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L'entrevue - Le Canadien, objet d'étude en théologie

Lisa-Marie Gervais   14 octobre 2008  Hockey
Olivier Bauer, professeur à la faculté de théologie et des sciences des religions de l’UdeM
Photo : Pascal Ratthé
Olivier Bauer, professeur à la faculté de théologie et des sciences des religions de l’UdeM
Du culte de la sainte Flanelle à celui de «Jesus Price» en passant par les fantômes du Forum, le Canadien de Montréal serait-il une religion? C'est la question à laquelle tentera de répondre Olivier Bauer, théologien de l'Université de Montréal, dans un nouveau cours qui débutera à la session d'hiver. Mesdames et messieurs, accueillons le — saint — Canadien de Montréal.

L'odeur de la coupe s'est à peine dissipée. Au contraire, elle semble embaumer plus que jamais, en cette saison du centenaire des Canadiens de Montréal. Et, sous le regard bienveillant des fantômes du Forum qui, croit-on, ont déménagé au Centre Bell, le Tricolore est déterminé à en mettre plein la vue à sa horde de «fidèles» qui suit déjà ses matchs, avec une ferveur presque religieuse. Pas étonnant qu'Olivier Bauer, professeur à la faculté de théologie et des sciences des religions de l'Université de Montréal, ait vu dans cette effervescence un prétexte pour étudier la correspondance entre le culte voué aux «Habs» et la religion catholique au Québec.

Il le dira lui-même, c'était une idée «un peu folle, comme le sont les idées au départ». Pourtant, le professeur d'origine suisse n'entend pas rire. Un jour, en discutant dans son bureau avec Jean-Marc Barreau, étudiant aux études supérieures en théologie, prêtre et ceinture de judo, il s'est décidé à pousser plus loin l'étude de cette question qui «flottait sur le Québec»: le Canadien est-il une religion? «Si oui, quel type? Religion instituée, religion populaire, religion civile?», s'interroge-t-il. Les bases du cours qu'il dispensera à l'hiver 2008, avec le professeur invité Denis Müller, théologien et spécialiste de l'éthique du soccer, étaient ainsi jetées. «On voulait donner le cours au Centre Bell, mais on se disait que c'était un peu ambitieux», plaisante cet ancien pasteur, qui a souvent intégré le sport dans son travail paroissial.

L'intérêt d'Olivier Bauer n'était pas complètement fortuit. Dans les années 70, l'étudiant qu'il était a joué au soccer et a gardé les buts de l'équipe de hockey suisse de l'Université de Neuchâtel, formation avec laquelle il avait remporté le titre de vice-champion de la ligue universitaire. «J'avais obtenu, pour un certain laps de temps, le droit pour mon club de porter le maillot du Canadien de Montréal bleu-blanc-rouge avec le CH sur le ventre. Pour moi, c'était l'équipe de référence. J'ai grandi avec cette idée de sainte Flanelle, même si je ne savais pas très bien ce que ça voulait dire, raconte le professeur. En arrivant à Montréal, je me suis rendu compte que c'était une expression mais que c'était une réalité aussi.»

Durant ses jeunes années de hockeyeur, quelques échos des exploits des Canadiens, en particulier ceux du «Démon blond», lui parvenaient d'outre-mer. «Le Canadien, c'était la référence. Guy Lafleur, Serge Savard... Mes copains et moi, on les suivait à travers les matchs télévisés des championnats du monde, se souvient-il. Dans une librairie en Suisse, j'avais commandé Devant le filet, le livre de Jacques Plante, que je n'ai finalement jamais reçu. Depuis, je plaisante, je dis toujours que si j'avais pu mettre la main dessus, je serais au Centre Bell et non à la faculté de théologie!»

Des patins dans l'eau bénite

Vrai que, dans le monde sacré du hockey montréalais, les allusions à la religion catholique et à ses symboles sont omniprésentes. Pour le professeur, c'était comme tomber les deux pieds dans l'eau bénite. On avait là un match, presque une messe, où Carey Price, alias «Jesus Price», est tantôt le «sauveur» de l'équipe, tantôt la victime d'un «calvaire» «crucifiée» dans son filet et qui sera, peut-être plus tard, intronisé au «temple» de la renommée. Sans compter l'expression «Ils les ont eus dans l'eau bénite» et les commentaires du «prophète» Ron Fournier. «Il y a toute une mythologie qui se met en place autour du Canadien et de cet aspect religieux», constate M. Bauer, qui, avec Jean-Marc Barreau, a codirigé un ouvrage sur «la religion du Canadien», faits de textes de sociologues et d'autres communicateurs. La devise de l'équipe — «Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, à vous de le porter bien haut» — présente elle aussi un petit côté judéo-chrétien.

