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Canadien 2, Bruins 3 - Roy de retour chez lui

Guillaume Bourgault-Côté   23 novembre 2008 07h53  Hockey
La page est tournée: Patrick Roy est rentré chez lui, hier soir au Centre Bell. Sept minutes d'une ovation-monstre et des yeux humides ont scellé la réconciliation entre des fans qui l'avaient hué à son dernier match et l'ancien gardien du Canadien, dont le numéro 33 trône désormais au plafond de l'amphithéâtre montréalais.

Patrick Roy est donc devenu hier le 15e joueur de la centenaire histoire du Canadien à voir son chandail retiré par l'organisation, et le troisième gardien. La cérémonie de 45 minutes soulignant l'événement a précédé le match disputé contre les Bruins et remporté par ceux-ci, en fusillade.

Loin du brouhaha de son départ mouvementé en 1995, Roy est revenu dans l'organisation par la grande porte, hier. Plus précisément celle de la section 101. Celui qui a développé le style papillon a ainsi fait son entrée dans l'amphithéâtre en plein milieu de la foule, après avoir cheminé dans les couloirs du Centre Bell. Dès que Roy est apparu à l'écran vêtu de son chandail, la foule s'est levée pour lui offrir un accueil vibrant qui a duré longtemps.

Plus de sept minutes, en fait. Sept minutes au cours desquelles Roy n'a pas pleuré, mais est «passé proche», comme il le dira plus tard. Ses yeux étaient humides. «Mais je suis le genre de personne qui garde ses émotions en-dedans», a-t-il expliqué en conférence de presse, visiblement ému et même surpris de la chaleur de l'accueil reçu.

Chaque fois que le présentateur Richard Garneau tentait de reprendre la parole, la foule redoublait d'ardeur dans sa clameur.

Dans son discours, Patrick Roy a parlé de «l'immense fierté» qu'il a eu de jouer à Montréal, dans «la plus noble des armures» pour «le guerrier» qu'il était. Il a notamment remercié tous ses adversaires pour l'avoir incité à «repousser ses limites». Et s'il est revenu sur ce jour où il a «dû partir un peu trop vite, sans vous dire au revoir», ce fut pour souligner qu'il se rappellerait «davantage de ces moments où on a fait trembler le Forum et vibrer Montréal. Mes amis, ce soir, je rentre chez nous.»

Saku Koivu, Carey Price et Jaroslav Halak ont ensuite amené la bannière #33 qui a été hissée sous l'oeil ému de Roy et de ses proches. La foule, elle, en remettait une couche.

Quelques minutes plus tard, devant les médias, Patrick Roy a indiqué avoir eu la chair de poule en entendant la profondeur de l'ovation qu'il a reçu. «C'était plus que ce que j'avais pensé», a-t-il dit. «Pour moi, ça tourne vraiment la page sur ce qui s'est passé en 95.»

La famille de Patrick Roy était présente à la cérémonie, de même que chacun des trois entraîneurs avec qui il a atteint la finale de la Coupe Stanley. Jean Perron, Pat Burns et Jacques Demers ont tous remercié Roy pour les bons moments vécus. Imagé comme toujours, Perron a parlé du «roi du papillon qui parle à ses poteaux» à qui on «veut donner un beau clin d'oeil». Son ancien agent et directeur général au Colorado, Pierre Lacroix, a pour sa part évoqué «l'intégrité et la passion» du gardien avec qui il a remporté deux Coupes Stanley pour l'Avalanche, alors que Joe Sakic et Raymond Bourque ont parlé des qualités du gardien dans des messages pré-enregistrés.

Et le match? Rien pour passer à l'histoire. Le Canadien a raté plusieurs occasions de marquer (le gardien Tim Thomas a reçu la première étoile) et il a fallu un but chanceux de Tom Kostopoulos en fin de troisième pour permettre au club d'engranger un point au classement en égalisant la marque 2-2.

En fusillade, Tim Thomas a arrêté Alex Kovalev, Andrei Markov et Saku Koivu, alors que Carey Price cédait sur le premier tir des Bruins. Blake Wheeler peut toutefois se compter chanceux d'avoir déjoué Price: il a échappé la rondelle, qui s'est glissé sous les jambières du gardien du Canadien — qui a par ailleurs effectué plusieurs beaux arrêts. Andrei Kostitsyn a marqué l'autre filet du Canadien en temps réglementaire.

Autrement, la foule s'est surtout excitée tout au long de la partie pour le dialogue entretenu entre Georges Laraque et Mike Lucic. Les appels au poings de Laraque sont toutefois restés sans réponse. Pas bête, le joueur des Bruins a plutôt choisi de s'illustrer en inscrivant un but en deuxième période, au terme d'un magnifique jeu de de Phil Kessel.

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