couvercle d'un anonymat commode — il s'agit d'ailleurs, précisons-le, d'un couvercle de type sécuritaire, genre qu'on retrouve sur les flacons de pilules, il faut aligner les deux fléchettes et ensuite gosser si longtemps que, lorsqu'on a enfin accès à la médication, elle est périmée — a un jour dit que, dans le merveilleux monde du sportª, les entraîneurs sont embauchés pour être congédiés. L'énoncé est certes vérifiable dans 99,9 % des circonstances sinon plus, mais il ne s'illustre pas par sa grande originalité, s'appliquant à tous les domaines de la vie générale: on naît pour mourir, la meilleure cuisine finit invariablement en vaisselle sale, et, l'avez-vous remarqué, les superbes rabais que vous offre votre marchand le sont toujours pour une durée limitée et de foutues conditions s'appliquent. Petits caractères, grosses restrictions.

Même Canadien n'échappe pas au poncif. Canadien, n'est-ce pas, en arrache drôlement par les temps qui patinent sur la bottine. Trois défaites consécutives contre des formations de la puissante division Sud-Est, celle dont les joueurs arrivent à l'aréna en gougounes sauf à Washington et quelquefois dans la Caroline, et l'avantage numérique n'arrive pas à trouver le fond du cordage. (À ce sujet, une précision: la prochaine fois que vous entendrez dans un reportage descriptif radio ou télédiffusé l'expression «le fond du filet», n'en croyez pas une goutte. Le filet n'a pas de fond, il est le fond. Peut-être m'attaché-je trop aux choses sans importance, mais c'est comme ça quand on est observateur en matière de hockey sur glace.) Or, pour ne rien vous cacher, je connais quelqu'un qui commence déjà à songer qu'il faudrait peut-être à un moment donné envisager à titre préliminaire de penser à demander la tête de Carbo. La situation est à ce point critique.

Quoique d'autres vous diront que c'est la faute des arbitres. Les arbitres de la NHL sont constamment houspillés parce qu'ils égalisent les punitions de part et d'autre, et ils le sont pareillement lorsque, comme mardi dans la Caroline, ils en imposent 11 contre deux. Les fans ne sont jamais contents.

Déjà, donc, trois pilotes se sont fait dire «la sortie c'est par là» depuis le début de la saison dans la Ligue nationale. Si on se tourne du côté du basketball, dans la NBA, et même si on ne se tourne pas parce que ça ne nous intéresse pas tellement, on recense six remerciements en quelques semaines. Parfois, l'expérience dure quelques semaines à peine, comme dans le cas de Barry Melrose, qui a fait 16 matchs à Tampa B. Je dis bien «Tampa B» parce que, contrairement à Tampa A qui a raflé la Stanley pas plus tard qu'en 2004, cette équipe fait présentement plutôt picpic. Elle n'arrive à peu près à vaincre que Canadien.

Et pourquoi toutes ces mises à pied? C'est à cause du message. Vous savez, parfois le message passe, et parfois il ne passe plus. Et quand il ne passe plus, vous êtes cuit, parce que vous vous trouvez à perdre votre vestiaire. Et si vous avez perdu votre vestiaire, comment pourriez-vous prétendre gagner la patinoire, je vous le demande un peu.

À noter, le contenu du message n'importe nullement. En cause est celui qui le véhicule. Car contrairement à ce qu'on vous a appris dans vos cours du soir, le message, c'est le médium. Ah.

Aussi, à travers toutes ces petites tragédies, est-il rafraîchissant de voir qu'il y en a qui échappent de loin en loin à l'éphémérité. Exemple: hier, l'université Penn State a annoncé qu'elle renouvelait pour trois ans le contrat de l'entraîneur de son équipe de football américain, Joe Paterno.

Dimanche, Joe Paterno célébrera son 82e anniversaire de naissance.

Il dirige les Nittany Lions de Penn State depuis 1966.

Il a agi à titre d'entraîneur adjoint à Penn State à compter de 1950, pour un grand total de 59 saisons au sein de la direction de l'équipe.

Pour se situer un peu, mentionnons que Paterno avait déjà cinq campagnes sous la cravate comme patron lorsque Jack Ham a été repêché fraîchement sorti de Penn State. Jack Ham, les prolifiques Steelers des années 1970, le Steel Curtain, me semble que cela fait une éternité, non? Pas aussi éternel que JoePa, faut croire. (En passant, les historiens objecteront peut-être que le vrai Steel Curtain consistait en la ligne défensive du Pittsburgh, nommément Mean Joe Greene, L.C. Greenwood, Dwight White et Ernie Holmes, alors que Ham et Jack Lambert étaient secondeurs. Mais le passage du temps a fait en sorte que l'expression est désormais utilisée pour désigner toute l'unité défensive. On peut en débattre si vous voulez, mais j'ai comme l'impression que ça ne mènera pas à grand-chose, surtout si l'on part d'axiomes divergents.)

Et l'année après Ham, en 1971, c'était Franco Harris qui sortait de Penn State. Finalement, Pittsburgh aura profité de la manne pennsylvaine.

En plus, le monsieur n'est pas cupide. Il gagne 513 000 $US par année, le plus bas salaire des coachs de prestige de la division I-AA de la NCAA.

Et JoePa entraîne maintenant les presque petits-enfants de ses premiers protégés. Ça c'est de la durabilité. Ça doit être que le message n'a jamais cessé de passer.

***

Puisqu'il est question de gros football non professionnel, on se réjouira, si on est enclin à la bonne humeur, du début de la saison des Bowls samedi. En passant, Paterno et ses Lions, eux, participeront au Rose Bowl, le 1er janvier à Pasadena, contre les Trojans de USC.

On verra du même coup si la récession économique frappe aussi le sport universitaire. Un indice que peut-être bien que oui: le Humanitarian Bowl, qui aura lieu à Boise, en Idaho, le 30 décembre. Les protagonistes: Maryland et Nevada (Boise State, de son côté, prendra part au Poinsettia Bowl, le 23 décembre en Californie). Or, à ce jour, les deux universités ont vendu aux fans de chacune des équipes intéressés à faire le pittoresque voyage un grand total de respectivement 16 et 8 billets.

Ceci pour dire que les organisateurs espèrent fort fort que les partisans de Boise State seront rentrés à temps pour occuper eux-mêmes un peu les gradins...
 
 
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  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    18 décembre 2008 08 h 26
    C'était le pied
    Monsieur Dion,
    Aujourd'hui, dans le Devoir, il y a cette nouvelle à propos du chirurgien qui, ayant extrait une tumeur du cerveau d'un nouveau-né, y a trouvé un pied. Voilà certes un bébé qui, plus tard, serait devenu politicien. Mais imagine-t-on tous les sportifs dont on découvrirait, si on les examinait attentivement, que ce sont leurs pieds qui contiennent leur cerveau. Et que dire des chroniqueurs? Vous êtes-vous fait examiner, récemment?

    Desrosiers
    Val David
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