À travers ses travaux, le sociologue Benoît Melançon avait très bien montré comment des malades avaient prétendu s'être guéris en touchant au maillot ou encore à des sous-vêtements ayant appartenu à Maurice Richard, un pouvoir qui était jusque-là exclusif au frère André. Certains joueurs affichent carrément «leurs couleurs» religieuses, comme Carey Price, qui porte une petite croix derrière son masque de gardien de but. Le thème des reliques fait partie du plan de cours de M. Bauer, tout comme celui des rites religieux. «Il y a des gens qui vont prier à l'Oratoire les soirs de match», mentionne M. Bauer à titre d'exemple. Mike Komisarek a lui aussi son petit rituel: il fait un signe de croix avant de sauter sur la patinoire.

Une conduite de paix et de recueillement, mais qui prend des allures de voeux pieux lorsque le joueur, le pied à peine posé sur la glace, se bagarre avec le premier venu. «On peut se poser des questions: y a-t-il des valeurs dans le sport qui sont les mêmes dans la religion?», s'interroge le théologien amateur de sport. En ce sens, fait-il remarquer, l'équipe adorée, par ses visites à l'hôpital et d'importants dons à des fondations, a remplacé les Églises dans la gestion de la charité.

La troisième et dernière partie — ou période! — du cours abordera justement les questions pastorales. «Si le Canadien est une religion, doit-on la combattre parce que c'est une forme d'idolâtrie ou doit-on plutôt l'utiliser en montrant que certaines valeurs transmises par le Canadien peuvent correspondre aux valeurs chrétiennes?», demande le chercheur, qui s'intéresse également à la relation entre le christianisme et l'alimentation à travers des exposés notamment sur les «spiritualités gourmandes».

Amour, sport et religion

Force est d'admettre que, de tout temps et pas seulement au Québec, le sport et la religion ont toujours eu une relation étroite. À Olympie, les jeux étaient offerts aux dieux et saint Paul utilise des métaphores sportives pour qualifier la vie chrétienne. L'équipe chérie des Montréalais n'est, bien sûr, pas la seule à déchaîner les passions. Beaucoup de chercheurs dans le monde se sont intéressés, entre autres, à la ferveur religieuse pour des clubs de soccer en Amérique latine et en Europe. En Argentine, il existe une Église vouée au culte du joueur de soccer Diego Madarona, où sont célébrés des mariages. Olivier Bauer a lui-même suivi la piste du baseball comme religion civile aux États-Unis. Mais il reconnaît qu'ici la ferveur est particulièrement ardente pour le hockey. Un amour qui s'exprime en diverses chapelles.

«Il y en a qui croient aux Bruins, d'autres, aux Maple Leaf, et certains, plus oecuméniques, qui disent que ce n'est que du hockey, après tout, mentionne le théologien. Plusieurs sont prêts à se battre jusqu'à la mort pour défendre leur équipe ou adorent, le mot est fort mais je fais exprès, une équipe décédée, comme les Nordiques, au point où ils ne mettront jamais les pieds au Centre Bell.

Hérésie, anathème et excommunications: le sport est encore une fois très près de la religion, insiste le chercheur. Même si certains aspects du catholicisme ne se retrouvent pas dans le culte voué au Canadien: hormis les fantômes du Forum, il n'y a pas de référence forte, immédiate ou explicite à une forme de transcendance, admet Olivier Bauer. «Mais je ne vais pas vous donner toutes les réponses sur cette mystérieuse question, il faudra venir au cours», lance-t-il, en disant avoir foi, en ces temps sacrés du hockey, que nombreux seront les «fidèles» à venir assister à ces «messes » universitaires.
Olivier Bauer, professeur à la faculté de théologie et des sciences des religions de l’UdeM Le chandail du Canadien, parfois aussi appelé «sainte Flanelle».
 






