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Canadien 4 Flyers 6 - Fin des émissions: le Canadien est éliminé

Guillaume Bourgault-Côté   4 mai 2008 10h08  Hockey
Photo : Jacques Nadeau
Prenons-le avec humour en répétant le mot d’esprit de l’animateur Paul Houde: ce matin, la ville n’est plus hockey. Elle est «knockée». Parce que de hockey, il n’y a plus: le Canadien a terminé hier soir sa saison en subissant un quatrième revers de suite contre les Flyers. Alors fin des émissions jusqu’à l’automne.

On peut donc retirer les fanions, abaisser les drapeaux, raser les barbes, plier les chandails tricolores et changer de poste pour écouter autre chose que RDS. C’est fini. Les effluves de Coupe Stanley qui flottaient dans le ciel de Montréal depuis la fin février viennent d’être balayées vers le Sud.

Malgré le support électrique de ses partisans, malgré la cravate «chanceuse» de son entraîneur, le Canadien s’est fait battre 6-4 hier soir au Centre Bell pour s’incliner 4-1 dans la série contre les Flyers. Qui doivent un gros merci à R.J. Umberger (encore deux buts hier, pour un total de huit en cinq matchs) et Martin Biron.

Ce fut un dernier match en dents de scie pour le Tricolore. Avec de bons moments offensifs, mais aussi beaucoup d’erreurs en défensive. «Notre pire match contre Philadelphie», selon Guy Carbonneau.

Pourtant, l’équipe a pour une fois réussi à inscrire le premier but (Tomas Plekanec). Puis à se donner une avance qui paraissait confortable, avec un pointage de 3-1 à mi-chemin en deuxième. Mais tout s’est écroulé en moins de trois minutes avec trois buts sans réplique des Flyers. Trois buts qui ont fait mal paraître Carey Price et qui ont littéralement assomé le Canadien.

Andreï Kostitsyn a bien remis le match à portée de main en troisième avec un tir des poignets vif, mais Scottie Upshall a signé la conclusion en déjouant Price à 16:56. Un but un brin chanceux, certes, mais qui résume bien le savoir-faire des Flyers: profiter de chaque occasion de marquer.

Trois minutes plus tard, c’en était donc fait de la belle saison du Canadien. Réunis au centre de la patinoire après avoir serrés la main de leurs adversaires, les joueurs ont salué une dernière fois la foule restée debout pour un au-revoir collectif. Façon de dire merci pour une saison qui, à défaut d’avoir été bien longue, aura généré beaucoup de rêve et d’espoir.

Apprentissage
Dans le vestiaire des perdants, les visages étaient longs. Carey Price cherchait ses mots. Steve Bégin fixait le plancher. Plusieurs joueurs étaient simplement absents. Mais si dure soit-elle à avaler sur le coup, la défaite n’a pas été reçue comme la fin de quelque chose, mais plutôt comme un nécessaire passage vers la consolidation du talent de cette jeune équipe.

«C’est très frustrant et décevant, a indiqué le capitaine Saku Koivu, qui a passé de longues minutes à répondre aux questions des journalistes. Nous pensions avoir l’équipe pour aller plus loin. Il y a toujours des hauts et des bas dans une saison. On a vécu de grandes choses cette année. Mais au final, ce dont on se rappelle, c’est le dernier match. Et on l’a perdu.»

«Sauf qu’on a fait de grands pas depuis septembre. Ce ne sera pas plus facile l’an prochain, mais nous avons appris beaucoup et nous serons plus forts et plus expérimentés.»

«On n’a jamais abandonné et on a montré beaucoup de caractère, a également lancé Steve Bégin. On peut être fiers de ce qu’on a accompli.»

Un sac de glace sur l’épaule, Guillaume Latendresse — qui a raté une chance rare en frappant la barre horizontale en fin de match — évoquait lui aussi l’apprentissage amené par la défaite. «On a travaillé fort toute l’année, on a battu Boston alors que personne ne croyait qu’on ferait les séries. Il faut garder la tête haute: on aurait pu gagner chaque match qu’on a perdu dans cette série. Mais derrière chaque équipe qui devient bonne, il y a des défaites et des moments difficiles. Il faut passer par là.»

C’est un peu ce que Guy Carbonneau a dit à ses joueurs après le match. «Tout le monde est extrêmement déçu. On s’attendait à beaucoup plus. Mais on arrive de loin. On peut être fiers. On a fait les séries, on a appris énormément. Le prochain pas sera d’être de vrais prétendants pour le Coupe. Et nous serons une équipe meilleure l’an prochain.»

Et ils ont appris quoi, exactement? «Combien c’est dur de gagner [en séries]», a répondu Carbonneau. «Parfois, quand tu perds un match ou une série comme ça, ça aide à progresser.»

Et puis, pour résumer la série: «Je crois au karma. Il faut être chanceux pour gagner la Coupe». Ce qui n’a pas exactement été le cas contre les Flyers. Il y a des jours comme ça.

La direction du Tricolore devrait faire le bilan de cette 99e saison du club un peu plus tard cette semaine.
 
 
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  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 4 mai 2008 06h30
    Pourquoi les rêves et l'espoir...
    Depuis quand une entreprise privée donne-t-elle des occasions de rêves et d'espoir à ceux qui y travaillent ou pour ceux qui l'observent?

    Le hockey est une entreprise du monde du spectacle comme le Cirque du soleil. Le Cirque du soleil est une entreprise canadienne, tandis que le club de Hockey "The canadian habitants" est une entreprise à 100% américaine, propriétée exclusive de M George Gillett.

    Comme spectateur on peut apprécier le spectacle, la qualité du jeu, l'habileté des joueurs et des entraîneurs, mais le rêve et l'espoir doivent se situer dans la tête des journalistes, des employés du club CH et du propriétaire. Pour tous ces gens là il s'agît de leur gagne pain et pour le propriétaire, il s'agît de faire plus ou moins de profits.

    J'ai apprécié les matchs que j'ai vus, il y a, dans les équipes qui se sont affrontées, des joeurs de grands talents.

    Merci pour le spectacle.

    Pour les rêves et l'espoir, je les garde pour mes propres ambitions...et pour les ambitions de ceux qui me sont chers...

  • Claude Archambault
    Inscrit
    dimanche 4 mai 2008 09h10
    Un beau rêve
    Cela aurait été bon pour l'économie si ils avaient joué plus longtemps.

    Mais un mot pour la direction du CH, la prochaine fiois dans le but de protéger l'image de marque de Montréal, pouvez vous expulser tous les partisants qui chahute l'hymne nationnal Américain ou qui manque de respect pour l'hymne nationnal Canadien en restant assis ou en gardant leur chapeaux comme on a vu à la télé.
    Cela donnerais la chance à d'autre d'avoir des billets.

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    dimanche 4 mai 2008 11h23
    Merci les gars
    Merci les gars du Canadien, vous m'avez fait vivre toutes sortes d'émotions et, grâce à vous, je me suis sentie comme faisant partie d'une grosse "gang" visant un objectif commun.

    On se reprendra sous peu, les gars?

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    dimanche 4 mai 2008 17h48
    Ça s'appelle du «Sport National» !
    Les joueurs de hockey, ceux de la Sainte Flanelle de Montréal, par exemple, sont les seuls humains de la planète Terre qui travaillent de 8 à 9 mois par année, au cours desquels ils ont à «figurer» sur glace et plus longtemps sur banc, environ 3 heures/semaine; qui «jouent» et «s'amusent», en moyenne 12 heures/semaine; qui voyagent en «jet privé» et se nichent aux palaces du «jet set»; dont les revenus annuels cousus des fils blancs des abris fiscaux et des «obligeances de l'ALÉNA», tous avantages compris, donnent dans les 7 ou 8 chiffres; qui ont droit à toutes les léthargies et à tous les bas-fonds que très peu de divas s'autorisent; que l'on applaudit à tout rompre quand ils l'emportent et quand ils échouent lamentablement, perdent et se font éliminer un 3 mai. Mais, aucun d'entre eux ne se gêne pour empocher et empiler des millions de piastres que leurs agents siphonnent aux proprios d'équipes. Ces messieurs du bleu, blanc, rouge ont pris un congé bien mérité, dimanche. Ils passeront vider leurs casiers, lundi, disait le communiqué de presse ! Tous les oiseaulogues des volières de la paperasse et des gloriettes macro médiatiques se vident la plume et se détraquent la glotte, faisant très consciemment la promotion mur à mur de ce «job» regroupant des millionnaires qui forment une élite dont le vocabulaire du discours «à la troisième personne» compte à peu près 200 mots «zé liaisons terronées» en sus. Les grandes voix de la radio et de la télé sportive portent ces divas aux nues du panthéon de «l'exemplarité par défaut». Quand on se limite à les entendre glousser qu'ils ont donné leur 110%, on essaye d'imaginer ce que ce serait, s'il ne leur fallait donner que 100%. Essayez donc d'expliquer aux jeunes fans des «Glorieux de Montréal» ou aux fans, tout court, de tous les autres «Elvis Graton», «Tartempions», «Bougons» et «pions» pluriels du hockey dit professionnel, qu'il faut trimer dur, qu'il faut faire de sérieux sacrifices, qu'il faut possiblement avoir deux jobs totalisant 80 heures /semaine, payées à 8.50$ l'heure; qu'il faut aller travailler, après avoir pelleté près d'une heure et même si on a mal à l'aine (la «laine» à Tit Guy) et qu'ils faut multiplier les économies et les contorsions de la privation continue, si l'on veut être capable de joindre honorablement les deux bouts et boucler intelligemment les fins de mois! Et c'est ainsi que notre Patrick Roy national, grimpé aux bandes du Colisée Pepsi et hissé sur les remparts de la Capitale, fait figure d'intouchable héro et de colosse braqueur, alors qu'il s'est fait commanditer à vie à l'OTSN, (l'Ordre des Templiers du Sport National).

    Gerry Pagé
    Ville de Québec

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