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  • Normand Chaput
    Abonné
    mardi 14 octobre 2008 02h22
    Je ne sais comment exprimer mon désarroi
    « faculté de théologie? Université de Montréal? Ce n'est pas que je suis chrétien ou même croyant mais il y a toujours un boutte ciboire. Un cours universitaire là-dessus? Et un article dans le Devoir en plus? »

  • Jacques_Morissette
    Abonné
    mardi 14 octobre 2008 07h10
    Le Canadien, du bonheur en bouteille peut-être?
    « Le Canadien n'est pas une religion. C'est un succédané à quelque chose, du bonheur en bouteille peut-être. Ce n'est pas vraiment dans le but d'être désagréable, mais on prend son pied là où on veut et surtout là où on peut.

    Pas plus tard qu'hier soir, j'ai pris une dizaine de minutes de plaisir à regarder le Canadien contre Philadelphie, avec trois admirateurs de la sainte flanelle. Compréhensif, je me suis prêté au jeu de la circonstance, histoire de m'amuser honnêtement un peu avec eux.

    JM »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 14 octobre 2008 07h14
    Une religion d'aliénés...
    « avec un proprio américain, un DG ontarien et un capitaine finlandais. Maurice, paix à ton âme... »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 14 octobre 2008 07h41
    Dieux visibles au hockey
    « Au hockey, "scorer" n'est pas péché.

    Et la coupe Stanley à la fin de vos jours ! Amen. »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 14 octobre 2008 09h02
    Comme un fruit mûr...
    « Cette étude tombe vraiment à point, en ce jour, où le cardinal Ouellet prône une "nouvelle évangélisation du Québec" et où le Bloc Québécois s'apprête à recueillir la ferveur de tous les "croyants" lésés par les "méchants fédérats"! »

  • Pascal Barrette
    Abonné
    mardi 14 octobre 2008 12h01
    Le pilier sacré
    « Dans son oeuvre phare «Le sacré et le profane», Mircéa Éliade explique la fonction première du mythe, du récit du début des temps, celle non seulement d'expliquer comment le monde a été créé, mais celle du comment continuer à le maintenir dans l'existence. Les symboles, les rituels enseignés et transmis par le dieu créateur aidaient les civilisations dites primitives à continuer de fonder chacun de leurs gestes, chacune de leurs coutumes, chacun de leurs jours et nuits dans l'existence, dans le cosmos dont ils avaient conscience plus que le monde dit moderne, de l'incontournable nécessité et imprévisibilité. Éliade raconte qu'une tribu d'Australie, les Achilpa transportaient avec eux dans tous leurs déplacements un pilier sacré, objet taillé à même un arbre qui avait pour fonction de relier la terre au ciel, de relier leur monde au dieu qui l'avait créé «dès le commencement». Ce pilier maintenait leur monde, leur territoire, leur tribu, dans l'existence. Un jour le pilier sacré s'est cassé. Les Achilpa ont cru que leur dieu les avait abandonnés. Ils se sont alors étendus au pied du poteau cassé et se sont laissé mourir, coupés qu'ils se croyaient de la source de leur existence.

    Telle est la fonction de la religion, non seulement de relier la terre aux dieux ou à Dieu en son sens le plus strict, religare, relier, mais aussi de relier les humains entre eux, de les fonder, de leur attribuer leur fond de terre propre, leur territoire donné, établissant un certain ordre, un certain ordonnancement aux êtres les uns par rapport aux autres, qui autrement seraient aux prises avec le chaos, le retour au néant. Entendez le discours récent de Mgr Ouellette à une publication italienne. Si les Québécois sont désemparés, s'il y a tant de sexe, de drogue et de divorces, c'est parce qu'ils ont abandonné la religion catholique. Dans cette logique, la religion structure le monde dans l'existence, lui faisant tous les jours échapper au chaos. Il y a les bons et les méchants, les damnés et les sauvés, les croyants et les infidèles, les saints et les impies. Les rituels, les rassemblements servent à nous rappeler comment notre dieu fondateur a créé le monde et comment surtout il nous montre à le maintenir dans l'existence.

    Qu'est-ce que le Canadien de Montréal vient faire dans cet ordre des choses? Au sens le plus strict du mot religion qui serait de nous relier à Dieu, la Sainte Flanelle n'est pas une religion. Mais si on la regarde comme l'artéfact d'un rituel primitif, on peut étrangement y trouver une parenté, en ce sens qu'elle donne au Québec une identité, un territoire, une certaine existence dans le monde, sorte de rempart contre toutes les menaces de dissolution de son identité collective, de son être-même. On pourrait comparer le club à une sorte de pilier sacré qui maintiendrait la nation québécoise dans l'existence.

    Dans le nom d'abord, les Habs. L'expression habitants pour signifier les rats de campagne a d'abord été utilisée par les rats de ville pour diminuer et ridiculiser ces êtres rustres, sans culture, qui en revenant de l'étable entraient dans leur cuisine avec leurs grosses bottes de colons. L'expression a été récupérée par ces mêmes «colons» pour en faire un porte-étendard, un objet de fierté. Ils ont tourné la dérision en affirmation de soi. Le Canadien s'est toujours identifié par rapport à ceux qui étaient différents de lui. Il a ainsi contribué à concilier l'existence du peuple canadien-français, d'abord par rapport aux «Anglais», identifiés aux rats de ville de la fable, ensuite par rapport à leur premier ennemi juré, les Leafs de Toronto, identifiés aux Canadiens Anglais, puis par rapport aux Américains, les Bruins de Boston, les Rangers de New-York.Quand les non-francophones, quand les non-Canadiens ont commencé à occuper ses rangs, le Canadien s'est transformé en un symbole d'ouverture au monde, une façon nouvelle d'affirmer sa différence tout en s'adaptant à un univers en changement. Le Canadien aura ainsi toujours été ce pilier sacré qui aura maintenu la tribu québécoise dans son existence à travers tous les «ennemis» avec qui elle a croisé le fer, à travers toutes les transformations du monde qu'elle a dû affronter.

    En ce sens, le tableau central du Centre Bell qui affiche les secondes, les points et les buts constitue une sorte d'objet ritualiste, de pilier sacré, une sorte de saint-sacrement vers lequel on lève constamment le regard pour se situer dans le jeu de la partie, dans le jeu de l'existence, dans l'incertitude du futur, dans la lutte de l'être contre le non-être, dans le chaos et le tumulte des temps inconnus. Ce pilier est le rempart qui nous donne l'heure juste, il nous montre le temps sacré. Son Jour du Seigneur n'est pas le dimanche, mais le samedi soir à 20h précises, à l'heure où tout le peuple se met littéralement à genoux devant ses saints patrons, ceux de la sainte flanelle, pour en égrainer, secondes après secondes, le chapelet de valeureux exploits. Dussent-ils perdre des batailles, on a de cesse de «croire» en leur force, en leur capacité de se relever, de descendre de leur croix et de revenir à la vie, de ressusciter.

    Dans la ternicité de la terne cité, dans le gris du quotidien, dans la prévisibilité de la routine du travail, le sport de nos héros devient une sorte de fête, de point d'exclamation, de célébration dont, contrairement aux autres rituels religieux, l'issue est imprévisible. Nous ne savons pas si nous iront au ciel, certains diront que nous ne savons pas s'il y a un ciel. Mais quand le Canadien gagne, le ciel apparait dans tout son éclat. La victoire devient un événement salvifique, sotériologique, dirait les théologiens. Le fidèle partisan se projette sur la glace avec ses joueurs, il épouse ses efforts, il communie à son habileté, il mime ses feintes, il lève les bras à sa grandeur, à sa capacité de défier le destin pour littéralement se donner un but qui sorte de l'ordinaire, qui le fasse littéralement lever de sa chaise et crier Yes! Yes!, c'est de l'anglais mais on s'en fout, il n'y a pas de religion sans sacrilège, qui le fasse hurler Houu! Houu! n'importe quoi mais qui le fasse exulter devant un événement accomplisseur, rédempteur, prométhéen, devant un événement vainqueur. Cela ne ressemble-t'il pas au chant traditionnel Alléluia! Le Seigneur est grand! Béni soit ton saint nom!

    Le sport en un sens confère un ordre, établit un motif, un but, un arrangement acceptable à ce monde étrange, sans relief et combien souvent sans raison. Le Canadien donne des fanions, des pignons et des panthéons à notre monde oh combien souvent en perdition. Il lui confère des hauts-lieux, des temples, des rassemblements, des célébrations, des communions, des baptêmes et des enterrements où ensemble tous peuvent s'époumoner à crier Go! Habs! Go! Ceux-ci deviennent parfois des intouchables, des irréproduisibles, des consacrés. Les numéros de nos saints sont retirés de la glace pour qu'ils ne soient jamais profanés sur le dos de quelque impur ou impie qui ne soit pas à la hauteur du chiffre sacré de celui qui a défendu notre existence-même, notre zone, notre sanctuaire, notre territoire inviolable, notre identité, notre affirmation de soi dans la ville, dans la province, dans le pays, dans le monde, aux yeux de tous les dieux. Amen.

    Pascal Barrette

    Ottawa »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 14 octobre 2008 12h26
    @ M. Jacques Noel
    « M. Noel écrit : «avec un proprio américain, un DG ontarien et un capitaine finlandais. Maurice, paix à ton âme...»

    Oui mais, shooter le puck dans le net pour scorer, ça c'est québécois francophone ! »

  • Décary-Charpentier Normand
    Inscrit
    mardi 14 octobre 2008 14h02
    Les évidences rencontre la souffrance
    « Afin d'infuser plus de tolérance aux étudiants face aux nouvelles religions, je présente toujours ce qui se substitue au religieux dans notre monde moderne. Le culte du canadien est l'un de ces substituts évidemment. Vous n'avez qu'à visionner l'ancienne publicité de la construction du Centre Bell pour vous mettre à genoux au son des grandes orgues. Les étudiants qui voient cette pub pensent à tout coup que c'est une pub qui présente une construction religieuse.
    Il y a aussi la publicité pour le recrutement dans l'armée américaine où l'on voit un jeune homme traverser un labyrinthe aux obstacles meurtriers pour au bout du périple, retirer l'épée d'Excalibur de la pierre pour enfin, être foudroyé et se recouvrir de la force divine dans son costume impeccable. Les substituts à notre besoin d'absolu sont très nombreux, le sport a sa place, l'argent, le sexe, le pouvoir, le savoir, et j'en passe.
    Au lieu de faire des recherches sur des évidences qui ne font que satisfaire l'ego de ces promoteurs, il faudrait se tourner vers la souffrance des divorcés remariés, par exemple, ces nombreux exclus de la communion en se posant la question du pourquoi les prêtres pédophiles peuvent retourner sans problème à l'eucharistie, tout autant que le criminel qui n'a qu'à confesser son crime tandis que les divorcés sont condamnés à jamais à jeûner. Pourquoi l'autorité religieuse avorte-t-elle et en même temps, est- elle contre l'avortement.
    À vouloir plaire, le fossé entre ceux qui s'approprient le pouvoir dans le religieux et les autres ne cessent de s'élargir et la souffrance des exclus aussi. Que votre collègue prêtre soit ceinture noire en judo n'ajoute rien à votre dire mais de le dire montre bien votre souci d'impressionner pour mieux plaire.
    Quarante-cinq heures avec travaux et notes sur une évidence seraient mieux utilisés à trouver des moyens pour améliorer le sort des plus souffrants dans notre société. Vérité et amour vont ensemble dit le psaume, alors sortez de vos bureaux aseptisés, de vos corridors de chambres vides, de vos tables bien garnies et réconforter l'âme des plus souffrants. »

  • Delphine Monsallier
    Inscrite
    mardi 14 octobre 2008 14h50
    Cet article parle de moi
    « Quand j'ai lu cet article ce matin, je me suis complètement reconnue. "Jesus Price", "temple" et "messe du samedi soir" sont des mots que j'utilise tous les jours. Pour moi le hockey c'est plus qu'un sport: c'est ma religion!
    Lors des dernières séries, 7e match contre les Bruins, j'ai sauté une période d'école et avec d'autres inconditionnels fans je suis allée monter les marches de l'Oratoire St-Joseph à genoux! 283 marches! Avant chaque match de série, j'allume un lampion pour la chance et parfois, brûle des photos des joueurs adverses... Je ne manque aucun rendez-vous avec mes Glorieux, car pour moi c'est un pêché. Le Canadien fait ma journée, qu'il perd ou qu'il gagne, tous les jours j'affiche mes couleurs sans honte. C'est une façon pour moi de démontrer ma foie envers l'organisation.
    Pour une fille de 17 ans, c'est rare une foie aussi intense que la mienne envers une équipe de hockey. Je souhaite devenir journaliste sportif pour que plus tard, d'autres jeunes, garçons et filles, puissent avoir une foie aussi intense que la mienne(quoique ça va être dur...).
    Sur ce je dis Go Habs Go et que cette religion soit reconnue à travers le monde!
    Delphine Monsallier fan #1 du Canadien et fière de l'être! »

  • Claude Labrecque
    Inscrit
    mardi 14 octobre 2008 16h45
    "Venez crions de joie pour le banquier"
    « "Vide spirituel" dit le Cardinal. Les Québécois ne savent plus vers qui faire fumer l'encens. De nouveaux cultes s'instaurent. Le dernier, avec prêtresse, saints anges aux formes avantageuses, rituels et formules magiques. Le salut n'est pas loin!La nouvelle providence banquaire sait faire vivre le purgatoire sinon assurer le salut! »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    mardi 14 octobre 2008 16h51
    Le Canadien une religion mais voyons donc...
    « Je crois au Canadien, le club tout puissant
    Créateur du ciel, de la Terre et de la Sainte Flanelle
    Et en Maurice Richard, notre Sauveur
    Qui a été conçu sain d'esprit
    Est né pour le bien de la Patrie
    A souffert sous Clarence Campbell
    A été crucifié par une mauvaise décision
    Nous ensommes presque morts
    Est monté aux cieux
    Est assis à la droite du grand Arbitre
    D'ou il viendra pour juger les bons joueurs et les pleutres
    Je crois à la Sainte Ligue Nationale
    A la communion des anciens héros du Canadien
    A la rémission des années sans coupe Stanley
    A la résurrection lors des prochaines séries éliminatoires
    A la gloire Éternelle
    Amen »

  • Francesca Désilets
    Inscrite
    mardi 14 octobre 2008 19h03
    Un rituel sacralisé
    « Pour ma part, je ne suis pas surprise. Le hockey, le football et le soccer sont des sports. Un sport comporte un rituel auquel prend par une communauté de participants ("communitas" selon Victor Turner). Le rituel d'entrée des sportifs en est un exemple. Un rituel peut être profane ou sacré. Le sport est un rituel sacralisé à mon avis. Je ne pense pas que le terme religion tout à fait le mot juste pour désigner ce sport. Le fait qu'il soit sacralisé le rapproche du religieux sans pour autant être une religion, la religion étant définie comme un "ensemble de croyances et de dogmes définissant le rapport de l'être humain avec la puissance divine ou avec le surnaturel". J'espère que le professeur intègrera des notions développés par l'ethnologie pour analyser le hockey. Le rituel: Victor Turner; l'ethnologie du sport: Christian Bromberger; le sacré et le profane: Mircea Eliade. »

  • Philippe Bélanger
    Inscrit
    jeudi 16 octobre 2008 08h57
    Confusion conceptuelle?
    « La religion ce distingue entre autre par l'adhésion à un dogme, les partisans du Canadiens sont trop critiqueux pour être religieux! Faudrait faire attention à la théologisation de tout! La religion est un phénomène social comme les autres, mais ce n'est pas tous phénomènes sociaux qui est une manifestation religieuse! Voir le religieux partout relève d'une confusion conceptuelle. Le sport, la politique, la consommation, la mode, les arts... soulèvent les mêmes passions et produisent le même type de cérémonies que la religion parce qu'ils répondent comme elle au mêmes besoins sociaux (cohésion sociale, sentiment d'appartenance...) qu'ils ne faut pas prendre pour une caractéristique uniquement religieuse. L'analogie peut être intéressante mais également servir a défendre l'idée que l'être humain est fondamentalement religieux et remplace toujours une religion par une autre... (dépravé...) alors qu'il n'est seulement qu'un animal social qui remplace une structure sociale par une autre. »

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